CHAPITRE III
Agitation des provinces. — Les commissaires royaux : le maréchal de Vieilleville vient en Anjou. — Voyage de Charles IX; son entrée à Angers. — Première ligue catholique.
Un édit ne suffisait pas pour ramener la paix dans les cœurs profondément troublés par la haine. Les deux partis, également mécontents de la trêve imposée à leurs passions, se mesuraient encore d'un œil irrité, et, la main sur leurs armes , se tenaient prêts à recommencer le feu au premier signal. En attendant , les catholiques célébraient bruyamment leur triomphe (1). De leur côté ,
(1) Ils instituèrent une procession générale destinée à perpétuer le souvenir de la délivrance d'Angers. Cet anniversaire irritant fut célébré jusqu'en 1593. L'évèque Charles Miron eut la sagesse de l'abolir Louvet, t. i, f° 50 v°.
les calvinistes revenus de l'exil bravaient les magistrats , ne tenaient aucun compte des termes de la pacification , et ouvraient publiquement des prêches aux portes d'Angers. Chaque jour des rencontres sanglantes avaient lieu dans les quartiers populeux et prouvaient aux modérés, qui se berçaient d'honnêtes illusions, combien étaient loin de s'éteindre les fureurs allumées par le fanatisme et la guerre civile! Le départ du lieutenant de Montpensier et de ses troupes ne calma point l'effervescence des esprits (1). C'est à peine si la contagion, qui exerça d'épouvantables ravages en Anjou dans les derniers mois de 1563, suspendit un instant ces luttes fratricides (2).
L'agitation était la même dans toutes les provinces. Les protestants, partout en minorité, semblaient prendre à tâche d'irriter les masses par leur morgue , leurs prétentions et leurs bravades. Ils s'abusaient sur leurs forces, et reprochaient à Condé d'avoir trahi la cause en acceptant la paix au moment où leurs efforts allaient obtenir un triomphe décisif. En même temps, ils se plaignaient de la mauvaise foi de Catherine, qui, par ses édils explicatifs, dénaturait le caractère de la pacification d'Amboise. La cour retentissait de leurs réclamations mêlées de menaces. «De leur côté, les catholiques et gens d'église se plaignaient que les huguenots les empêchaient de jouir de leurs biens et les ecclésiastiques et curés de faire les fonc-
(1) Louvet, t. i, f° 60 r°. « Il fut levé à Angers 1,500 livres pour paicr la solde des soldats qui estoientà M. de Puygaillard , lequel s'en alla en emmenant sa oompaiguée de tant que les habitants n'en vouloicnt plus. »
(2) là. ibid.
tions de leurs charges, de sorle que chacun recommençait à se liguer comme ne se pouvant plus souffrir (1) ».
Catherine, effrayée de l'émotion croissante des provinces, envoya des Commissaires chargés de pourvoir à l'exécution des édits. Les premiers qui vinrent à Angers (février 1564), interdirent aux prolestants l'exercice publie de leur culte en tout autre lieu que dans les faubourgs de Bauge (2). Mais ces représentants obscurs d'un pouvoir que discréditaient l'incertitude de ses principes et les variations de sa conduite , manquaient de l'autorité nécessaire ; les sectaires n'eurent aucun égard au règlement et continuèrent à s'assembler à Cantenay, village voisin d'Angers , au grand scandale et à l'indignation du peuple catholique.
Au mois de juillet 1565, la Cour, mieux inspirée, désigna pour commissaires M. de Vieilleville et deux conseillers au parlement de Bordeaux (3). Le maréchal de Vieilleville s'était illustré sur les champs de bataille et passait en outre pour un homme d'état distingué. Il appartenait à l'Anjou par sa naissance , y possédait ses terres de famille et y était grandement apparenté. Vrai type du grand seigneur des meilleurs temps , il recevait avec une magnifique hospitalité, dans son beau château de Durial, la noblesse du pays, les grands personnages de l'état , et parfois les rois eux-mêmes. Il était fort populaire dans l'Anjou dont on le regardait avec raison comme une des gloires les plus pures. Son esprit libéral, ses principes hautement avoués de tolérance, sa politique conci-
(1) Mémoires de Castelnau, ch. x, p. 3-11.
(2) Louvet, t. i, f» 60 v°.
