‹ La reforme et la ligueChapitre 13 sur 26 · IG · texte numérisé non relu

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images de la Vierge, et de fervents caliioliques apostés toçaient tom les passants à ôter leur chapel ou leur toque ; si quelqu'un s'y reâisait, ou le traînait en prison comme hnguenot ; et ces pri6(Mis se remplirent de telle sorte qu'on fut oblige de supposer, oomme à une autre époque, une espèce de coajuration pour débarrasser le Ohàteiet ei oonduire les bérétÀques au supplice.

Cependant les calvinistes, trop nombreux pour se laisser ainsi décimer par la persécution, écrivirent à Genève, dépolèi^nt auprès d'Elisabeth d'Àngleterfe et des priaoes luthériens d'Allemagne afin de demander appui. Aui pamphlets des cath(^iques iïB opposaient d'autres écrits. Une de ces brochures, imprimée à Geirëve, attaque («vertement Tautorité du conseil, des Guise d.de la reine; eUe accusait Calherine de Médieis de grajods déporteœente, et le cardinal de Lorraine d'usurper Tautoiité royale. « De quel droit gouvernoiealrils l'état au préjudice des princes du sang?» D'autres pamphlets, plus habiles encore, liaient la cause de la réforme à celle de la convocation des états-généraux* toujours si populaires. On se plaignait de ce long veuvage entre la monarchie et ses eniants légitimes, les représentants des bonnes villes ; on les invitait à délibérer sur la loi de succession et la formation des conseils, particulièrement sur la liberté de conscience qu'on posaii comme une question politique que les peuples stHils étaient appelés à déckier. U y avait longtemps déjà que les calvinistes étaient préparés; leuf organisation secrète les enlaçait tous dans un commun dessein, comme dans une commune foi. Toutes les églises r^ormées de France avaient des chefs désignés pour les diriger au jour où une prise d'armes deviendrait nécessaire. On se mettait en rapport par des émissaires, par' des chiffres convenus, ou par des mots et des signes mystiques que les partis adoptent pour se dérober à la surveillance.

Le moment était venu d'arrêter quelque chose contre le parti catholique afin d'arrivé au pouvoir; des instructions étaient parties des conseils de Genève; Elisabeth d'Angleterre

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se t0Ottvat4 d'inieUigenoe avec une autre fraction de calvinistes 60US le prince de Ck)adé. Les réformés recevai^t alors en France uue douiîèe impulsiœi. Les Genevois tendaient spéciaieizient vers un système républicain dans les conditions adoplées par les cantons suisses, et les formes du calvinisme s'y prêtaient admirablement; tout était en eÉfet électif; la nouvelle église posait en toute sa force le principe de Tégalité. Le secood parti, cehii de la noMesse, qui était d'accord avec la rdne Él^beth d'Angleterre, appelait à la couronne le prince de Condé, qui professait hautement les opinions du calvinisme. Le {NTince, sans saisir ecicore les armes contre la cour, avait prêté la main à œ projet; il devait prendre le nom de Louis xm ^ donner saiisfadion à toute la gentilhommerie buguenote, avec iaqadle il gouvernerait la monarchie.

Pleins de ces idées, les chefs calvini^;es tinrent ^itre eux plusieurs ooiDciliabules; le ^us important fut celui de La Ferté, lOii assist^ent les députés secrets de toutes leurs églises, sous la présidence du prince de Condé. Coligny y prit la parole, promit à t(Mis les secours de la reine d'Angleterre. On ne devait pas aller d'abord à une conjuration pour renverser l'autorité royale; on ne pouvait dire un tel but, et il est probable que, si on l'eût avoué, ii n'aurait pas trouvé Fassentiment unanime ; trop de liens unissaient la noblesse territoriale à la couronne d'un n». Le projet de change la France en provinces ïuûes, par un lien fédératif et républicain, aurait été repoussé par la grande majorité, même des mécontents ; la ptnssance de Csdvin n'allait pas jusque là. On mit en délibéraiion si Ton se débarrasserait de la famille royale, des Guise particuiièr^^nent. H fut arrêté provisoirement qu'on ferait présenter au roi par la multitude évangéliste, organisée en bandes, une humble requête afin de le supplier de mettre un terme aux persécutions déplorables qui livraient les calvinistes au bûcher, et que les Guise fussent exclus de toute administration; l'autorité légitime devait être désormais dans les mains des princes du sang et des états-généraux, immédiate-

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ment convoqués. «Sire, disaient les calvinistes, la façon dont nous avons usé semble de prime-face estre estrange et violente ; néanmoins nous supplions très humblement votre majesté de considérer que, n'ayant autre moyen pour oster le péril, nous avons pensé qu'on ne trouvoit jamais nouveau et singulier ce que les sujets font pour la conservation de leur prince, et pour repousser les ennemis d'un roy et d'un royaume. » Ces projets, ainsi fixés, il ne s'agissait que de trouver les chefs et de régler les moyens d'exécution. L'assemblée étant présidée par le prince de Condé et Coligny, rien n'était plus simple que de leur déférer la conduite des braves compagnons ; mais ceux-ci firent observer qu'il valait mieux en charger un huguenot obscur, exempt d'ambition, afin que le mouvement eût tout à fait le caractère d'une entreprise populaire et de bien public. On choisit donc un gentilhomme du Périgord, tout dévoué au prince de Condé; son nom était Godefroi du Barri, seigneur de La Renaudie ; il s'était retiré à Genève pour cause de mécontentement, et là il avait embrassé le calvinisme : vigoureux chevalier, hardi aux batailles, expression de la gentilhommerie provinciale, il avait eu plusieurs entrevues à Londres avec la reine ÉUsabeth d'Angleterre, à laquelle il avait déroulé le projet de la conjuration. 11 ne restait plus que l'exécution. De nouveaux pamphlets avaient été distribués à la multitude pour gagner son suffrage : <c Peuple françois, y disait-on, l'heure est maintenant venue qu'il faut montrer quelle foy et loyauté nous avons à nostre bon roy. Les machinations de la maison de Guise sont révélées. Voici les estrangers à nos portes, que l'on fait venir aux despens du roy pour être ministres et instruments de leurs méchantes entreprises. »

