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18 LA FOI c'est la CONFÏAINCE.
velle renferme une vertu de consolation, c'est queTâme, abattue, découragée, désolée par la loi promulguée et inculquée aux hommes, apprend que cette loi a été accomplie par Jésus-Christ, et qu'il n'est plus nécessaire de l'accomplir par notre propre obéissance, mais seulement de nous attacher par la foi à celui qui l'accomplit pour nous, et de nous efforcer à devenir semblables à ce modèle ^
Il importerait de déterminer maintenant la filiation entre celte doctrine, qui renfermait sans contredit le germe d'une transformation totale du système dogmatique chrétien, et cette autre doctrine, précédemment développée, touchant l'existence du péché dans tout acte de la volonté humaine. Une parole qui lui échappa, longtemps après il est vrai, pourrait autoriser à croire que ce ne fut que pour l'amour de sa doctrine sur la justification que Luther imagina cette doctrine sur le péché. « Afin d'exalter la justification et de la rendre aussi grande que possible, il faut attribuer au péché le plus qu'on peut d'étendue, de gravité et de grandeur ^ «
Relativement aux œuvres de l'homme, on rencontre chez Luther, dans ces premières années (1516 à 1520), deux idées fondamentales : premièrement, que les bonnes œuvres sont nuisibles à l'homme, attendu que, du moment où il reconnaît qu'il fait le bien, il ne saurait échapper à l'orgueil et à la vanité'^ ; secondement, que la valeur de tous les actes de l'homme dépend de la confiance. Sont bonnes œuvres, selon lui, toutes celles que l'homme accomplit dans la ferme confiance qu'il est agréable à Dieu. Dans son Sermon sur les bonnes œuvres de l'an 1536, Luther s'applique à développer
* Œuvres (Il Luther, éd. Walch. X, l46î.
* 0pp. lat. WiUemb. i, 391, b. (Disp. ni, Ujcs. 28). Ul justificaiio, quantum polest fieri, magniticetur, peccalura est valde raagnificandum et amplilicanduni,
3 Par exemple dans un Sermon de 1516 (éd. Widch. xir, 2283). Il y parle des hommes qui désirent prt longer leur \ie, afin de l'amender encore et de pouvoir encore faire du bien : c Dès qu'un homme n'est pas entièrement lue, les vertus et les bonnes œuvres lui font plus de tort que les péchés. Il suffit donc que ces j^ens, reconnaissant leurs péchés, aient le désir et la soif de la justice, elqu'ainsi ils meureiit dans leur bonne volonté : car, en vérité, s'ils devenaient participants de la justice, comme ils le demandent, ils ne tarderaient pas, en étant rassasiés, à la \omir de leur corps, et à en avoir dégoût comme des gens sûrs d'euxmêmes.»