(3) Id. ibid. f" 61 v°.
liantcle rangeaient dans le parti des modère" s. Nous n'avons pas de détails sur sa mission ; elle paraît avoir été couronnée de succès. 11 est certain que l'effervescence publique qui menaçait d'éclater en une guerre ouverte, s'apaisa peu à peu. Gaslelnau attribue ce « refroidissement des cœurs querelleurs aux rigueurs de l'hiver; » on peut, sans témérité, en faire honneur aussi à l'influence et àla sagesse du commissaire royal.
Tandis que le maréchal de Vicilleville travaillait heureusement à la pacification de l'Anjou, Catherine promenait le jeune roi dans les villes du midi. La reine-mère , en montrant de près le souverain aux populations, espérait raviver le prestige de la royauté singulièrement affaibli par les doctrines démocratiques de la réforme. Elle était bien aise aussi sans doute de vérifier de ses propres yeux l'état des deux partis entre lesquels elle avait jusqu'alors laissé flotter sa politique. Trois mois avant l'arrivée de Charles IX à Angers , les registres sont pleins de conclusions relatives à ce voyage (f). A chaque page, on rencontre des lettres de Chavigny, de Puygaillard, du Prince-Dauphin adressées au maire et aux échevins; elles ont toutes pour objet de faire disparaître les traces de la guerre civile. Aucun désordre ne doit blesser les yeux du roi ni le faire douter de l'habileté de ceux qui gouvernent la province. Ces pressantes recommandations n'étaient pas inutiles. Le pays était rempli de gens sans aveu, abritant leurs crimes sous le voile de la religion, et exploitant audacieusement le fanatisme désintéressé du peuple (2).
(1) Kegistrcs an 1 565 , f<« 180 à 239.
{2) Le 24 août 1565, M. do Cliavigny écrit au maire et aux échevins: « Messieurs , je vous envoyé ce porteur exprès pour savoir de vos nou-
Ce- fui à l'issue des fameuses conférences de Bayonnc que la Cour visita les provinces de l'Ouest. Elle séjourna à Nantes pendant la seconde moitié d'octobre. Le 4 novembre , le Prince-Dauphin , reçu à Angers avec les honneurs dus au titre de duc d'Anjou, qu'il portait depuis peu, annonça que le roi et la reine-mère le suivaient à la distance d'une marche.
La longue attente des magistrats et du peuple fut enfin satisfaite. Charles IX et son plus jeune frère arrivés vers le soir (5 novembre) , traversèrent la Maine et allèrent passer la nuit au château. L'entrée solennelle eut lieu le lendemain. Ces fêtes n'étaient point une vaine représentation (1). Catherine savait combien il importe de frapper l'imagination d'un peuple aussi impressionnable que le nôtre. Dans ce roi de quinze ans, fils d'Henri II qui avait péri dans une catastrophe et frère de François II , mort à
velles et comme toutes choses se passent en vostre ville , m'ayant, M. le maréchal de Vieilleville , escript qu'il vous avoit laissez en bonne tranquillité et que les principaulx de vostre ditte ville luy ont tous promis de faire leur debvoir de contenir tout en paix suivant les édits du Roy; ce que je désire estre observé et entretenu parmy vous et vous pry d'y tenir la main. 11 est advenu une émotion au Chàteau-du-Loir, dimanche dernier, dont il s'est ensuyvi des meurtres de quatre ou cinq personnes et mesme du ministre faisant le presche et ceulx qui ont faict les meurtres sont gens incognuz qui estoient la pluspart marqués et ne sait l'on qu'ilz sont devenuz. Ayant mandé le prévost des maréchaulx pour en venir informer en diligence , je vous pry si quelquesuns de ces gens là s'estoient retirez en vostre ville de les faire appréhender et vous en enquérir pour cest effect, afin que l'on en puisse faire telle justice que le cas requiert ; et que chascun tienne la main à ce que les choses demeurent en paix et repos dans vostre ville, de sorte que personne n'ayt occasion de se plaindre et que les Majestés en ayent contentement et me manderdevos nouvelles attendant lesquelles, etc. » Reg., f° 18G, r°. (I) Lnuvet t. i, f» 63 r°. Registres, f<>239 r°.
