Tacchi-Ventlri, p
Que celui qui adore l'hostie d'un culte de latrie commet une idolâtrie ;
Que Jésus n'a pas imposé d'observer les Qualre- Temps et le vendredi, mais la sobriété en tout temps, que les bonnes œuvres étaient un don de Dieu et ^
un mérite ;
Que les vœux monastiques étaient sans valeur ; Que les apôtres ne célébraient pas la messe ; Que les Écritures ne disaient nulle part qu'il
fallait adorer les saints;
Que la foi seule suffisait au salut et que, lorsqu'on a la foi, on fait nécessairement le bien, que le manque de foi était la seule cause de damnation ;
Que la confession auriculaire était une invention des papes et que jamais Dieu ne l'avait ordonnée, et il ajoutait que ses pensées lui étaient venues en lisant les saintes Écritures ainsi que la Tragédie (du Libre Arbitre) et celle intitulée Capofinto',
En 156ii, un hérétique napolitain, Giovanni Micro, fut convaincu d'avoir déclaré que les jeûnes étaient inutiles, qu'on peut manger de la chair le vendredi, le samedi et autres jours défendus, qu'on ne doit ni vénérer ni invoquer les saints, exception faite pour la Vierge, ni faire des oraisons, ni adorer les reliques, ni croire au purgatoire ; il avait également soutenu que « les œuvres ne sont pas méritoires et ne sont pas nécessaires au salut » et que la justification est due uniquement au sang du Christ.
1. FiMi, L Inquisizione Romana, dans Archiv, Stor. Lombardo, an. XXVll, Milan, 1910, p. 195.
CARACTÈRE DE LA RÉFORME EN ITALIE. 25
Marco de Bergame, dont la sentence f^it lue le 16 septembre 1565 dans Téglise délia Minerva, lieu habituel de ces cérémonies, avait publiquement professé que ce n'était pas pécher que de s'abstenir d'aller à la messe, de jeûner, de révérer les images ; il s'était élevé contre les pèlerinages et le culte de la Croix, avait nié le purgatoire et affirmé que les œuvres ne servaient à rien puisque le Christ s'était dévoué pour tous les hommes, que le pape était sans autorité, que Tonne devait pas se confes-
ser. ...
Dans un de ses traités, Pietro Cittadella de Padoue ^ nie le purgatoire et s'élève contre la confession auriculaire, les prières pour les défunts, Tinvocation des saints, les indulgences, les compositions^, la primauté du pape.
D'une manière générale, parmi les chefs d'accusation qui figurent le plus souvent dans les réquisitoires du Saint-Office, on relève les propositions
suivantes :
La foi est le seul moyen d'obtenir la justification
2. Voici quelques vers du Pœan de Cittadella qui montrent combien il penchait vers les idées protestantes :
Beatus qui crédit Evangelio.
Sine Christo cœci sumus.
Fides bonos fructusparit.
In munJo nullus te sine mundus homo est.
Cum bonus Deus non adest
Nulla sunt bona.
Cittadella est aussi l'auteur d'un poème intitulé De Redemptore. 3. Voir Pontificat de Paul IV.
LA RÉFORME EN ITAUE
CARACTÈRE DE LA REFORME EN ITALIE
et le salut, lepurgatoiffe ii:existe:i)as, il ny aque deux sacFements, le baptême et la cène, la- confession est sans utilité, l'intervention des saints n'a point d'efficacité, le prêtre ne peut absoudre, -il peut simplement déclarer absous, l'adoration des images est criminelle, les troi^ essences divines sont
réunies dans Thostie.
Ainsi les croyances contre lesquelles les -dissidents italiens se irévoltaient le plus étaient précisément celles dont liÉglise tirait le plus d!avan-
tages directs.
La question de la présence réelle qui passionna l'Allemagne et la France semble avoir beaucoup moins occupé les protestants italiens.
Les doctrines protestantes gagnèrent toutes les classes de la société. « Celui-là n'était pas esUmé homme de mérite qui n'avait pas quelque teinture d'hérésie », rapporte un moine que cite Caracoioloi. •C'est bien à tort que'Quinet a dit dans les Révolutions cU Italie, que « la Réforme ne fut en (Italie qu'une fanlaisie de lettrés, de poètes et de gentilshommes ». Au contraire, les plus humbles artisans y prirent une part souvent active et énergique, allant jusqu'au martyre. Paul lïl se plaignait {( que des gens ignorants et s'occupant d'arts mécaniques » osassent disputer à Mantoue sur des questions de foi. Dans certains procès d'inquisition comparaissent à la fois des libraires, des ferrons, des hommes de loi, des gentils-