La Renaudie manda aux conjurés de se réunir à Nantes ; on devait partir de ce point fortifié en diverses bandes, et se rassembler à jour fixe autour de Blois, alors résidence royale. Là, on pénétrerait dans la ville de gré ou de force pour pré-senler la requêjte, enjever 1^ Guise, la reine-mère, le roi lui-

même, et substituer immédiateinent rautorité des princes du sang pour décider ensuite par les états-génémux la forme d'administration. L'assemblée de Nantes fut calme. La Renaudie développa le projet des deux requêtes à présenter au roi ; elles obtinrent Tasseutiment unanime par assis et levés, comme s*il s'était agi des vieilles assemblées nationales ; on fixa le jour de l'exécution pour le 10 ou le 15 de mars. Trente capitaines élus devaient se répartir cinq cents cavaliers et mille hommes de pied, et tous se rendraient par des routes différentes à Blois pour exécuter promptement et exeictement le projet. Les princes de Lorraine, si menacés par la conjuration, en ignoraient pourtant encore l'existence; le parti protestant avait procédé silencieusement et avec ordre ; tous les huguenots, également proscrits , avaient prêté le serment de ne rien révéler de ce qu'ils savaient de l'entreprise, et les préparatifs mêmes des armes se firent avec tant de secret, qu'on les aperçut à peine, à une époque surtout où le droit de marcher en arquebuse , quelles que fussent les défenses royales, appartenait à tant de classes et de corporations. A la fin de février, La Renaudie était à Paris pour se concerter avec le ministre Chandieu, le plus intime correspondant de Calvin et de Bèze, sur la nécessité d'entraîner le parti politique , afin de compléter la révolution décisive qu'on préparait. Il avait choisi sa demeure chez un avocat qui correspondait par ses opinions à la fraction parlementaire; Pierre des Avenelles fut mis dans toutes les confidences , et comme le parti modéré ne voulait pas aller si loin et s'engager si fortement, des Avenelles dénonça le vaste projet des réformés au seigneur de Vouzay, maître des requêtes et l'un des partisans de la maison de Guise. Il arrivait aussi au cardinal de Lorraine des avis de toutes parts sur les entreprises des huguenots; on ne savait encore leurs desseins; mais ils s'armaient , ils étaient ouvertement en rapport avec Genève et Elisabeth. Sur la déclaratien de des Avenelles, on apprit tous les détails du projet préparé ; on se tint sur ses gardes. Mais quels étaient les com-

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plicesde la coDjuratiQoîallailrelLe aboutir aux piinoesdu sang, à Tamiral Goligny, à toute la maison de Châtiilon? La reinemère, avec sa prudence habituelie, penchait pour une mesure de tempémment; elle aimait mieux s'arranger avec le calvinisme que de lui déclarer la guerre. Elle ûiôonc v«niraupi^ d'elle Coligny, et lui demanda s'il savait quelque chose de la conspiration qui se tramait contre le roi. L'amiral répondit, en dissimulant, « qu'il existait un grand méconteniseanent dans les esprits à l'occasion de tristes persécutions contre des hommes inotlensifs ; que si Ton voulait calmer cette eifervoscenoc, le meilleur moyen était de publiei* une amnistie et la liberté de conscience. » Le conseil du jeune roi mit en question œ qu'il fallait £aire : Catherine de Médicis exposa que le metl' leur moyen d'ai&iblir le parti protestant, c'était de le diviser par des concessions instantanées; ce fut aussi Tavls du chancelier Olivier. On en délibéra m présence du roi et de Coligny lui-iïiême: un édit porta liberté entière pour le lait de religion, et par conséquent défense de. poursuivre ceux qui seraient accusés sur cette. matière; on en exceptait les prédicateurs de la réforme et ceux qui , sous prétexte de religion , avaient conspiré contre la majesté royale. Le ccaiseil obtint la signature de l'amiral Coligny , souvent porté à sacrifier pour des intérêts de cour la sûreté de ses coreligionnaires ; par oetie mesure, on réparait en deux le parti protestant.

La oofljuraticm naarchait toujours, quoique La Renaudie eût appris l'adh^ion de l'amirâi au dernier édit; tout était tellement organisé qu'il n'y avait plus à reoiû&c. Les princes de Lorraine, prévenus, eurent le temps de prendre leurs mesures militaires. Les deux reines et le jeune roi furent conduits sous bonne escorte à Amboise, ville fortifiée ; un mandement invita la noblesse catholique à monter à cheval pour défendre la couronne. Le duc de Guise , dans ce cbuig^ qui menaçait l'autoiité du conseil catholique et du roi, â'était fait revêtir d'un pouvoir absolu. Le piince de Condé était venu à Amboise ainsi que Coligny ; les uns disaient que c était

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pour ^mier apfvEri à ]& maison royale ; les murm, qu'ils étaient ià pour favoriser les boguenotsau mcHO^t où ceux-ci pénétreraient dans la ville. La promptitude et la fennelé eu due de Guise avaient dé^ mis la dtéà Fabri^ nofnbre ^geotilshommesplaeésen embuscade se^écipitèrentà Fenvisur lespetîtes troupes de hi^ucnois qui arrivaient successivezeMrnt; puis on attachait ces pauvres bommes à la queue des cbevaux, et sans jttgeiiM»st où les pendait au baut des créneaux de ta vdle d'Âmboiss, et il y en avait tout autour de» murs. Les vieilles gravure du temps nous repxoduisent dans toute leur cruauté ensanglantes exécutioiis, et je rapporterai la naïve légende que k pieux c^ivrier a mise pour expliquer son sujet : « Dans l'ékigoenent est la ville; pcn» vient une ocHnpi^nie de gens de cheval ayant cheminé toute la nuit ; elle sotme la diane jiasqu'à la pinrte du dsàteau, mais elle fut ^déeoirverte et en partie déecmfite ; ftwle d'arquebusiers tirent sur eux par le» fenêtres de bons cosps d'ar^uebusade. On voit ïe baron de Qa^elnau , un des dieâi, sur ies créneaux du dièteati de Nofzev Gb étoit le lende^vou» de rentreprise; M* de Nemours à ebeval,. an pied des murs, parlemieiitanit avec ledit Gasteiiiau;ià lui promet sur sa foi de prinee, qu'il ne le«iir sera rien lait. SusT'ie o6té, le baron de Pardillan, rencontrant dans les eliaoip& le bsffon de La Renaudie^ le voulant tuer de sa pistole; ladite piaMe &t)lit et ne prit point feu. Un des serviteurs de Faurdillao tue d'un eoup d'arquebu^ La Renaudie, mais avant ^pteiedif La Rcnawkie mourut, i) tue de son épée ledit serviteur. Un basBBE sierveilket»etnenl entouré de iïeurs se trouve an ntt>ie« de cette b^ie image , et une quantité d'oies et autres bétes se baignent légèven^xit* »

Une antre vieitle gravuve r^roduit : « La Renaudie guindé à une potenee au pied du château d'Âmboiee. Â la porte, cinq .des coaiurés soixt pendus avec de iongnes cordes, et incontî- 'Hent deux autres vont être estranglés; le baron de Castelnau et ses compagnons décapités; Villemongis, ayant trempé ses mains dans le sang de ses compagnons, va être aussi décapité.

Puis grande affluence de belles et gentilles dames parlant et riant incessamment; elles entourent une potence ayant trois têtes sur le sommet; au-dessous est escrit : Cy sont trois têtes pour mémorial,!» Des révélations furent faites qui compromettaient le prince de Condé et Tamiral; car le duc de Guise, recueillant les moindres indices, suivait avec sollicitude tous les éléments d'une accusation. La reine-mère balança cette influence ; craignant la toute-puissance de la maison de Lorluine, elle cberchait à affaiblir les uns parles autres, afin d'élever son autorité sur ces conflits. Les Bourbons et les Châ- Ullon abattus, il ne restait plus rien qui pût contrarier le grand projet de la maison de Guise. D'ailleurs, l'amiral Coligny, le prince de Condé avaient fait toutes sortes de démonstrations pour se disculper.