dix-sept ans, jeté lui-même si jeune et sans autre appui que sa mère au milieu des orages , il y avait quelque chose qui touchait vivement les cœurs simples, si prompts à passer de la pitié à l'amour. On vantait d'ailleurs les qualités heureuses de Charles IX, la disiinction de son esprit, son goût naissant pour les arts, son âme portée vers la gloire et l'on en tirait tous ces heureux présages que l'illusion ou la flatterie murmure autour du trône des rois qui ne gouvernent pas encore. Charles fut donc accueilli avec une vive sympathie. Sa conduite acheva de lui gagner la population. Depuis l'abbaye Saint-Nicolas où, du haut d'un théâtre , il avait entendu les harangues d'un docteur de l'Université et d'un échevin, et vu défiler « tous les estats et habitants de laditle ville qui estoient en bel ordre , » jusqu'à l'église Saint-Maurice où l'attendait le clergé , le jeune monarque fut pour tous d'une grâce parfaite. Le petit-fils de François Ier et des Médicis, qui avait puisé dans le lait de sa mère le sentiment délicat des arts, sourit sans dédain « aux beaux et riches tableaux, colonnes et aultres enrichissements, » dont les Angevins avaient décoré les carrefours, les places elles rues. Il écouta « fort attentivement » la harangue d'un précoceorateur, bel enfant de deux ans, « représentant la Justice, tenant d'une main l'espée et de l'aultre la balance. » Mais Louvet ne nous dit point quelle fui l'impression du roi catholique , quand en passant sous la porte Chapelière il aperçut devant lui « ung tableau dans lequel esloitpeint ung Hercule tuant un Cerbère enchaisné en bas duquel estoit escript :
Je , Cerbère tiré des enfers odieux
Sacrifice on m'a faict et colonnes levées;
liais voiant ta vertu conduite par les Dieux
Je cedde à tes haults faicts mes armes et trophées. »
Il y avait là autre chose qu'un mauvais tableau et des vers indignes d'être présentés au jeune souverain qui aurait pu disputer à Ronsard lui-même la couronne des poètes. La fiction était transparente et le roi ne pouvait se tromper sur le sens d'une allégorie qu'il retrouva plus tard sur les médailles frappées à l'occasion de la Saint- Barlhélemy (1).
La reine-mère n'avait point paru dans ces fêtes. Exemple d'une vanité puérile, Catherine s'effaçait adroitement et se gardait bien de disputer à son fils l'attention et les hommages de la foule. Elle savait que la popularité , si nécessaire au trône en ces jours difficiles, commence souvent par l'espérance et elle laissait agir le charme naturel de la jeunesse royale. Cependant retirée à l'écart, elle observait en silence, prêtant l'oreille aux rumeurs publiques et recueillant tous les indices qui pouvaient l'éclairer sur la situation. Or, il lui semblait de plus en plus évident qu'on s'était exagéré les forces du parti calviniste. Sur tout son passage, la Cour avait trouvé les masses et la plus grande partie de la bourgeoisie sincèrement affectionnées à la religion catholique. La réforme n'avait pour elle que la moitié de la noblesse; ses adhérents dans les classes inférieures ne formaient au milieu de la nation qu'une minorité bruyante, mais peu redoutable. Aussi Catherine ne gardait presque aucun ménagement à l'égard des sectaires qu'elle ne craignait plus. Elle retirait successivement toutes les concessions faites dans la pacification d'Amboise et si elle rejetait les conseils sanguinaires du duc d'Albe, c'est qu'elle se flattait d'atteindre sûrement
(1) Henri Martin , Histoire de France, t. x, p. 389.
à la ruine des huguenots par une guerre sourde plus familière à son esprit machiavélique. Elle s'abusait : ce n'est pas avec des demi-moyens ni par des ruses italiennes qu'elle aurait pu venir à bout d'un parti admirablement organise", qui puisait une indomptable énergie dans les sentiments les plus élevés de la nature humaine, dont les membres se recrutaient dans les classes militaires, et qui savait suppléer à l'infériorité du nombre par la force que donnent l'union et la solidarité.
La province ne s'y trompait pas. Les protestants alarmés des bruits venus deBayonnc, exaspérés par des dénis de justice et de criantes vexations, se préparaient ouvertement à revendiquer les armes à la main la tolérance et la liberté. Ils reformaient leurs ligues, amassaient de l'argent, enrôlaient leurs hommes, négociaient avec l'étranger et disposaient tout pour une nouvelle lutte. Les catholiques , de leur côté, ayant appris a connaître dans la dernière guerre, la puissance du principe d'affiliation, s'essayaient aussi à des associations armées.
