LUTHER : DÉTESTATION DE LA MESSE
« veau Testament, le vrai et pur Évangile, car il fait la même . chose que saint Paul et tous les Évangélistes, enseignant ». la vraie foi, comme quoi Jésus-Christ nous a été donné, » lequel ôte de nous nos péchés et nous sauve*. »
Alors même qu'une institution lui était désagréable ou odieuse par d'autres motifs , il la faisait toujours dériver de l'oubli de cette doctrine capitale , oubli qui aurait entraîné cette erreur avec tant d'autres erreurs et d'abus.
C'est ainsi que l'exaltation de la vie d'abstinence , question où tous les Pères se seraient trompés, était pour Luther une conséquence née de Toubli de la doctrine sur la justification 2.
Mais où son aversion se prononçait de la manière la plus vive, c'était contre le Sacrifice de V Église. L'ancienne doctrine du sacrifice de l'Eucharistie étant en contradiction avec la doctrine nouvelle de la justification, Luther dut naturellement rejeter ce dogme. Mais , ne se contentant pas de le repousser, il s'appliqua de toutes ses forces à inspirer à ses adhérents la plus profonde horreur contre ce pivot du culte catholique. Il dépeignit la messe sous des couleurs si noires, que toutes les abominations de l'idolâtrie cananéenne lui paraissaient préférables à cet acte. Beaucoup de choses, disaitil, sont chez les papistes de vrais manèges du diable, mais la messe devrait être regardée comme la plus grande de leurs abominations. « Car, quoique j'aie été un grand et misérable et in digne pécheur, et que j'aie passé et perdu ma jeunesse dans la damnation, mon plus lourd péché est pourtant d'avoir été un si saint moine, et d'avoir, pendant plus de quinze ans, irrité,' tourmenté et torturé mon bon Seigneur par tant de messes. » — « Ce crime (que les papistes aient fait du sacrement commun et de la foi commune l'œuvre particulière et le sacrifice de quelques individus), ce crime pass€ toute parole et toute idée, et on ne saurait assez le blâmer et le châtier dans tous les siècles. D'autres vices ont chacun son démon ou sa bande de démons à part, qui les pratique et les propage; mais pour la messe, je tiens pour certain qu'elle est l'œuvre collective
' Ed. Walch. ix, 624 et suiv.
' CoUoquiu, Meditationes, etc. ed, Rebenstock, ii, 469, b : Bone Deus, ila accîdit, quando verbum Dei et arliculus justificalionis araillilur.