PREUVE TIRÉE DE SON SUCCES
encore à la prophétie imaginaire de Jean lluss, comnrie à une preuve de sa mission divine i.
A la fin , faute de véritables miracles et de vraies prophéties, on voulut y suppléer par des phénomènes de l'ordre physique. Qu'on eût aperçu quelque part une étoile filante, que le vent ou l'orage eût en quelque lieu ravagé les moissons ou brisé les vitres, que quelque femme eût donné le jour à un enfant difforme , ou que quelque vache eût mis bas un veau monstrueux, c'étaient pour Luther et ses adhérents crédules autant de prodiges de l'Évangile remis en lumière, ou de signes de la colère de Dieu contre les papistes ^.
Dans les premiers temps, il avait coutume de citer, comme une preuve irréfragable en faveur de la vérité et de l'origine divine de sa doctrine , l'accueil favorable qu'elle avait rencontré presque partout, et la rapidité inouïe avec laquelle elle s'était propagée dans toutes les classes et dans tous les rangs de la société. Mais cette joie ne tarda pas à lui être changée en amertume , et cela de deux manières : d'abord en ce que bientôt l'état des mœurs dans les nouvelles communautés put lui permettre d'apprécier le véritable mobile qui avait tant fait goûter sa doctrine ; ensuite en ce que ses adversaires, les Zwingliens, les Anabaptistes et autres sectes eurent en proportion le même succès que lui , et que fréquemment même la doctrine des « factions, » comme il appelait les autres sectes , faisait abandonner la doctrine luthérienne à ceux qui l'avaient déjà adoptée. Lui, qui autrefois avait comblé ses compatriotes de tant d'éloges à cause de leur empressement à adopter •< l'Evangile , » il reprochait main-
aiissi malière à une assez longue ecctesiasticain liùtorlam. » — Los religieuses demeurées au couvent de Freyberg répondirent (dans leur réfutai ion de récrit de la fugitive) : « Par-dessus tout cela, Luther se targue aussi de ce puissant prodige qu'aurait opéré son Evangile, en faisant échapper la princesse de Munsterbcrg du couvent si étroitement clos de Freyberg, sans que personne le sût, malgré tant d'yeux qui la surveillaient. — Mais nous dirons que notre couvent n'est point du tout aussi fortement gardé et clos par des murailles et des verrous, qu'il plaît à Luther de l'écrire. » (Ed. Walch. xix, 2119 et suiv. — Scideviann; explications relatives à l'histoire de la Réforme, d'après des documents encore inconnus, pag. 117.)
» Ed. Walch. xvi, 2061.
• Voyez, tome i, pag. 109, 110, de quelle manière Wizel s'exprime sur ce» prétendus miracles, — Voyez aussi ; Lutheri colloquia, eic, éd. Rebenslock, I, 107.