‹ La réformeChapitre 104 sur 270 · EXÉGÈSE DE LUTHER · texte numérisé non relu

EXÉGÈSE DE LUTHER

des Apôtres les choses s'étaient passées comme actuellement, au temps de la Réforme. De même qu'aujourd'hui, dit-il, depuis que la doctrine de la justification par la foi seule et sans œuvres a été remise en lumière, les gens ne font que croire et ne veulent plus entendre parler d'œuvres; de même, alors, au commencement de l'Evangile, quand Jésus-Christ et saint Paul prêchaient la même doctrine, le même etTet s'est produit; c'est pourquoi les autres Apôtres et évangélistes, notamment saint Luc, saint Jacques et saint Jean, ont remis les œuvres sur le tapis, et se sont exprimés fréquemment comme si la justice venait paries œuvres.

« Faisons remarquer ici que dans ce passage (cliap. xvni, ji. 9li), saint Luc s'exprime derechef comme s'il voulait faire entendre que la justice vient des œuvres. Saint Luc parle le plus en ce sens, et je considère qu'il arriva dans ce temps-là ce que nous vo3^ons arriver encore aujourd'hui, que l'on prêche le salut par la seule foi, à savoir que les gens se tournèrent de ce côté, ne Vijulant plus que croire, et laissant de côté la vertu et les fruits de la foi. Saint Jean fait de môme dans son Epître , et saint Jacques aussi, afin de montrer que la foi ne saurait subsister sans les œuvres. C'est cela surtout que saint Luc veut dire dans sa préface : Je vois bien que plusieurs ont prêché que la foi seule sauve, et ils ont fait par leur prédication que les gens ne tendent uniquement qu'à adopter une foi imaginaire ; alors il faut bien aussi que je prêche les œuvres par lesquelles ils pourront rendre certaine et montrer leur foi. Aussi, dans saint Luc, il semble partout que la justice vienne des œuvres , comme dernièrement vous avez entendu dire : Pardonnez, et il vous sera pardonné ; lïem : Faites- vous des amis avec le faux manimon , et cet Evangile pourrait faire croire que nous devons être ju>tiriés par les œuvres ^ »

Souvent aussi, il commençait par donner aux passages de la Bible la forme qui les rendait propres à servir ses vues, et conformes au nouveau système. Ainsi, par exemple, il dit : " Il faut que personne ne doute que toutes nos œuvres soient des péchés mortels, étant jugées selon la justice et la sévérité de Dieu, au lieu d'être acceptées par pure grâce envers nous, afin de vérifier cette parole de saint Paul aux

î lui. Wiiich. xr, 1995, ss.

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