Ces lâchetés les sauvèrent pour le moment, et le pouvoir des Guise se raffermit. Le prince de Condé, qui avait été le premier mobile du complot, déclara que si quelqu'un était assez hardi pour soutenir qu'il avait tenté de révolter les Français contre la personne sacrée du roi et qu'il était auteur de la conspiration, il le combattrait à outrance. « Je renonce au privilège de mon rang, s'écria-t-il, et je suis prêt à le démentir par un combat singulier. » Et le duc de Guise répondit comme enflammé d'une indignation railleuse :<cje ne souflhrai pas qu'un grand prince soit noirci d'un pareil crime, et je vous supplie de me prendre pour second. » Au reste, quand la conjuration eut échoué, chaque parti eut soin de lui donner une interprétation dans son intérêt propre. Les calvinistes déclarèrent par leurs pamphlets qu'il ne s'agissait à Amboise que d'une simple pétition respectueuse ; les catholiques au contraire aggravèrent le projet et voulurent le présenter comme un attentat affreux de conjuration et de mort contre le jeune roi. On n'était pas d'accord, et deux fractions divisaient les conjurés: les Gène-, vois, calvinistes rigides avec leiu-s idées de république et de

* Uémoire tk ta VUUinvifie, t. iv, p. 102.

fédération suisse; les gentilshommes provinciaux qui conspiraient contre les Guise pour avoir la simple liberté de croyance et la vieille indépendance des états, les uns avec le prince de Condé pour roi, les autres en maintenant François IL C'est en ce sens qu'il y eut dans cette conjuration d'Amboise plus de mécontentement que de huguenoterie; beaucoup de ceux qui marchaient sur Amboise ne savaient pas de quoi il tournait; on les avait engagés à la guise allemande sans préciser le lieu et l'objet du service. Le parti catholique en tira profit comme de toute. Conjuration manquée; on publia un manifeste du conseil, ix les plus noirs complots furent attribués aux huguenots. <( Nos amés et féaux, était-il dit, encore que le fait de la conspiration naguère découverte et par la bonté de Dieu soudainement rompue soit notoire ici, il y en a qui osent bien encore déguiser le fait ; nous avons advisé de vous écrire la vérité : ils ont osé machiner une abominable trahison qui tendoit à l'entière subversion de nostre estât, ce qui ne pourroit être sans que nous, nostre très honorée dame et mère, nos frères et princes ayant le maniement des affaires, fussent esteints ou que du moins nous fussions réduits à tel parti que Tautorité du roi fût rabaissée à la merci des sujets qui donnent la loi à celui duquel ils doivent la prendre. » Le conseil n'osa rien contre les chefs puissants de la conjuration, Condé et Coligny; il fit même semblant de croire que le roi de Navarre y était demeuré étranger ; car François II lui écrivit : « Mon bon oncle. Dieu dans sa grâce et bonté a fait tourner en fumée la damnable entreprise de ces malheureux hérétiques et rebelles à Amboise. Quant à Castelnau, Reunay, Mazères, Damynes et Biiquemault, il a été avéré qu'ils vouloient s'emparer de moi et de ma famille, et mettre le royaume en proie et division ; chose, mon oncle, que je n'aurois pu croire si je ne l'avois vu de Fœil et touché du doigt, et si eux-mêmes ne l'eussent avoué à la mort. J'ai bien voulu vous avertir'que tout est tranquille,

«De Tnoo,liv. xxv. — Davila, liv. ii.

sachant combien cette nouvelle vons sera apéaMe. A« de^ meurant, mon oncle, en instro^ant les procès, il y en a quelques-ans qui ont déposé devant les juges, Que mon cousin le prince de Condé, votre frère, étcàt de la partie ; chose que ces bélistres, ccmime j'ai pensé, disoient pour prolonger leur vie j (^pendant je renvoyai quérir en ma diambre en la présence de la royne ma mère; là, il m'assora qu*i) n*en étoit rien et me confirma dans lacm oprâiion et me donna tant de connoissancecombien une méchante calomnie lui pesoitsur le cœur. » El François II lui écrivait encore quelques jours aprè^ : «Mon bon onde, je ne m*esbabis point si tous avez été fâché du bruit qui a (XKira de vous en B^gne de favoriser aux entreprises que ces malheuretix hérétiques avoient dressées contre moi , car sachant combien une telle calomnie vous est imputée faussement, et ce doit vous être une grande cxmsolatio» de savoir qoe je n'ai jamais voulu rien croire de ce que j'ai o«ï dire,*»

La con^uralfo» était vaste; le n>l savait que la reine d'An* ^eterre kt favorisait, et qn'étte avait écrit aux principaux fougoenots armés, « et cela, continuffff François II, pour le «aaBfvais vouloir qu*ei)e me porte, accompagné d'un extrême regret qu'elle a de Calais. » Le conseil du rc» voulait ainsi profiter de ïa victoire, et puisqu'il ne pouvait poursuivre tous les chefs été huguenots, il cherchaft à les compromettre dans un système de trahiî^n contre leur propre parti. Cette conjuration d'AmboJse devint un fait très populaire parmi les réformateurs; on se vantait û^en avoir fait partie. « J'y vis, dit le vieux Brantôme, des huguenots qui disoient : Or hier nous n'étfons pas de la conjuration, et ne l'eussions pas dit pour tout For du monde; mais aujourd'hui nous le disons pour un écu, et que l'entreprise étoit bonne et sainte*. » La compassion était générale pour les malheureux qu'on jetait

* Mss. DE Béthune, Bibliothèque royale,

* Brantôme, lom. viii.

ET LA LiOUE. 195

au bourreau, et que les gentilshommes reconnaissaient pour leurs frères ou leurs vieux amis. L'amiral Coîigny et le prince de Gondé jouèrent un rôle de fiiiblesse et de trahison : après avoir excilé les huguenots à la révolte, ils les abandonnèrent pour faire ieum conditions avec le conseil. Les deux chefs du parti calviniste se rapprochèrent de Catherine de Médicis quand ils virent la conjuration d'Amboise tourner à mauvaise fin; ils livrèrent quelques têtes de gentilhommeHe provinciale, et la maisûo de Lorraine se contenta de ces gages sanglants.

