chapitre Des abus, p. 181. Cf. p. 305. ^ x»«:««f
2 Un dicton iUlien disait que les cloches en sonnant répétaient u Dando, dando. En donnant, en donnant •.
AVIOrrÉ DU CLBRGÉ.
d'hui sont attachés à la terre et avides de biens terrestres; ils n'ont pas à cœur le bien des âmes, ils ne songent qu'à toucher leurs revenus... Transnoite-toi à Rome et dans tous les pays chrétiens, chez les prélats et les grands dignitaires de 1 Eghse, on ne s'occupe que de poésie et d'art oratoire '. » A la vérité, la papauté avait établi depuis longtemps son droit sur ce point. Le pape Paul II disait : « Ni les souverains ni les peuples ne sont jamais agréables à Dieu et aux pontifes s'ils ne pavent régulièrement chaque année leur dû-. »
Ce grand appétit d'argent avait d'ailleurs une cause, si ce n'est une excuse, l'extrême indigence de la majeure partie du clergé*. Pour quelques prélats bien rentes, lesquels d'ailleurs menaient une vie de luxe et de fêtes si dispendieuse que la plupart étaient chargés de dettes et mouraient insolvables, il y avait à Rome et dans le reste de l'Italie tout un peuple d'évêques dont les diocèses produisaientpeu, de chanoines sans prébende, d abbés à qui leurs monastères ne donnaient point de revenus, de bénéficiaires en expectative, de moines et de nonnes affamés. Dans le royaume de Naples,
1 PERRENs, Jérôme Savonarole, Paris, 1853, vol. I, p. 71. V, .LXM, Jérôme H^onarole, Paris 187/., p. 222 et s«i.. » mÙratori flatte. 5crip«., vol. m, col. 1040.
3 L archevêque de Gênes écrit à Rome, après une tournée à travers son dio.ie en octobre 1572, qnc la plupart fe^ «g'»» «>»' lans un état d'abandon lamentable parce que le clergé se trouve dans le dénùmenl et nobtient rien des fidèles que la guerre a
*;; uvris lï en est réduit à fa'" dt""»»' 'r„: t '' étWcea oratoires qui ne peuvent être maintenus dans «n état décent.
nunz. Genavese,fol.i, col. 1«.
dit run des Pères du Concile de Trente en 15^6, il y avait plus de mille cures si pauvres qu^elles ne pouvaient nourrir celui qui en était titulaire ; il devait exercer un métier^ .
Quand mourait un prélat bien doté, il se produisait une ruée au Vatican ; des quémandeurs sans nombre assiégeaient le souverain pontife, passaient des journées dans ses antichambres pour obtenir une part des dépouilles-.
La pénurie devint plus i;rande encore après le triomphe de la Réforme en Allemagne, car les sommes qu'en tirait le Saint-Siège diminuèrent de 450.000 à 200.000 écus, à ce que rapporte Sanuto, pour Tannée 1530. Enmôme temps, le prix de la vie augmentait; en trente ans, la valeur de Fargent
baissa de 10 ^ ^.
L'invention de l'imprimerie, en supprimant le travail des copistes dans les monastères, dut diminuer dans une proportion assez sensible leurs
revenus.
Un grand nombre d'ecclésiastiques étaient illé-
trés^; à ce qu'affirme le cardinal Giberti, la plu-
1 EnsES, vol. V, p. 110. Il en était de même en France, Imbart DE La Touk, Les Origines de la Réforme, vol. Il, p. 289.
2 Le cas du cardinal Aleandro est iyi>ique ; il vécut longtemps dans la situation la plus gênée et explique dans ses lettres et dans ses notes intimes, les causes de ses difficultés. Abbe Paqcier p. 342
3 L'enchérissement est surtout sensible à partir de 1520. A Naples, le pain passe de 6 carlins à 13 et même à 16, [^^^^^^^ 58 carlins à 72 et 95. Le rapport de l'or a 1 argent passe de 8,73 en 1510 à 13 en 1620. Faraglia. Storia dei Prezzi ew NapoU, Naples, 1878, p. 173 et suiv.
4 s Antonino, archevêque de Florence, mort en 1459, avait composé un traité, publié à Venise en 1538, dont le titre éUit :