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LUTHER ET LES OOINSÉO. MORALES DE SON SYST

avait vu naguère une preuve frappante de la vérité et de l'excellence de son système, était précisément en corrélation intime avec les effets signalés. D'ailleurs, un coup d'œil sur son propre système devait lui faire comprendre la faiblesse et la nullité de tous ces subterfuges à l'aide desquels il prétendait disculper sa doctrine, et mettre sur le compte du peuple seul cette immoralité croissante qui avait envahi la société depuis la promulgation de l'Evangile. Il devait se souvenir que la passivité de l'homme dans la conversion , ainsi que son impuissance à contribuer en quoi que ce soit à son salut, étaient nn point capital de sa doctrine. Ici, la prédication de la parole devait tout faire : l'acceptation de cette parole par la foi et son application spéciale et individuelle, faite avec confiance, devaient accomplir seules la conversion de rhom.me. Souvent Luther avait insisté avec force sur cette idée que l'homme naturel, abandonné à lui-même, ne peut que regarder « l'Evangile » comme une folie, et que la raison humaine doit nécessairement répudier cette doctrine. Mais cette opposition, prédite à l'avance, donnait un caractère d'autant plus merveilleux à l'approbation enthousiaste que la doctrine reçut de toutes les classes et de toutes les conditions, et la preuve que le Réformateur prétendait tirer de cet accueil en faveur de son système, semblait doublement convaincante en raison de cette résistance inévitable, fondée sur la nature hun^aine. En même temps il avait fait valoir, comme le grand avantage de sa théologie, qu'elle donne tout à Dieu et à Jésus-Christ; qu'elle n'attribue à l'homme ni ne fait dépendre de ses actions rien de ce qui concerne la justification et le salut ; que la seule foi , opérée dans l'homme par l'action de Dieu, fait tout; que l'arbre ne produit de bonnes a^.uvres que quand il est devenu bon et agréable à Dieu par la foi , et qu'il les produit alors comme ses fruits naturels. Or, voilà qu'un succès inouï couronne cette doctrine; voilà que des milliers de gens de tout rang, des villes et des provinces entières la reçoivent avec joie, et l'appellent avec l'avide impatience du zèle le plus ardent; voilà que chaque jour elle retentit du haut de ses innombrables chaires, et que chaque jour la faible troupe de ses contradicteurs semble se réduire; mais voilà aussi qu'à mesure que la foule accourt se ranger

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