Ces tentatives isolées précédèrent de plusieurs années la sainte Ligue (1). L'évéque d'Angers, Gabriel Bouvery, fut un des premiers à mettre en pratique l'idée nouvelle. Ce prélat avait accompagné le cardinal de Lorraine au concile de Trente et l'avait, sans doute, entendu discuter le projet d'une grande confédération catholique. Revenu dans son diocèse, en 1565, il s'inspira des conceptions hardies du plus habile des Guise, et entreprit, de concert
(1) Tavannes organisa, dès 15(37, en Bourgogne, une véritable ligue catholique sous le nom de Confrérie du Saint-Esprit. Mémoires de Tavannes, collection Petilol , t. i, p. 151.
avec Pnygaillard, de former une ligue angevine. Le clergé et un grand nombre de gentilshommes et de bourgeois entrèrent dans les vues de l'évèque. Rangeard nous a conservé la formule du serment qui fut prêté par les associés (1). Cette pièce curieuse, jusqu'ici inédite, mérite d'être citée en entier.
« Nous soussignés et confrères , alliés par sainte et divine alliance pour la continuation et manutention de l'honneur souverain dû à Dieu notre créateur, de ses saints commandements et ordonnances de la sainte église catholique, apostolique et romaine , et pour la manutention du roi très chrétien et très catholique notre souverain prince , élu et à nous baillé par grâce et providence divine pour notre chef et souverain terrien dominateur, conservateur de ladite église catholique, apostolique et romaine et des saints décrets et conciles d'icelle et de l'obéissance que nous et tous ses bons sujets lui devons et à Mcsseigneurs aussi très chrestiens et très catholiques princes repos de tout son royaume et de tout son peuple , et afin de maintenir la sainte église et religion catholique romaine et l'état et autorité du roi notre bon souverain catholique
(1) Mémoires p. 102. Il en avait pris copie sur l'acte original qui fut depuis détruit dans un incendie. Cinquante-neuf gentilshommes y avaient apposé leurs signatures ; on remarque les noms de Puygaillard , Vassé , La Tour-Landry, Villeneuve, de Daillon, du Bellay, Montboucher, Tillon de Conquesac , de Chivri , de Charnacé , René de Saint-Offange , d'Auliigné, de Chavigny, etc. A la tète des ecclésiastiques qui ont signé sont Gabriel Bouvery évêque d'Angers, de Cossé évêque de Coutances, Bouvery abbé de Toussaint, Pierre évêque de Rouanne, etc. Rangeard ne rapporte point les noms des membres du tiers-état qui sont, dit-il, en très crand nombre.
et 1res chrétien prince et légitime défenseur et de mesdils sieurs ses frères et pour tenir moyennant l'aide de Dieu , consentement et accord de leurs majestés tout le peuple en repos , pour servir à Dieu et rendre obéissance à leurs maîtres, faire obéir sa justice tant de ses cours de parlement que autres ses juges et magistrats, promettons et jurons de vivre et mourir en ladite religion catholique et romaine et obéissance due auxdites majestés, auxquelles majestés et leur justice nous promettons et jurons toute obéissance, secours et aide, et de nos personnes et biens empêcher et courir sus avec leur autorité contre tous perturbateurs, innovateurs et contrevenants à ladite religion et état desdites majestés et à leurs saints et catholiques édits , et ordonnances divines et politiques et de nous secourir les uns et les autres aux effets susdits, par tous moyens contre tous rebelles hérétiques, sectaires tendant à fins... le tout jusqu'à mort inclusivement. »
Au moment où les catholiques de l'Anjou, en prévision de la guerre prochaine, s'unissaient par des serments (1), les chefs calvinistes arrêtaient leur plan de campagne et prenaient leurs dernières dispositions. Au mois de septembre, des agents secrets, partis de Châtillon sur-Loing, portèrent le mot d'ordre à toutes les églises. Le !26, un espion de Catherine voyait Coligny « habillé en ménagier, faisant ses vendanges ; » le lendemain, tous les huguenots de France se levaient en armes (2). Ce jour-là le maire ,
(1) L'acte déposé à l'évêché ne portait pas de date. Rangeard le rapporte avec vraisemblance à l'année 1567.
