TEXTES BIBL. SOURCE DE SES SOLFFHA.RCES
corps de l'Eglise, comme un cadavre, sous les pierres dont il l'aurait lapidée ^,
Les textes bibliques qui contredisaient son système suscitaient également dans son cœur de pénibles combats; et, la lutte finie, il voulait toujours que ce fût Satan qui, s'armant de ces passages, le mettait au pied du mur. « Je sup- » pose, écrivait-il à Hausmann, que ce n'est pas un démon » ordinaire, mais le prince de l'enfer qui lui-même s'est levé » contre moi, tant sa force est grande, tant il est bien armé » de l'Ecriture, que, si je n'avais recours à des paroles étran- » gères, ma connaissance de l'Ecriture n'y saurait suffire ^. » Un passage, entre autres, I Timothée, ch. v, f, 12, donnait lieu à une de ces tentations prétendues diaboliques. Saint Paul y parle de jeunes veuves qui, « ayant violé leur première foi, » c'est-à-dire voulant se remarier contre l'engagement qu'elles avaient pris de se consacrer à Jésus-Christ dans le chaste état de veuve, s'engagent dans la damnation. Dès 1521, Luther sentait déjà que ces paroles impliquaient une flagrante contradiction de la doctrine par laquelle il enseignait que les vœux religieux n'obligent point et doivent être proscrits, et de toute sa théorie sur la liberté évangélique. Néanmoins, il écrivait à Mélanchthon 3 qu'il ne vou-
' CcUe dextérité à manier l'injure et l'invective, il l'appelait, non sans un certain orgueil, sa rhétorique. Ainsi, en 1530, pendant la diète d'Augsbourfr, il écrivait à Spalalin : Nœ ego tune pulchre eos (les théologiens catholiques) Iractavero, declarans Rhetorica mea, quod sint^ausi conlra E\ange|ium a vobis poslulare quoedam isti tanti fidei Evangelii propugnatores. (Chytraîi hist. August. confess. Francof. a. M. 1578, p. 296). Ce fut le même jour où il écrivit à ses collègues d'Augsbourg, relativement aux concessions qu'ils y avaient faites aux callioliques, ou qu'ils leur feraient encore : Si vim evaserimus, pace oblenfa, dolos, mendacia ac lapsus nostros facile emendabimus, quando régnât super nos misericordia ejus (L. c. p. 295). « Ce sera, b dit-il encore plus tard, « mon honneur et ma gloire, et je désire toujours entendre dire, car cela aïo plaît, que je suis pkiu de paroles injurieuses, d'invectives et de malédictions contre les papistes. — Aussi continuerai-je, jusqu'au tombeau, à charger d'injures et de malédictions ces scélérats, et ils n'entendront plus jamais de moi u!ie bonne parole. Je veux ainsi, avec mes foudres et mes tonnerres, sonner leur i-nlerrement. Car je ne puis prier, que je ne maudisse en même temps. Quand jo dis : Que Ion nom soit sanctifié, je ne puis m'empècher de dire du môme coup : maudit, dannié, honni soit le nom de tous les papistes, etc.; vraiment, voilà comme je prie tous les jours, de cœur et de bouche, et sans relàrhe (Ed. Walch. XVI, 2085).
« De Welle, m, 222. — » Epp. éd. Aurifaber, i, 35 'i.