DES MIRACLES QUI CONFIRMAIENT LA DOGTR. LUTHER
ne verront point de miracle de lui* ; il a même, assure-t-il, supplié formellement Dieu de ne faire aucun miracle par lui ni pour lui, de peur qu'il n'en tirât orgueil^ En 1538, il déclare que lui et ses coreligionnaires, les luthériens, n'ont plus du tout besoin de miracles, parce que, possédant l'intelligence des prophéties bibliques touchant l'Antéchrist et son règne, ils sont à môme de prédire avec certitude toute la suite de la papauté et sa chute prochaine ^ Une autre fois il assure que le plus grand miracle c'est l'absolution par la bouche de prédicateurs luthériens, par le moyen desquels Dieu enlève chaque jour sa proie à l'enfer, à la mort, au péché et à la loi\ Mais, d'un autre côté, il composa un écrit spécial pour publier l'histoire d'une religieuse qui était parvenue à s'échapper de son couvent où on avait voulu la retenir : « A cette fin, disait-il, que l'on reconnût avec crainte la parole et l'œuvre de Dieu, et que , tandis qu'il frappe avec tant de persévérance, on lui ouvre, et qu'on ne traite pas légèrement ses signes et ses miracles. » — « Nous, ajoutait-il, qui connaissons maintenant l'Évangile et savons la vérité, nous ne devons pas laisser passer inaperçus ces prodiges qui ont lieu pour confirmer, corroborer et propager l'Evangile ^ « Enfin il en appela
* L. c. VII, 1768. — 2 L. c. VI, 125.
' « AUcndu que nous avons l'intelligence de ceUe propliélic, et que les choses s'accomplissent jusqu'à ccire heure (ce qui est un signe certain de la vérilé de la doclrine), il n'est plus nécessaire de faire des prodiges, afin de conGrnier cette doclrine. » (L. c. mu., 579.) — Cependant, même en 15/i3, il soutenait encore que le don des miracles était demeuré dans l'Eglise catholique jusqu'à son temps, et il fait de violents reproches aux Juifs, pour ne pas s'être laissé conduire à la connaissance de la vérité chrétienne par le grand nombre des miracles opérés. « Ils priaient, disait-il, pour leurs ennemis, et opéraient eu même temps de nombreux et grands miracles. Cela a duré depuis le temps de Jésus- Christ jusqu'aux jours où nous vivons, et durera jusqu'à la fin du monde. » (L. c. XX, 2519.)
* L. c. VI, 295.
5 L. c. XIX, 2097. — Quatre années plus tard, en 1528, Luther donna également, comme un miracle spécial de Dieu, la fuite de la duchesse Ursule de Munslerberg du couvent de Freyberg. Il prétend qu'il eût été humainement impossible d'entreprendre et à plus forte raison d'exécuter avec succès une pareille aventure et de s'échapper d'un couvent aussi bien fermé et aussi rigoureusement gardé, d'autant que cela contrariait excessivement le diable, qui aurait certainement éventé le projet, si Jésus-Christ ne lui eût lié la langue. « En vérité, continue-t-il, notre Evangile a aussi des miracles, et bien assez, mais les impies ne les veulent point voir. — Mais nous n'avons pas entrepris ici de raconier les actes miraculeux de notre Evangile, qui un jour peut-être fourniront