La conjumUon d'Amboiae avsût produit un grand mouvement dans les esprite ; on prenait des mesures extrêmes contre les calvinistes dans les provii^es. « En Languedoc le gouverneur avoit M% brûler des livres envoyés de Genève. Les villes de NimeSy Montpellier, Aigue&-Mortes et quelques autres des environs, étoient celles par lesquelles la rébellion avoit commencé. Les assemblée étoient composées de gentilshommes des plus apparents; ils avoimt trouvé le moyen de lever une imposition régulière pour les dépenses de leur église : les hérétiques gardent les portes des villes et visitent tout ce qui se présente. Les magistrats ferment les yeux. Les bons sujets gémissent et ne disent mot sur le danger. » Le comte de Villars, pour pourvoir à tout, avait convoqué Tarrière-ban. La plupart des vilte étaient pour les huguenots. « Voyant arriver le gouverneur sans forces, on se moque de son autorité. Nîmes est plus insolente que jamais. » Par cette raison, le comte de Villars demandait dix mille arquebusiers d'infanterie et cinq cents hommes d'armes pour réprimer les séditions et châtier les villes en les privant de leurs privilèges; il proposait divers moyens : 6ter à toutes ces cités soulevées leurs marchés, libertés et franchises, même le présidial ; faire raser les maisons des officiers et gentilshommes coupables d'avoir lavorisé la huguenoterie ; démanteler les murailles. Le roi répondit aux lettres des gouverneurs qui lui arrivaient de plusieurs provinces : « Les moyens de douceur étant épuisés,

je suis forcé d'employer les plus rigoureux contre les huguenots. Je vous commande de vous transporter sur les lieux les plus suspects, de vous faire instruire par les bons catholiques des noms de ceux des habitants qui assistent aux presches, et sur ces simples témoignages verbaux, saisissez-vous des prédicants, faites-les pendre sans forme de procès par le prevost des maréchaux qui les accompagnera ; et à l'égard des hugucr nots qui font profession publique de la nouvelle religion, qu'ils soient arrêtés et remis entre les mains d'un maistre des requêtes qui instruira criminellement contre eux et les jugera.» François II écrivait aussi au maréchal de Termes « qu'en Périgord, Agenois et Limosin, il étoit averti qu'on vivoit comme à Genève; qu'il falloit absolument mettre bon ordre à tous ces scandales. Vous priant, mon cousin, de si bien nettoyer le pays d'une infinité de canailles qui ne servent que de troubler le monde, que je n'en sois plus en peine ci-après, et me ferez ainsi un service que je ne mettrai jamais en oubh. » Ainsi point de pitié pour les huguenots turbulents. Le comte de Villars mande au roi « que les villes de Nîmes et de Montpellier envoyent auprès de sa majesté des députés qui recourent à sa clémence, pour lui demander le rétablissement de leurs privilèges; ces députés ont exigé de lui des lettres de recommandation : il leur en a donné ; mais il faut être en garde contre leurs prétentions. Il seroit dangereux de leur faire grâce. Une partie des habitants de Nîmes, au nombre de trois à quatre mille, s'est retirée dans les montagnes du Gévaudan d'où ils menacent de revenir bientôt en forces dans la plaine. Le gouverneur demande que le roi indique sa volonté aux évêques sur les mariages des huguenots, qui, à leur refus, ne se font qu'à la mode de Genève, ainsi que les baptêmes et enterrements. Il attend de jour en jour d'être instruit des intentions du roi sur ce qu'il doit faire, surtout par rapport au prevost, lequel refuse de pendre les prisonniers sans forme de procès. »

Tandis que dans les provinces, les ordres du conseil ten-

daieiit tous à la persécution, on avait quelques uténagements à Paris. Une des demandes du parti huguenot avait été la convocation des états-généraux ; le chancelier Olivier avait reculé devant cette mesure si souvent sollicitée ; mais il venait de mourir, et Tinfluence de la reine avait porté à hi dignité si active de chancelier un homme du parti modéré, d'une vaste science et d'une haute réputation pohtique : Michel de L'Hospital. Longtemps disgracié sous le règne de Ficinçois P^ et de Henri II, L'Hospilal ne s'était d'abord élevé aux fonctions de chef et surintendant dés finances du roi que par la protection du chancelier Olivier. Il se dévoua dans le principe, comme son protecteur, à la maison de Lorraine et au mouvement catholique ; puis il se mit à la suite de tous les événements pour donner à tous des éloges; rien n'avait échappé à sa verve louangeuse, ni l'avènement de François II, ni la grandeur de François de Guise, ni la prise de Metz, de Calais et de Guines, ni les noces du roi et de Marie Stuart. C'était un caractère timide et faible, tremblant devant les partis extrêmes, toujours porté aux termes moyens, faisant des concessions aux circonstances, et ne sachant pas les heurter de front pour les combattre ; courtisan habile, laudateur du pouvoir, signant Tédit de Roraorantin contre les hérétiques, et déclamant peu après contre les clercs et le catholicisme au colloque de Poissy et aux états d'Orléans, alors que Catherine et le conseil penchaient pour les opinions huguenotes et pour le concile ; type enfin du tiers-parti qu'il repré: sentait, car le défaut de cette école fut surtout de ne savoir que gémir et se plaindre des maux de l'état , sans chercher fortement et efficacement à les arrêter. Aux jours de danger, il s'effaça de la scène pour céder sa place aux opinions tranchées qui marchaient à la guerre civile et à la Saint-Barthélémy. Quand L'Hospital fut élevé k la dignité de chancelier, il se hâta de proposer une assemblée de notables ; il n'osait pas encore les états-généraux.

Les mécontentements augmentaient ; les protestants avaient

pris les armes en plusieurs provinces. Depuis la oôDjuratJoa d'Âmboise, le Dauphiné, sous Tinfluence de Genève, s'était soulevé en demandant la liberté de religion ; il avait pris pour cbefun gentilbomo^e noouné Moatbrun. Blaligny attaquait Lyon, tâiKlis qu'unû bande huguenote assiégeait Avignon pour arraeber au pape ee que les catholiques avaient conquis sur les brillants comtes de Toulouse lors de la guerre des Albigeois. Le baron de La Gaide, avec quelques vieilles bandes de la Savoie, mit un moment de Tordre dans les provinces agitées. Quant au prince de Condé et à Tamiral Coligny, retirés de laix>ur« ils vivaient dans des villes fortifiées, propa^ant en tous Ueux les doctrines de la réforme dont ils étaient épris, tandis qae Jeanne d'Albret comme le roi de Navarre leur donnaient asile à leur cour de Béarn K

La maison de Guise n'avait d'autres remèdes à ces menaces que d'invoiquer toutes les fiDrces du catholicisme pour résister. Le caidinal de Lorraine, par le même motif qui avait déterminé Philippe U à établir l'inquisition comme moyen de police dans la Flaiidre, cherchait à introduire en France cette grande force de surveillance. Le tiers-parti la repoussait, parce que, s'étant placé entre la réforme huguenote et la cour de Rome, il voyait avec peine une institution si puissante s'établir dans Le royaume. Il fallait pourtant £aireune concession et protester de son zèle pour l'église : parTédit de Romorantin, le conseil attribua la connaissance de tous délits et crimes d'hérésies aux évéques, « interdisant aux cours de parlements, baillis, sénéchaux et ai] très juges d'entreprendre aucune connoissance desdits crimes d'hérésie et ne s'en mêler aucunement. » Le parlement réclama ; au mois d'août le roi lui rendit la poursuite des assemblées illicites que le conseil avait proscrite par son arrêt , mais la punition de l'hérésie resta aux évoques. On préparait ainsi l'assemblée de Fontainebleau qui se composait de notables désignés dans les trois ordres par le chancelier de L'Hospital.

