‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 87 sur 470 · MUZIO · texte numérisé non relu

MUZIO

Réponse. — Il n'est pas de catholique qui ne pense que toute notre justification vient du Christ; nous disons que la première grAce et la première justification viennent de Jésus sans participation de notre part, mais, quand nous sommes justifiés, il nous reste à gagner le salut éternel parce qu'autre chose est le salut et la vie éternelle, autre chose la justifier tion. Ils disent que celui qui travaille en vue de la récompense ne peut travailler par amour de Dieu, ce qui est faux; nous aimons le don paternel par amour du donateur et non le donateur par amour du don.

Ochino, — Je crois que l'Église universelle, sainte et catholique est la réunion des élus et de ceux qui croient être justifiés par le Christ.

Réponse. — Ainsi Ochino réduit l'Église à ceux qui se croient élus et parmi ceux-ci à ceux qui croient à ce qu'il prêche, mais le Seigneur enseigne que rÉglise est composée de hons et de méchants et il la compare au filet dans lequel se trouvent réunis les bons et les mauvais poissons.

Ochino, — Pour cette vérité, je suis persécuté et les anti-chr«tiens m'ont excommunié, mais la cause pour laquelle je soutire est juste.

Réponse. — Qu'a-t-il souffert, ce nouvel apùtre, et quelles sont ses persécutions; ses péchés, sa superbe, sa présomption sont ses châtiments et sa persécution. Il prétend que si ce qu'il enseigne est faux, il faudrait brûler les Évangiles, mais c'est lui qu'il faudrait brûler par amour d'une fausse et fugitive gloire, acquise parmi ses hommes dépra-

vés, curieux de nouveautés, adonnés à la chair; il s'est rendu ennemi de Dieu, esclave du diable, coupable de réternel mort.

Ochino. — J'aime assez ma patrie pour n'avoir pas voulu tromper mes concitoyens, moi-même et le Christ. Si j'avais confessé le vrai Évangile et si mes concitoyens ne m'avaient pas suivi, j'aurais douté, mais la majeure partie des chrétiens ont ouvert les yeux au vrai, même quand ils ont souffert les pires traitements.

Réponse. — S'il avait su véritablement s'aimer lui-même, on aurait pu croire qu'il aimait sa patrie. Ceux qui l'ont suivi sont la meute des gens charnels, stupides et insatiables.

Ochino. — Tout le monde se moque de leurs indulgences, jubilés, absolutions, réconciliations, mérites et grâces.

Réponse. — D'accord, tout le monde s'en moque comme des commandements de Dieu, mais les fils de Dieu, les vrais fidèles eux, ne s'en moquent pas.

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