TOUCHANT SA MISSION
En 1531, cependant, il n'accordait plus aux communautés le pouvoir de donner mission aux prédicateurs. Il prétendait, au lieu de cela, que le pasteur une fois institué par la communauté, a seul désormais le pouvoir d'y instituer des prédicateurs, ce dont la communauté tout entière ne saurait l'empêcher par aucun pouvoir ni violence. En 1532, il essaya de concilier les deux missions, celle qui émane du pasteur et celle qui est donnée par la communauté. Mais au bout de peu de temps, ce fut encore sur son doctorat qu'il s'appuya, quoique naguère il eût déclaré que c'était le caractère de la bète, et se fût réjoui d'en avoir été lavé par les censures de la cour de Rome. Il ne donnerait pas, dit-il, son doctorat pour le monde entier; il perdrait courage et désespérerait bien certainement, s'il n'avait commencé sa nouvelle doctrine dans son doctorat; hors de son doctorat, il n'a aucune mission sur laquelle il puisse se confier et se rassurer *.
En 538, nouveau changement. Son doctorat ne devait plus constituer sa mission, mais seulement un pouvoir en vertu duquel, sous la papauté, il avait droit, après d'autres ofTices, de prêcher en tout lieu où il aurait été régulièrement appelé; le doctorat seul ne suffisait pas, et il fallait en outre une mission régulière pour les fonctions de prédicateur; alors seulement que des princes et des autorités temporelles ont donné mission à un homme , celui-ci peut être tranquille et sûr dans sa conscience, et en mesure de braver le diable 2.
Enfin, il arriva à ce résultat, que la mission régulière et légitime est du ressort des évêques, successeurs des apôtres, et que cette mission subsisterait et demeurerait jusqu'à la fin du monde; et cependant, à une autre époque, il avait soutenu qu'aucun évêque au monde n'est capable de consacrer ni de donner mission de prêcher, au moment où lui, Luther,
me peux vanler d'avoir élé envoyé du ciel par Dieu, comme fonl ces gens-là qui courent d'eux-mêmes où nul ne les envoie ni ne les a|)pelle. » — Mais, dans le tours de la même année, il conseille à tous ceux a qui ont reçu la charge de prêclipr par le moyen de toutes ces masccirades papistes, » (par l'ordincition catholique) de « rejeter et de maudire du fond du cœur l'onguent dont on les a graissés et la consécration qui en a fuit des prédicateurs : car, il n'est pas nécessaire qu'en le faisant ils quittent leurs charges, quoiqu'ils y soient entrés d'une manière antichrétienne et à rehours. » (L. c. xvi, 8. — x, 182(i.)
» L. c. X, 1895. — XX, 2074, s?. — xx, 2060. — « 0pp. lat. léna, iv, 8.