LUTHER : SUR LE PASSAGE
sus-Christ comme sa servante ; et encore lu ne la produis pas entière, ni dans ce qu'elle a de meilleur, mais seulement quelques petits passages qui parlent des œuvres. Mais je me soucie fort peu de cela : fais é(at, tant qu'il te plaira, de la servante; moi, je me veux prévaloir de Jésus-Christ, qui est le véritable Seigneur et empereur de l'Ecriture, et qui a mérité et acquis par sa mort et sa résurrection une justice et un salut. C'est en lui que je me mets et que je demeure ; et je te laisse, tant que tu voudras , avec tes œuvres, que pourtant tu n'as jamais accomplies dans toute ta vie'. » Aucun faiseur d'œuvres, ni le diable lui-même ne te pourra ôter ni renverser cette défense. — Voilà sur quoi il te faut appuyer et t'en prévaloir fermement et avec confiance contre tous les textes qu'on pourrait produire en faveur des œuvres. ïu diras donc hardiment : Entends-tu, Satan^ ce que dit Jésus-Christ? etc. Et Satan cédera sûrement ; car il sait bien que Jésus-Christ est son maître * . »
C'est encore de cette manière que, dans sa thèse sur la foi, de l'an 1530, il commence par citer les paroles de Jésus-Christ qui indiquent l'accomplissement de la loi comme le chemin de la vie; puis il continue en ces termes : « Si nos adversaires » font valoir la sainte Ecriture contre Jésus-Christ, nous, » nous ferons valoir Jésus-Christ contre la sainte Ecriture. >' Nous avons le maître, ils ont les serviteurs; nous la tète, >' eux les pieds ou les membres qui doivent céder et obéir à » la tête. S'il faut que l'un des deux soit sacjMfié, de Jésus ou » de la loi, que ce soit la loi, mais non Jésus-Christ 2. »
Un autre moyen qu'il recommandait et qu'il appliquait aussi à d'autres })assages, ainsi que nous l'avons déjà dit, consistait à mettre dans les textes bibliques croire à la place de faire ou de garder les commandements, « Faire signifie la même « chose que croire, et garder la loi par la foi. — Ainsi, ces pa- « rôles : Fais cela, et tu vivras, signifient : Fais cela, c'est-à- » dire crois, et, ce faisant, tu vivras 3. «
Mais ce qu'il préférait pour se rassurer soi-même, ainsi que
' Ed. Walch. vni, 21ZiO vl suiv.
* 0pp. lat. Wilebeif^. i, 387, n. Quod si adversarii scripturam urserinl conlra CiirisUmi, urgemus Chrislum conlra scripluram. Nos doîi)inum liabeniiis, illi servum ; nos caput, illi pcdes seti membra, quibus caput oporîet domiuaii et prœPerri. Si allemtrum sil aniilteiidiini, Christus vel lex, lox est amiltcndo, non Christup.
» Ed. Walch, vm, 21/40 cl suiv.