Page
,61 COMMENT SB RÉPANDIT LA RÉFORME
par Jean Crespin; dès l'année suivante, il en parut ïne seconde édition. En même temps une édition latine était publiée; d'après le titre, elle aurait pour auteur l'auteur môme de la tragédie, Francesco Neg.0, mais on sait ce que valent ces déclarations qui n'avaient, le plus souvent, d autre but que d'égarer les recherches de 1 Inquis.hon. Elle est dédiée à Nicolas Radziwil, grand chanceher du -rand-duc de Lithuanie. En 1589 environ, la Tralédie du Libre Arbitre fut traduite en anglais par Henry Cheeke. Cette traduction est aussi rare que les éditions italiennes et pourtant ce ne fut pas le Saint-Office qui la détruisit; les causes de sa disparition sont autres. Un livre de ce genre ne devai pas plaire longtemps en Angleterre; .1 fut détruit par piétisme puritain, par respect delà morale, par dédain'.
SOMMARIO UELLA SACRA SCRITTURA.
U Somme de l'Écriture Sainte, traité de quatrevingt-seize pages, divisé en trente et un chapitres, eut presque autant d'inttuence sur la dissémination du protestantisme que le Bénéficia ou la Tragédie du Libre Arbitre "-. U vogue en fut
' T u. r ih,'0 Arhitre en fit naître une autre que Délia CasasignaAe à Rome sans enaon ^^^^^ ^^^ ^^ ^^^^.^^^ ^^
du 6 octobre 1546 Le libeeae ^^ Tragédie,
^' JmuMidebbono vivere seconda la Evnngho, petit in-i8 r/lleu Ji dl?e. Cf Le séminaire de la Sainte Eeriiure ou Manuel du chrétien, Paris, 1879.
SOMMARIO.
également grande et les exemplaires s'en répandirent rapidement dans tout le pays et surtout dans le sud^ Le 24 mai 1548, Francesco Spiera reconnaît qu'il possède peut-être un exemplaire du Sommario ; Pietro Cocco déclare de même en 1551 qu'il « n*a pas d'autre écrit hérétique que le Sommario et le Beneficio »; Giovanni Francesco Alvisi fait un aveu semblable en 1564^.
La première apparition du Sommario est antérieure à la fin de l'année 1537; au mois de décembre le P. Serafmo, prêchant FAvent à Modène, donnait comme preuve du mauvais esprit qui régnait dans la ville la découverte qu'il venait de faire d'un exemplaire de ce livre 3; un jour qu'il avait été visiter la veuve du comte Claudio Rangone, il l'avait trouvée le lisant; s'étant fait remettre ce livre et Fayant reconnu fort hérétique, il l'avait, d'accord avec Finquisiteur, remis à l'évêque afin qu'il fit une enquête sur son origine. Elle demeura infructueuse. Toutefois, l'académie de (irillenzone^ fut soupçonnée d'avoir favorisé Fintroduction de ce livre. L'année suivante, pendant une fête donnée par un de ses membres, deux masques prirent à partie le prédicateur, lui soutenant que le Soinmario n'avait rien d'hérétique et que douze savants modénois se faisaient fort de le prouver. Les discussions soulevées par cet inci-