‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 66 sur 470 · rnvestigationea, vol. XXVlll, toi. .u · texte numérisé non relu

rnvestigationea, vol. XXVlll, toi. .u

MŒURS DU CLERGÉ

bles. » Il ne chargeait pas le tableau pour rendre plus louable Taction réformatrice qu'avait exercée le cardinal; la preuve en est que, vers ce même temps, l'évêque de Vérone, Navagero, commentant la règle imposée par son prédécesseur Giberti aux nonnes du diocèse, écrivait que c'était à peu près peine perdue, car elles continuaient à se livrer aux commérages et à mener une existence licencieuse. « On perd la tête, dit-il, quand on les voit sortir pompeusement habillées, quand on les entend parler de leurs enfants, de leurs nourrices, de leurs commères et de bien d'autres choses

encore. »

Qu'on se souvienne toutefois de la façon dont se

recrutait la trop nombreuse population de nonnes et de moines qui emplissaient les couvents d'Italie! La plupart y avaient été enfermés encore enfants, ignorants de la vie, d'autres contre leur gré; le nombre des vocations sincères n'était pas fort élevé ; il y eut beaucoup moins de moines et surtout de nonnes dès que ceux-là seuls entrèrent dans les ordres qui le souhaitaient.

Le 1^^'mars 1535,1e pape Paul III ordonne qu'on fasse sortir du couvent S. Maria Nova de Bologne, une jeune fille mineure que son frère y avait placée « pour y apprendre les bonnes mœurs » et que les sœurs avaient « circonvenu pour l'amener à recevoir la véture^ ». Un des vicaires du cardinal Borromée lui écrivait, le 25 juillet 1565, que

1 Archiv. VnL, Arm. 40, vol. L, n. 441. Même fait s'était passé dans un couvent du diocèse de Florence. Ibid.,n. 442.

dans plusieurs couvents les religieuses s'étaient plaintes d'y avoir été placées de force ; elles faisaient scandale et corrompaient les autres ^

AVIDITÉ ET IGNORANCE DU CLERliE.

Le clergé se montrait trop souvent avide. On^l'accusait de « vendre les cérémonies et le branle des cloches ». Le mal était ancien ; Boccace, Pétrarque et l'auteur du Pecorone ne tarissent pas à ce sujet d'objurgations et de sarcasmes. Mais ce fut Savonarole qui s'éleva avec le plus de vivacité contre ce penchant. « Les cloches sonnent toutes par envie du lucre, s' écriait-il dans un de ses sermons ; elles n'appellent qu'argent, pain et cierges^ Les prêtres ne vont au chœur que pour y recevoir de l'argent, aux vêpres et aux offices que parce qu'on y fait des distributions. Voyez s'ils vont à matines! On n'y fait pas de distribution. Us vendent les bénéfices, ils vendent les sacrements, ils vendent les messes de mariage, ils font tout par cupidité... De leur luxure que dirai-je? Ils courent partout. On a vu plus d'une fois dans les églises des femmes, vêtues en enfants de chœur, se mêler avec eux aux offices. » Et encore : « Voyez comme les prélats d'aujour-

1. Milan, Bibl. Ambros., Categgio di S. Carlo V. 36, ^ol- 326^ Il en était de môme, à tous les points de Tue, en France, même ignorance mêLabldou des lois morales, même négligence des devoirs religieux IMBART DE L. TOUR, Les Origines de la Reforme, vol. Il,

Page 1