J De Tiiou, Rv. itxv. — DAvitA, liv. ii, pag, $9-60,

LeeoQseil mit de l'importance à ces éiate ; François II avait écrit à tous ses loyaux sujets de Tordre des dercs , de la noblesse et de la bourgeoisie. Les lettres originales qu'il adressa au connétable de McmtmoDency existent encore, ainsi que le mandement du roi pour faire jaisemMer certains pei*sonnages de chaque province, « afin de consulter les moyens du concile générai, réformation de Tégiise et convocation des états, 9 Le parU catholique s'y transforma tout entier dans la personne du duc de Guise ; les calvinistes n'y comptèrent parmi leurs cbefe que Coligny ; le prince de Condé mécontent ne vint pas à la cour. Le roi déclara « qu'il s*en rapportât aux paroles que MM. de Ouise feroient entendre ainsi que madame sa mène; cpm chacun pou voit librement exposer ses sentiments, et que ses oncli^ exprimeroient ensuite ses inteiit ons définitives. » Alors Famiral Coligny s'approcfaant du roi lui remit une péiition des huguenots de Normandie qui tous demandsâent la liberté de consdence. « Permetiez4eur, sire, dit Tamiral, la faculté des assemblées publiques dans leur temple; ils n'cmi jamais rien entrées contre votre majesté, et chaque jour ils prient pour vous. -— Mais, monsei^eur, reprirent quelques députés notables, cette pétition n'est signée d'aucun. -^ Cala est vrai; et comment voulez-vous qu'il y ait scei et signature, dit M. l'amiral, quand on d^end aux huguenots de se réunir trois ou quatre ; consentez-vous à ôter cette défense? je me fois garant de plus de cinquante mille noms, seulement dans la province de Normandie. Eh pourquoi, ajouta Coligny, tant de gardes autour du roi notre seigneur, nç dirotton pas qu'il est en tutelle? on lui fait ainsi croire qu'il doit avoir crainte de ses sujets^ tandis que tous l'aiment et Thonorent^ » A l'appui de leur pétition, les huguaiots avaient lancé au public pluâeurs pamphlets pour prouver que le cardinal de Lorraine et son frère avec leurs adhérents « étoient ennemis mortels des princes chrétiens, traîtres à la couronne, tyrans et

* ^ TiKW, *iv. X3LV. — Dayila, liv. II, pag. 57.

pirdlessu'r le peuple i'rançois. » Le tiers-parti se fit entendre par l'organe de Tévéque de Valence, Jean de Montluc, prélat porté pour un système de réforme : « Sire, nous avons ouï à grand l'egret Fétat de vos affaires, et principalement les points sur lesquels vous voulez qu'il soit délibéré, à savoir : la religion, les finances. Les moyens pour vous faire obéir? les premiers sont, sire, appeler de toutes les provinces gens de sens pour entendre quels vices et abus abondent le plus en voire royaume et quelle marche il faudroittenir à les déraciner. Et vous, mesdames les roynes, pardonnez-moi si j'ose entreprendre vous supplier qu'il vous plaise ordonner qu'au lieu de chansons folles, vos filles et toute votre suite ne chantent que les psaumes de David. » Ce discours qui sentait son huguenot, fut accompagné d'une autre déclamation contre les clercs, par l'archevêque de Vienne. Il faut remarquer que Valence et Vienne étaient alors les capitales du Dauphiné, pays où l'hérésie avait fait les progrès les plus profonds et les plus rapides.

Le parti catholique éclata par le duc de Guise. N'attaquant pas ouvertement la réforme, il se borna à parler de la hberté du roi, à justifier les mesures de précaution dont on entourait le jeune prince. « Ce n'est pas vous, s'écria-tril, qui voudriez changer en aucune manière la foi qui nous a été transmise avec les sacrements et tous les devoirs de l'église. — Si les huguenots sont cinquante mille, ajouta le cardinal de Lorraine, le roi a plus de deux millions de bons sujets à leur opposer; les rebelles ont rédigé une humble requête, mais au fond ils sont fiers et turbulents, car ils disent qu'ils n'obéiront au roi qu'autant qu'il leur accordera leur demande, pour la liberté de religion. » La proposition du parti modéré triompha parmi les notables; il fut dit qu'on convoquerait les états ou un concile national à Meaux, et qu'en attendant on préviendrait les provinces pour dresser leurs cahiers et choisir leurs députés. La correspondance secrète avec le roi d'Espagne témoigne qu'il était opposé aux états-généraux et à toute conces-

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sîon religieuse ou politique envers les huguenots; Antoine de Tolède fut chargé de remontrer aux princes de Guise que la tenue d'une semblable assemblée ne ferait qu'augmenter les divisions dans un royaume déjà infecté de la réforme. « Si vous voulez exterminer Thérésie, il ne faut pas enfler le cœur aux hérétiques; si vous voulez châtier les insolents, je suis à votre disposition ; prenez toutes les forces de FEspagne. » Fort de Tappui de Philippe II, le duc de Guise osa davantage contre le parti protestant. On venait de découvrir un chifift^ de correspondance entre les différents chefs des huguenots ; ils s'organisaient toujours plus fortement, comme s'il n'avait existé ni paix ni trêve. Tous les mécontents étaient leurs prosélytes; on saisit sur un agent secret du roi de Navarre, arrêté à Étampes, des lettres du connétable de Montmorency, de François de Vendôme, vidame de Chartres, alors en pleine correspondance avec le prince de Gondé ; la domination des Guise était si absolue que les catholiques eux-mêmes venaient s'offrir aux huguenots pour en délivrer la cour. Le projet qu'on trouva tout entier sur l'envoyé était très vaste : le prince de Condé devait par un mouvement rapide se rendre maUre de Poitiers, Tours, Orléans, cités assez portées à l'hérésie. En même temps le connétable de Montmorency s'assui'erait de Paris où son fils commandait les gens d'armes; Senarpont livrait la Picardie, le duc d'Etampes la Bretagne, le comte de Tende la Provence. Le but de la ligue était le bien public, moins religieux que politique.

Ce projet s'ssayait encore par des expéditions armées dans les provinces ; Lyon fut sur le point d'être surpris par François Maligny, de la maison de Ferrière, intime du roi de Navarre, et qui marchait d'après ses inspirations. Dans le Dauphiné surtout , des mouvements tumultueux s'étaient produits. A Valence, sous la direction des deux capitaines Mirabel et Quintel, les calvinistes s'étaient emparés de Féglise des Cordeliers; ils avaient ravagé les autels, brisé les statues et établi leur prêche dans ce vaste édifice» A Montélimar, à Romans,

