‹ La réformeChapitre 108 sur 270 · HT · texte numérisé non relu

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162 DEUTÉRONOME, XXX, f. 11-14.

n Ce texte, les sophistes l'interprètent à leur manière, disant qu'il nous est possible, voire facile, d'accomplir les lois de Dieu. Les lecteurs aveugles donnent dans cette erreur alors que, Moïse disant: « Elle n'est pas au-dessus de toi, » ils entendent : « Elle n'est ni au-dessus de tes forces, ni impossible. » Et ils ne réfléchissent pas que , si cela était vrai, on chercherait pour rien la grâce divine. Car, qu'ai-je besoin que la grâce de Dieu vienne à mon aide pour une chose qui m'est possible et n'est point audessus de mes forces? S'ils avaient eu le texte hébreu, ils auraient été bien plus orgueilleux et hardis ; l'hébreu dit : « Le commandement que je te donne aujourd'hui ne t'est ni étonnant ni difficile. » Caille mot Niphleth slgnKie quelquefois étonnant et difficile, qui est au-dessus de nos forces, que nous ne pouvons atteindre. Or, que veut dire Moïse par ces paroles intelligibles et claires? Rien autre assurément, sinon que lui, en législateur fidèle , il a satisfait à sa charge ; que ce n'est pas sa faute si l'on n'observe point la loi ; qu'il a enseigné et montré tout ce qu'ils devaient savoir; que personne n'a plus à s'excuser ;sur ce qu'il ignorait la loi , soit qu'il ne l'eût pas reçue, ou qu'il fallût la chercher en quelque autre lieu ; mais que , s'ils n'observent point la loi, la faute en est , non point au législateur ou à la loi, mais à eux-mêmes ^ «

Moïse, ajoute Luther, n'a fait que montrer aux Juifs les exigences de la loi, voulant leur ôter ainsi tout motif d'excuse.

Par l'habit de noces dans la parabole de Jésus-Christ (sahif Mathieu^ ch. xxu, x. 11, 12), les exégètes entendirent toujours la justice intérieure de l'homme; Luther, selon son système, devait y voir la/o/. « Ceux qui disent que c^ habit c'est la charité, et non la foi, nous les laissons aller dans leurs idées, leur disant : Si vous pouvez l'apporter, cet habit (la charité) nous nous entendrons aisément. Mais ils savent eux-mêmes que cela est impossible^ et jamais ils ne l'apporteront avec eux. Car, aux noces, il faut apporter le vêtement du fiancé, et non son propre vêtement ordinaire; c'est de sa couleur que nous devons être revêtus; c'est la justice de Jésus-Christ qui nous pare, et non point nos œuvres 2. »

La difficulté qu'offrait le passage de I saint Jean, ch. v, i'. 2, 3, Luther sut l'écarter sans effort. L'Apôtre dit bien que l'a-

1 Ed. VValcli. m, i»380, éd. de Leipzig, xix, 66, b.

2 0pp. lat. léna, m, .563, b.

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