NOUVELLE SERVITUDE
» parti qui enseigne la vérité, conformément à FÉcriture et à » la parole de Dieu, qu'on le laisse! Mais le parti qui prêche » le faux contre IT^criture et la parole de Dieu, qu'on le con- » gédiei !» Et, de peur que les autorités n'exerçassent pas ce droit avec assez de vigueur, il s'efforce de leur démontrer, par une déduction concluante, le danger qu'il y aurait pour elles-mêmes à tolérer une doctrine dissidente : les faux docteurs, les endormeurs de mulots, dit-il, qui ne peuvent prouver aucune mission, sont des émissaires du diable; mais le diable est un meurtrier : donc, par ces prédicateurs, il ne veut pour sûr que causer meurtres et rébellions 2.
Toutefois, dans certains moments du moins, Luther ne voulait accorder ce droit à l'autorité temporelle que sous la condition tacite que la doctrine de Wittenberg lui servirait de règle dans ses jugements. C'est pourquoi il disait qu'après sa mort on reconnaîtrait un hérétique à ce qu'il mépriserait l'autorité de l'école de Wittenberg ^
Au moins devrait-on croire que Luther accordait à tout chrétien qui aurait examiné, suivant ses préceptes, la doctrine de son ministre, et l'aurait trouvée condamnable, la liberté de se retirer de ces prédications qui, dans sa conviction, répandaient des erreurs dangereuses, et d'empêcher également les siens d'y assister. Bien loin de là! Luther demandait, au contraire, que l'on forçât les gens, par des mesures de police , à assister aux prêches, et qu'on les poussât de force à l'Église^.
» L. c. xin, AGI.
* « Il faut, en vérité, que le prêtre instruise le peuple conf^tamment et avec zèle, pour qu'il n'admette aucun hypocrite sournois, mais le reconnaisse avec certitude pour un émissaire du diable, et lui demande : D'où viens-tu ? Qui l'a cnvo}é? Qui l'a commandé de me prêcher? Où son! les lettres de créance et les sceaux pour prouver que tu es envoyé des hommes ? Où «•ont tes miracles, pour prouver que tu es envoyé de Dieu ? — L'autorité temporelle doit aussi avoir l'œil à cela : car, ces endormeurs de mulots étant émissaires du diable pour prêcher le poison et le mensonge, et le diable n'étant pas seulement artisan de mensonge, mais aussi de meurtre, il ne peut manquer qu'il ait Tintention, au moyen de ces émissaires, d'exciter à la rébellion et au meurtre, et de renverser ainsi à la fois, contre la volonté de Dieu, le pouvoir temporel et l'aulorilé spirituelle. » (Lettre à Kberhard von der Tann. L. c. xx, 2075 et suiv.)
* L. c. XXII, 223/|. — Il est vrai qu'il ajoutait, en manière de condition ; « Pourvu que cette école demeure telle qu'elle est maintenant. »
* Josepho Levino INletsch in Mila, J529. Nam si potestalem habemus, sub eodeni magistralu docfores contrarii non sunl toléra ndi, ut majora niala evitenius, ac Plsi non crcdunl, lanien ob Decalogum audiendum, ad publican» cout