tôt LÀ RÉFORME

les mômefi agitations religieuses se manifestaient ; on pillait les catholiques, on tuait les moines et papelards. Partout les formes du cuite calviniste furent substituées aux pompes de réglise romaine; tous les forts et pittoresques châteaux qui bordent le Rhône étaient le refuge de ces chels de huguenots qui s'élançant sur les cités voisines y imposaient le prêche. Dans la Provence elle-même, pays si cattidiquet les deux frères Richend de llouvans, du petit bourg de Castellanne, prirent subitement les armes pour les réformés. Gomme dans tous les mouvements calvinistes, les sectaires avaient dispersé les hosties saintes, fondu les vases d'argent ciselés, et frapiié les statues des patrons et des anges dans les grandes cathédrales. Ces essais de révolte dans les provinces se rattachaient au projet du prince de Gondé pour le triomphe de la fauguenolerie; ils étaient trop graves et trop multipliés pour qu'on n'y cherchât pas des remèdes. La pensée du conseil de Catherine paraissait être à cette époque de se débarrai^r du prince de Gondé et du roi de Navarre, qu'il considérait comme les tètes du parti protestant. On croyait qu'une fpis cette expé* dition faite, tout rentrerait dans l'ordre ; vieille illusion ! comme si un parti se liait tellement à ses cheCs qu'il ne pût leur survivre! Le mouvement calviniste était assez puissant pour résister aux catastrophes qui auraient menacé le roi de Navarre et le prince de Condé. Partout il sortait de son obscurité : ce n'était plus des assemblées secrètes, mais des réunions solennelles et publiques et des prêches annonces aux yeux de tous, à Caen, à Saint Lô, à Dieppe, à Rouen, à Paris même. Les catholiques agissaient comme si ces fait^i n'existaient pas; Catherine appela le prince de Condé et le roi de Navarre à la cour, sous prétexte que leur pré* sence serait nécessaire aux états-généraux d'Orléans. Les deux diefs de la branche des Bourbons hésitèrent d'abord ; ils avaient consulté Calvin, qui leur écrivit de Genève : « N'allez pas seuls vous livrer aux Guise ; vous aurez, quand vous voudrez, six ou sept mille gascons, sous de bons capitaines.

BT LA Ll&UË. tm

qtil pourront vous faire raison des Lorrains. » Le roi do Navarre et le prince de Condé s'adressèrent k leur frère le cardinal de Bourbon, qui, avec sa croyance et ses convictions crédules du tiers-parti, leur répondit « qu'ils n'avoient rien h craindre en venant aux ordres de madame la royne-mère. » On rie peut dire quelle sollicitude Catherine de Médicis et le conseil de Fmnçois II apportèrent pour attirer à la cour le roi de NavaiTe surtout; ils avaient député auprès de lui M. de Crussol, porteur d'instructions privées*. Antoine de Bourbon et son frère se laissèrent tromper ; ils vinrent Joindre le jeune roi à Orléans, Il résulte de la correspondance secrète de Catherine de Médicis et du duc de Guise, que le consdl avait mis aux trousses du roi de Navarre et du prince de Condé, pour espionner leurs démarches, des commandants de villes et quelques gentilshommes. Il n'échappait pas un mot, un geste , un coup d'ceil aux princes qui ne fût mandé sur-le-champ au conseil; la cour, étonnée elle-même de leur imprudence, était dans la crainte continuelle qu*ils ne se repentissent d'une conlaaiitce st abandonnée, eil cherchant à s'évader sur une route oiïi ils pouvaient trouver tant de braves compagnons.

Les deux Bourbons ftirent reçus presque sans honneurs. « Nous sommes trahis, dit le prince de Condé au roi de Navarre. — Ils n'oseraient pas », répliqua le frère aîné. Aurait-on cessé de respecter les hermines des princes du sang? Catherine mit personnellement à les accueillir une extrême blenveillancie : elle était triste, comme si les maux du pays l'agitaient profondément ; des larmes coulaient de ses yeux, et ses vêtements de deuil augmentaient encore, s'il était posi^Me, cet aspect de douleur. Le roi dit aux deux princes quelques parc^s ; H appela surtotit la justification du prince de Condé pour le crime de trahison dont on l'accusait. « N'est-ce

1 30 août 1560. « Tnstrûctton h M. de Crussol allant, par ordre de François II, vers le roi de Navarre, » Mss. de Colbert, vol. xxviu, reg. «n parch.

pas vous, mon cousin, qui êtes Tauleur des troubles et calamités qui agitent le royaume ? » Condé répondit : « Sire, tout cela sont pures calomnies de M. de Guise. — Ëh bien, répliqua le roi, c*est ce qu'il faudra voir juridiquement. » Il lil un signe de la main droite, et M. de Maillé vint sur-le-champ avec les gardes de la prévôté se saisir du chef de la gentilhommerie provinciale, qui fut conduit sans résistance dans un hôtel où il y avait une haute tour surmontée de quelques petites couleuvrines; toutes les fenêtres en étaient exactement grillées, el l'on mit de nombreux sergents d'armes aux portes. Le roi de Navarre avait également été mandé par le conseil ; oale surveillait depuis son arrivée avec la plus grande inquiétude : on arrêta son chambellan intime, car on voulait tirer des preuves de ses aveux. Le prince de Condé fut renvoyé en parlement ; la minorité modérée avait été chargée de l'instruction, sous la présidence du chancelier de THospital et de Christophe de Thou, tous deux chefs du tiers-parti et dévoués à la reine Catherine de Médicis. Le prince de Condé récusait obstinément ses juges : « Prince du sang, je ne puis et dois répondre qu'à mes pairs. » On proposa dès loi^ un moyen tout à fait dans l'esprit du temps. Le maréchal de Saint-André insinua que si Ton ne se débarrassait du roi de Navarre, celui-ci chercherait à se venger de la sentence capitale contre le prince de Condé ; il fallait donc préparer la mort de l'un et de l'autre. Ne pouvait-on pas inviter Antoine de Bourbon au conseil ? Là, en face, le jeune François II reprocherait à son parent sa trahison et ses complots ; il y avait toute apparence que le Navarrois s'échauiferait; alors deux hommes apostés se précipiteraient sur lui et le dagueraient de plusieurs coups de poignards. L'audience eut heu en effet, quoique le roi de Navarre eût été prévenu; mais François U n'osa donner le signal convenu, et l'on entendit à la porte une voix s'écrier : « Le lâche, le poltron ! (on parlait de François U) ; il n'ose tenir sa promesse. » Cette voix était celle du duc de Guise.

On alla plus vite à l'égard du prince de Copdé ; on ialerro-

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geftit ses agents, ses domestiques, pour découvrir )a vérité ; et des aveux en résultèrent. Un conseil composé de huit chevaliers des ordres, de quelques pairs, de plusieurs présidents au parlement et maîtres des requêtes, prononça la peine de mort; mais la crainte des représailles et l'implacable sévérité de Tarrêt amenèrent cette curieuse circonstance, c'est qu'aucun des juges, à partir du chancelier, ne voulut signer la sentence. Le tiers-parti avait peur de trop s'engager, et dans ces temps où tant de choses changeaient, qui aurait voulu hasarder son nom au milieu de ces conflits de famille et de ces révolutions de cour? Ensuite le roi François II était tombé dangereusement malade; les Guise étaient menacés dans leur influence par Catherine de Médicis qui, dirigeant le liers-parti, s'effrayait de l'accroissement immodéré de la puissance de la maison de Lorraine. La duchesse de Montpensier, l'amie de la reine-mère, ne cessait de l'entraîner dans cette voie de transaction : « Quand MM. de Guise , dit-elle, se seront débarrassés de MM. de Bourbon, ils n'auront plus que vous en face, et ce sera votre tour; la mort du roi peut amener l'autorité royale en vos mains ; profitez-en. » Catherine écouta ses conseils; et le roi son fils était à peine au lit de mort, qu'elle tentait un rapprochement avec le roi de Navarre. Toute cette époque fut un temps d'hésitation et de doute. Deux partis puissants existaient qui fractionnaient la société; au-dessus ée ces partis s'agitaient quelques petites intrigues de cour, absorbées par les passions et les besoins des opinions ardentes.

