TOUCHANT LES ATTAQL'ES DE SATAN
» phème contre Dieu ; » de même à Justus Menius : « Je * n'étais pas seulement malade de corps, mais bien plus en- )) core d'esprit, tant je suis torturé par Satan et ses suppôts ; » et notre divin Rédempteur permet cela 1 1 » — « Beaucoup de » gens, disait-il alors à Bugenhagen, à qui il se confessait , )) s'imaginent, à me voir parfois montrer extérieurement un » semblant de joie, que je ne marche que sur des roses ; » mais Dieu sait ce qu'il en est. Souvent je me suis proposé, » pour plaire au monde, de paraître un peu grave et plus » saint (je ne sais comment appeler cela); mais il ne m'a » pas été donné d'agir ainsi *. » Après cela, il se consolait en pensant qu'il souffrait ses maux pour tous les fidèles, attendu que, eût-il même mérité toutes sortes de malheurs à cause de ses péchés, Satan cependant voulait l'anéantir à cause de sa doctrine, et sa doctrine avec lui. Les plaintes dont ses lettres sont pleines montrent encore que dans ces angoisses il doutait aussi de la vérité des preuves bibliques sur lesquelles il avait appuyé sa doctrine. Il est étonnant, dit-il, de voir comment Satan prend la figure de Jésus-Christ lui-même, sans parler de son déguisement en ange de lumière; en tout cas, il faut que ce soit le prince des démons en personne qui est venu l'assaillir ; sa connaissance de l'Ecriture ne suffît pas contre Satan. Cet état d'ailleurs n'était point passager, car le 8 octobre il durait déjà depuis trois mois, ce qui fait qu'il avait peu écrit pendant tout ce temps. Quelques jours après, et pendant plus longtemps encore, ses plaintes recommencèrent touchant les tentations, la mélancolie et le découragement qui le tourmentaient constamment, comme un homme frappé de Dieu, et il souhaitait qu'Erasme et les sacramentaires eussent à soufTrir, un quart d'heure seulement, les misères de son ame. Le 29 décembre, Satan l'entraîne encore dans l'abîme avec de j.ijissantes cordes 5 le l""" janvier 1528, il avoue que lui, qui a conduit les autres à la connaissance du salut, il ne peut se sauver lui-même. Jusqu'au 25 février, son démon était devenu un peu plus tolérable. Le 12 février 1529 il est encore retombé'- aux mains du diable; » il veut qu'Amsdorf prie Dieu
• De WcUe, m, 189, 190. — ' Keil, vie de Lulher, ii, 189.
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de l'en retirer ; il ne peut guère écrire, et il lui faut chercher la société, parce que la solitude lui est fatale. Si c'est, dit-il, un don apostolique de lutter avec Satan, il est certainement un Pierre ou un Paul; quoique ses autres dons ne soient point assurément apostoliques, mais de la nature de ceux qu'on rencontre chez les brigands, les publicains, les prostituées et les pécheurs *.
Le 2 août, il recommença ses plaintes ; à Marbourg et pendant son retour, le mauvais ange le tourmente tellement qu'il désespère déjà de' la vie 2. L'année suivante ( 1530), Satan revint encore le trouver au château de (^obourg, et « lui donna de temps à autre un tel bonjour, qu'il eût préféré encore le supporter des nuits entières. » Le conseil qu'il donna à d'autres personnes tourmentées également par leur conscience , après l'avoir expérimenté sur lui-même, était «« de boire, de jouer, de rire en cet état d'autant plus fort, et môme de commettre quelque péché, en guise de défi et de mépris pour Satan ; de chercher à chasser les pensées suggérées par le diable à l'aide d'autres idées, comme par exemple, en pensant à une jolie fille, à l'avarice ou à l'ivrognerie, ou bien en se mettant dans une violente colère*.
En 1533 , dans un écrit sur la messe privée (Winkelmesse)^ il rapporte une lutte qu'il a soutenue pendant la nuit contre Satan, et soutient que les principaux arguments qu'il fait valoir dans cet écrit et ailleurs contre la tnesse, lui ont été d'abord produits par Satan pour le pousser au désespoir, lui qui pendant si longtemps avait dit la messe. Il écrivait à son ami Hausmann que, si quelqu'un voulait lui demander
1 De Wttle; m, 194,222-225, 210, etc., 249, 426, 443.
3 L. c. png. 491-520.
* L. c. IV, 111. — Est nonnnnquam largius bibendnm, ludenduni, niigandum atque adco peccatiini aliquod fuciendum in odium et conttniptum diaboli, ne quid loci relinquamus illi, ut coiiscicnliam nohis faciat de rébus levissiinis, alioqui vincimur, si nimis anxie curaverimus, ne quid peccemus. Proinde si quando dixerit diabûlus, noli bibere, lu sic fac illi respondeas : Atqui ob cani causam maxime bibam, quod lu proisibes, alque adeo largius in nomine Clirisli bibam. Sic semper contraria facionda snnl eornm quae Satan velat.' — Qnisqnis salanicas illas cogilaliones aliis cogilationibns, ut de puella pulchra, avarilia, ebrielale, etc. peilere polest, aut vehementi aliquo irae affeclu, buic sua dco; quamvis hoc summum est remcdium, in Jesum Christum credere illumqnc invocaie. — De Welle, iv, 188.— Colloquia, Medilaliones, etc. ed, Rebenstock, ir, 225, b.