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MANQUE DE CLARTE DES PREMIERES VUES DE LUTHER

cette idée. * Tout, y est-il dit, dépend de la confiance où l'on est qu'on plaît à Dieu; quiconque possède cette ferme conviction, ne fait rien que de bonnes œuvres, qu'il marche ou s'arrête, qu'il boive, mange, dorme, etc.; jusqu'alors ce fut donc une erreur damnable de ne pas mettre toutes ces choseslà au rang des bonnes œuvres. Cette foi, cette confiance est donc la chose la plus importante. Car toutes les autres œuvres, un païen; un juif, un turc, un pécheur peut également les accomplir, « mais avoir la ferme conviction qu'on est » agréable à Dieu, n'est possible à personne qu'au chrétien » illuminé et fortifié par la grâce i. »

Par cette foi, selon Luther, l'homme ne doutant pas que tout ce qu'il fait ne soit bien fait aux yeux de Dieu, toutes les œuvres deviennent égales, de quelque nature qu'elles soient, sans que l'une ait plus de valeur que l'autre. « Car les œuvres « ne sont point agréables à Dieu à cause d'elles-mêmes, mais » à cause de la foi qui est une, et agit de la même manière » dans toutes les œuvres, quels qu'en soit le nombre et la di- » versité 2. » Un chrétien, animé de cette foi, n'a donc point besoin d'un docteur qui lui enseigne à pratiquer de bonnes œuvres; tout ce qu'il fait, le faisant avec la foi, est bien fait \

Du reste, en 1517, ainsi que cela s'explique aisément, ses conceptions lhéok>giques étaient encore dans un état de fermentation assez confus. 11 nourrissait encore des idées dérivées du système catholique et dont il n'avait pas encore reconnu l'incompatibilité avec sa doctrine favorite. C'est ainsi, par exemple, que dans un sermon prononcé à l'occasion du jour de lan de 1517, il soutenait encore^ tout-à-fait dans l'esprit de la doctrine catholique, que nous pouvons, jusqu'à un certain point, nous préparer à la grâce (à la justification) par

♦ Ed. VValch. x, 1569. .

* Voy. Commentaire sur les 22 premiers psaumes (éd. Walch, iv, 1073). Tou- Ifs les œuvres, telles qu'elles se présentent à nous, sont égales par la foi : car la foi elle-même est la principale de toutes les œuvres. — La cause des bonnes œuvres c'est la confiance d'être agréable à Dieu; mais les bonnes œuvres nesout pas la cause de la confiance d'élre agréable d Dieu. Tout le Commentaire sur le ps. 14 est consacré à celte doctrine, que la seule foi qui plaise à Dieu est ctlle en vertu de laquelle l'homme a la ferme conviction d'être agréable à Dieu; mais que tout le reste n'est que péché et condamné par Dieu. (L. c. 1082).

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