L'assemblée de Fontainebleau n'avait été qu'un essai tout provisoire pour préparer les états-généraux. La haute bourgeoisie, en majorité pour les termes moyens, craignait le triomphe absolu de l'une ou de l'autre opinion. Ces grandes assemblées étaient toujours dominées par les avocats, docteurs in utroque jure. Les confréries , les bannières , les -communes, ferventes catholiques, n'y avaient pas une assez puissante représentation. Les étals, transférés de Melun à Or-

léans, furent définitivement a|oumés du mois de septembre au 13 décembre 15(M). Dans cet intervaUe, le nouveau règne avait commencé ; le parti catholique sous les Guise n'avait plus la gmnde place qu'il exerçait dans le conseil de François II. Catherine de Médicis , toujours à la tète des hommes modérés, avait opposé les Bourbons aux Guise, et voulait neutraliser une maison par l'autre sous son autorité de régente. Les réformateurs entouraient le nouveau prince de toute espèce de flatteries pour se le rendre favorable ; leurs dizains, leurs prières s'élevaient en faveur du jeune roi, de sa mère et d'Antoine de Navarre : « Seigneur Dieu, Père céleste, disaientils, écoute les vœux de tes serviteurs qui te supplient de nous vouloir faire la grâce qu'étant bien gouvernés par nos supérieurs et magistrats, nous mettions peine de t'aimer et te. servir ; ie plaisant aussi, père céleste, d'assister toujours au roi, notre sire, pour qu'il croisse non seulement en âge, mais en sagesse et eu vertu. » Dans leurs sonnets et huitains, comparant l'enfant -roi à Josias, ils lui souhaitaient « de rechercher la cognoissance de la loi et félicitoient le peuple françois de ce que le bon Dieu lui avoit suscité un gentil prince qui chasseroit l'idole (la papauté, sans doute); ils adressoient des épltres exhortatives à la royne , au petit roy afin de les attirer à la vérité ccHitre les erreurs papistiques. » Le tiers-parti avait convoqué les états pour concilier le double mouvement catholique et calviniste. 4 son avènement, le con^ seil de Charles IX se hâtait d'écrire à Genève : « Chers et spéciaux amis, selon la bonne volonté de feu mon frère , j'ai assemblé états^néraux atin d'aviser à la sûreté et conservation de notre état. J'ai donc fait soigneusement et curieus^nent rechercher la source et origine des divisions, et il s'est vérifié que sa principale naissance vient de la malice d'aucuns prédicants et dogmatisants, la plupart envoyés de vous ou des prin* cipaux ministres de votre ville, lesquels, abusant du nom^ titre et pureté de la religion dont ils se disent bien professés, sèment es esprits de nos sujets une damnable désobéissance.

tant par les libelles et diffamations que par les prêches qu'ils ont établis. Nous avons résolu, de Tavis de la royne notre mère, du roy de Navarre et des autres princes de notre sang, de vous escrire,afin de vous prier de rappeler ces prédicants.» Par ces précautions, tout à la fois dirigées contre ]es huguenots et les catholiques, le tier3-parti croyait' se rendre maître des états. Le chancelier de THospital publia une cpUre sur les affaires de son temps, où il appelait la grande conciliation des doctrines; ces vers, d'une latinité ampoulée, eurent alors une vaste popularité parlementaire, et Ton en trouve encore une traduction en vieux français. •

Le i3 décembre 4560, les trois états se réunirent à Orléans; ils étaient fort nombreux, composés de gens de loi et de bourgeoisie de chaque province. Tous les adversaires s'y trouvaient en présence : le roi de Navarre et le duc de Guise , CoJigny et le cardinal de Lorraine. Les élections s'étaient opérées sous l'influence du tiers-parti, qui arrivait avec la résolution de provoquer une réformation simple, en confiant la régence à Catherine de Médicis. Michel de L'Hospital fit sa harangue dans cet esprit : il releva d'abord la haute nécessité des étals ; le roi avait jugé nécessaire de convoquer ses sujets jusqu'à ce qu'il pût pourvoir par ses propres mains à l'administration du bien public ; il voulait donc les consulter sur les affaires : « On étoit aujourd'hui principalement réuni pour le fait des troubles arrivés en matières de religion. Dieu veut la paix. La chrétienne , comme la véritable et l'unique, a triomphé par patience, justice, larmes et prières. Chose triste ! dans le même toit , frère contre frère, père contre fils. Quel remède à tout cela? le concile. On me dira que le pape ne le veut, mais le roi peut donner pouvoir ; le concile aura donc lieu. Que sert l'épée contre les âmes , sinon pour les perdre avec le corps ! Que les prélats prient , mais qu'on cesse de s'entretenir de ces mots injurieux d'huguenots, papistes, luthériens. Si après cela il s'éleva encore quelques pernicieux esprits, alors on les frappera par les armes, parce qu'ils sont turbu-

lents et boute-feu du corps social.» Les états élevèrent quelques difficultés sur la nature de leur pouvoir et leur continuité. Le roi étant mort , l'élection antérieure n'était-elle pas annulée? Le chancelier de L'Hospital leur remontra que le mort saisissait le vif, et qu'en France le roi ne mourait pas. Alors les états s'étant constitués, Jean Lange, avocat au parlement de Bordeaux, porta la parole pour le tiersordre : « Trois mauvais vices existoient parmi le clergé: ignorance, avarice et luxure. Ignorance naît du manque d'études ; et combien de bénéfices sont donnés à gens qui ne savent rien de l'escole ! et (fétoit honteux de voir comment les clercs exerçoient leur devoir. » — « D'abord, grandes éloges sont au roi, s'écria Jacques de Silly , baron de Rochefort, député de la noblesse, pour avoir donné à sa mère l'administration des affaires , comme Alexandre Sévère les avoit données autrefois à Mammea; justement avez fait encore en appelant au conseil le roi de Navarre et les princes du sang. Ce qu'il faut réformer, c'est la juridiction des clercs ; non seulement les nobles leur ont donné tous leurs biens , mais ils ont eu la foiblesse de leur céder leurs tribunaux, même d'appel.» — « Il ne peut ici s'agir, répondit Jean Quintin, orateur du clei^é, de corriger l'église qui ne peut faillir, et à qui même vieillesse ne pourroit causer rides, mais corriger la discipline. N'écoutez pas ceux qui réveillent des anciennes hérésies et demandent églises à côté des saintes chapelles ; refusez les requêtes impies, comme saint Athanase sous l'empereur Constance. Nous vous supplions, sire , que si quelque fossoyeur de vieille hérésie , par impiété s'ingéroit et vouloit introduire et renouveler aucune secte jà condamnée, et icelle fit présenter requestes, demandât temple et permission d'habiter en ce royaume, comme se sont imprudemment ingéré naguères aux états particuliers des provinces ; que tels porteurs de requestes soient punis et déclarés fauteurs d'hérésie. » Les deux premiers orateurs et le chancelier de L'Hospital avaient exprimé les opinions du tiei's-parti ; on les avait écoutés sans murmure dans les rangs des calvinistes;

