Sa condamnation eut lieu en même temps que celle de Car
2 Le 4 janvier 1547, l'évêque de Terracine, Ottaviano délia Rovere écrivait de Venise, au cardinal Cervini que l'on venait de réimprimer la Tragédie du Libre Arbitre. Buschbell, p. 241.
3 Voir Rivista Cristinna, an. VIII, fasc. IV, p. 139.
TRAGÉDIE DU LIBRE ARBITRE
faut autre chose qu'une piqûre d'aiguille pour qu'un mort soit secoué ^ », et si certains passages en sont licencieux ^ la faute n'en est pas à Fauteur « qui a eu plus de répugnance à les écrire que les lecteurs n'en auront à les lire et les auditeurs à les entendre », mais « force était de parler des vices ecclésiastiques pour les reprendre comme il convenait ». Et le préfacier attaque avec une extrême violence le pape Paul III, l'Église, le nonce Giovanni délia Casa, qui avait mis la tragédie à l'index, et tout le clergé.
La tragédie est dédiée à « l'Invincible reine et ferme colonne de la Vérité, l'Église sainte fille de Dieu et sœur de Jésus-Christ ». Elle a la forme des Mystères que Ton ne jouait plus guère, mais dont on avait gardé le souvenir très vivant dans le centre de l'Italie, à Rome et à Florence surtout; les personnages sont symboliques. Le seigneur Franc-Arbitre, fils de la Raison et de la Volonté, prince et gouverneur de la province des œuvres humaines, vient se fixer à Rome sur les conseils des théologiens; le pape le crée chrétien papiste, roi invincible et lui octroie la couronne du royaume des bonnes œuvres. Grâce aux excellents offices du seigneur Acte élicite, son maître d'hôtel, il prend pour femme dame grâce congrue et en a une fille, demoiselle grâce condigne. Il vit longtemps, entouré des siens, en son royaume et y mène une vie des plus heureuses, tirant de gros revenus de
1. Cf. Nîiovo Dizionario, Bassano, 1796, vol. XIII, p. 58-62.