(2) « Le 20 septembre , il sortit d'Angers un grand nombre de huguenots, ce i|iii donna des soupçons. » T. i, f" tiT.
les échevins , les députés des paroisses d'Angers se réunirent à l'hôtel-de-ville. Le gouverneur Puygaillard assistait à l'assemblée. On délibéra * sur les plainctes et clameurs faictes touchant le soubdain département que font ceulx de la religion prétendue réformée, lesquels d'heure à aultre délaissent et abandonnent la ville et leurs maisons, transportent, cachent et latitent leurs meubles, s'assemblent près et ès-environs de ceste ditte ville en troupes portans armes à feux et aultres prohibées, et menacent de surprindre et saccaiger la ville à raison de quoy le repos du public est grandement troublé. » L'assemblée vola aussitôt les mesures ordinaires de prévoyance : les gardes seront doublées à toutes les portes, les étrangers seront surveillés et « ad ce que aulcun n'ait occasion de mal faire de nuicl ne se esmouvoir, a esté pareillement conclud qu'il sera enjoinct à tous habitants tenir lumières et lanternes de six maisons une , depuis l'heure de sept heures du soir jusqu'à cinq heures du matin (1). » En outre on dépêcha des courriers au roi, à la reine-mère, au duc d'Anjou et à Messieurs de la cour tenant les grands jours à Poitiers (2).
(1) Registres, an 15G7, f° 25 r°.
(2) La lettre la plus circonstanciée est adressée au duc d'Anjou. « Monseigneur, le sabmedy vingtième du présent moys, nous receusmes et fismes publier les lettres de la Magesté, données à Fère, en Dardenois, par le moien desquelles nous espérions le peuple de decza se contenir en la doulceur qu'il avoit faietc depuys les édicts de paciffication de laditte Magesté, mais six ou sept jours après ceulx de la relligion p. r. de ceste votre ville et pays circonvoisins, ainsy que ont faict aultres d'aultres villes, comme nous avons eu advertissement, soubdainement, aiaut diverty leurs meubles ont babandonné leurs maisons et prins les
Le maire écrivit aussi au comte de Lude, au maréchal de Vieilleville, à M. de Gonnord, au comte de Brissac, poulies prier d'appuyer la requête du conseil auprès du roi et du duc d'Anjou et d'envoyer des secours à Angers, menacé par les troupes ennemies (1).
En attendant les ordres du roi, l'échevinage établit une
armes et marchent en troupes , tant de cheval que de pied , en armes descouvertes, tant à feux que aultres prohibées', comme nous fusmes informez duement; qui nous donne argument de croire qu'il y a quelque sinistre entreprinse dont nous advertissons laditte Magesté et la Grandeur de votre Excellence, comme estant nostre naturel seigneur, et nous vos naturels et très humbles et très obéissants subjets, pour y donner l'ordre requis et nécessaire; et par ce, Monseigneur, que ceste ville est vostre, laquelle nous entendons vous garder, et maintenir les habitants d'icclle en leur ancienne et inviolable obéissance vers vous, leur seigneur, ce qui nous seroit difficile, voire impossible taire, s'il ne plaist à laditte Magesté et à votre Grandeur permettre à tel nombre de nos bons bourgeois et habitants, que pourrons choisir, s'armer d'armes à feu et aultres nécessaires ; cependant, Monseigneur, avec le conseil du seigneur de Puygaillard, lequel, pour le service de Sa Magesté et le vostre, s'est condescendu à desmeurer en ceste ville, nous donnerons ordre en doulceur et avec la force qui nous est permise par les pri villages de vos prédécesseurs , roys et ducs d'Anjou, là vous garder et maintenir le peuple en laditte obéissance, ce que vostre ditte Grandeur trouvera s'il luy plaist et fera trouver bon aux Magestez, Monseigneur, toutte la plus grande force de ceste ditte ville, c'est l'aisseurancc de vostre chastcau qui est de tout desgarni de munitions de guerre et de vivres ; à quoi Monseigneur est très requiz commander au reecsveur de vostre dict dommaine ou aultre pour vcoir par l'advis du seigneur du Plessis, lieutenant audict chastcau, pour Monseigneur W comte de Brissac, qui en est cappitaine et gouverneur, avecq l'advis de vos officiers. Monseigneur, nous supplions le Créateur vous donner sa saincte grâce et heureuse et longue vie et accomplissement de vos desseins. D'Angiers, ce 28 septembre 15G7. » Registres, an 1507, f° 29 v. (I) Registres, an 1567, f" 30 r° el suiv.
sorte de comité de permanence pris dans son sein et assisté des représentants des paroisses (30 septembre).
Cependant le messager qui portait les lettres du corps de ville au roi et au duc ne put franchir la frontière de la province « à raison que lesdicts huguenots tenoient beaucoup de pais, et fust contraint de revenir (1). » La seconde guerre religieuse embrasait déjà tout le royaume.
(1) Louvet, t. i, f° 68 v°."