mais Jean Quintin disait haut les sentiments catholiques, et les chefs de Téglise réformée, l'amiral Coligny particulièrement, réclamèrent avec vivacité. Les esprits étaient tellement prononcés dans rassemblée contre les clercs, que l'orateur fut obligé d'expliquer ses paroles; la reine l'y invita, au grand murmure des catholiques zélés qui assistaient aux états, et particulièrement de la maison de Guise, qui plus que jamais s'en faisait l'expression. A la. suite des états d'Orléans, une ordonnance pix)clama amnistie entière pour tous les faits commis en matière de religion ; on devait relaxer tous les calvinistes arrêtés, sauf ceux-là qui auraient été déclarés chefs de la conspiration d'Amboise. Les états se laissèrent entraîner à de plus hardies concessions : une autre ordonnance régla la discipline de l'église nationale, en satisfaisant à toutes les demandes du parti politique. On rendit à une certaine forme électorale la nomination des archevêques: quand il s'agirait d'élire un métropolitain , tous les évoques suffragants devaient se réunir en collèges avec les chanoines de la métropole, toute la noblesse du diocèse et douze bons bourgeois; cette assemblée devait présenter trois candidats âgés au moins de trente ans , et c'était parmi eux que devait être choisi le métropolitain nommé par le roi. Après ces concessions au tiers-parti , on revenait à l'esprit de la foi catholique : les cabaretiers, aubergistes, marchands ne pouvaient désormais ouvrir leurs étaux pendant les ofiQces; défense était faite aux astrologues de prédire l'avenir, faire conjuration par les astres ou par les signes; à tout imprimeur de les repi*oduire en public par des almanachs ou des petits livres cabalistiques.

L'ordonnance d'Orléans, triomphe du parti parlementaire , tendait à réformer le clergé, à rendre moins intimes ses rapports avec Rome, à lui donner un 'caractère plus national, à^moditier ses mœurs. Les choses en étaient à ce point que toutes mesures conciliatrices devaient échouer devant deux opinions exlrèn^es qui frémissaient déjà sous la main

de leurs chefs. L'esprit de oonoorde avait disparu ; quelques hauts gentilshommes de cour désiraient seuls le calme, pour inuisfomer en simple intrigue ce qui était une offervescenoe de pensée : pensée puissante, puisqu*eUe prenait son origiue dans les croyances religieuses!

Aussi les masses ne ratifiaient en aucune manière ces intentions modérées. A Beauvais, le cardinal de Châtillon, usant de redit sur les assemblées libres^ avait déclaré que dans les fêtes de Pâques il ne oéld^rerait point la messe, mais la cène, selon es habitudes calvinistes, il y eut à cette occasion une révolte parmi le peuple accoutumé aux grandes solennités, aux saints mystères de l'église ; véritable insurrection qui nécessita on vaste déploiement de forces sous les (»dres du connétable de Montmorency. La reine-mère elle-même, dépassée disque jour dans ses volontés conciliatrices, avait saisi la solennité du sacre de son fils à Reims (de ce sacre où il ne manquait plus d^autre scandale , sekxi Tambassadeur espagnol Ghantonney, que madame la cardioàle de Beauvais) pour door ner un second édit favorable aux idées de transaction : tous ceux qui étaient sortis du royaume pour eause de religion pouvaient y rentrer, ou s'ils préféraient rester hors de France, ils obtenaient un délai pour vendra leurs Inens; il était encore défendu de s'injurier mutuellement en s'appelant du nom de papiste et de huguenot ^ Le pari^œnt lui-môine, depuis sa dernière épurati(m, n'avait plus dans son sein d'opposition réformatrice ; le parti pc^itique ne put y obtenir la maj<Mrité. Tioîs opinions divisèrent cette cour : ceux des conseillers qui suivaient les sentiments modérés du chancelier, opinèrent pour qu'on suspendît toute poursuite contre les héi:étiques jusqu'au prochain concile : les seconds, les plus nombreux, appelèrent toute la sévérité des vieux édits ; les troisièmes enfin se prononcèrent pour l'incompétence et le renvoi de la procédure aux tribunaux ecclésiastiques. La faculté de théolo^e se paintenant dans la même rigidité de doctrines, poursuivait impitoya-

* Registre du parliemeiit, 1559-1561.

ET LA LIGUE. lîll

biemeot km^ss les opkiions qui 8*en écartaient. Le bon peuple de Paris, les confiréries, toute la portion active des corporations et des métiers étaient rangés sous la-bannière de révise ; chaque fois que les calvinistes avaient voulu célébrer publiquement leur culte ou établir leur prêche, il s'était fait une terrible fèféàe contre euic dans les rues de Paris, et les halles avaient menacé de s'ànouvoir encore. 14 n'y avait de pron<mcé contre la vieille foi et pour le calvinisme que quelques savants, de braves gentilshommes des provinces qui suivaient la fortune de leurs chefs; enfin un petit nombre de bourgeois d'un certain ordre de fortune et d'intell^ettee. L'homme de campagne écoutait aussi plus favorablement les prêches que l'habitant des villes.

Le tiers-parti, avec la conscience de sa faiblesse populaire, sentait qu'il avait à puiser une grande force dans les convocations fréquentes des trois états ; telle était l'opinion du chaacelier de L'Hospital, invoquant Taction de la noblesse provinciale pour it^alajicer un peu l'ardeur du peuple. Une nouvelle assemblée fut convoquée i Saim- Germain , mais incomplète. Le chancelier la harangua dans les termes de ses derniers édits. «Je ne comprends pas, dit -il, ceux-là qui veulent exclure de ce royaume la nouvelle religion: faire ééît eont^ die , c'est infamie ; il faut faire loi pour elle et non contre elle. » L'orateur du tiers-état s'ccria : « A quoi servent -tant de folles et grandes richesses des clercs? si le rcM notre sire a besoin d'argent, qu'il fasse comme en Angleterre et en Allemagne, qu'il prenne ces biens oisifs qui servent au luxe des gens d'église : on parle d'assemblées clandestines de ceux qui professent d'autres idées, une autre foi que la cour romaine : eh bien ! je demande qu'ils puissent se réunir librement, que les oflTiciers du roi y assistent afin qu'il ne s'y passe rien de contraire à l'état, jusqu'à ce qu'on ait réuni un concile pour apaiser les différends qui subsistent entre les religions diverses. »

Ces opinions n'allaient pas au peuple, à cette multitude qui

ne comprenait pas qu*on mutilât ses images saintes, ses re-* liques vénérées, et qu'on élevât des prêches à côté de la vieille cathédrale ; les esprits s'irritaient d'autant plus qu'on cherchait à les assouplir à des idées de conciliation et de rapprochement. Tandis que l'assemblée de Saint-^jrermain préparait un édit de tolérance, les confréries, les halles murmuraient hautement contre le conseil, qui trahissait ainsi les intérêts du catholicisme.

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