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LE TON DE SES ÉCRITS APPRECIE PAR LES PROT

malheureusement évident et incontestable que personne n'écrivît jamais, touchant des questions de foi et des choses graves et importantes, d'une manière plus grossière, plus brutale, plus contraire à la décence, à la modestie et à Ihonnételé chrétiennes, que Luther. Tout le monde connaît l'écrit de Luther contre le roi Henri d'Angleterre, puis encore contre un autre Henri, puis le livre contre les Juifs ; on connaît de môme le sale et fangeux Schemhamphorasch de Luther qui, s'il était écrit par quelque gardeur de cochons, au lieu de l'être par un pasteur d'âmes, trouverait au moins quelque excuse dans la qualité de son auteur ^ »

Dans une lettre à Bucer, du 8 décembre 1543, Bullinger s'était exprimé encore plus ouvertement.

« La plupart des gens adorent l'éloquence cynique, ordurière et obscène de Luther. Il continue donc et s'efforce de se surpasser soi-même dans l'art des invectives. Les écrits contre les Juifs contiennent, il est vrai, certaines choses utiles pour la défense du Christianisme ; mais il a profané et défiguré cette riche et belle matière par ses ignobles et basses bouffonneries qui ne messièyent à personne autant qu'à un vieux théologien. Et en admettant même que dans un pareil livre on puisse pardonner quelques sottises en faveur des bonnes choses qu'il contient, personne, au moins, ne saurait approuver ni tolérer le Schemhamphorasch, cette sale et dégoûtante production ! Si l'illustre Reuchlin ressuscitait aujourd'hui, il dirait que dans Luther se sont réveillés les Dunger, les Hogstraten, les Pfefferkorn, à voir avec quelle haine furieuse il déchire les commentateurs hébreux. Encore pourraiton lui passer cette haine brutale, si du moins il laissait intacte l'antique autorité de la sainte Ecriture. — Voilà où en est venu l'esprit orgueilleux de cet homme, pendant que tous les prédicateurs et gens d'église adorent, comme oracles, tous ses écrits indistinctement, et qu'on vante son génie comme un génie apostolique, dans l'abondance duquel tous ont puisé. Ce qui s'est passé jusqu'à ce jour doit vraiment faire craindre que cet homme n'attire encore de grands malheurs sur l'Eglise '. »

Dans ses dernières années, Luther eût pu réellement, par sa conduite, faire croire qu'il ne connaissait que deux clas-

1 Confession véridique des serviteurs de TÉglise de Zurich, elc. Zurich, 1545, f. 131, 132, 9,10.

ï Adorant pUrîque hominis caninam illam obscœnam facuncliam, etc. — Cette lettre a tHé imprimée dans la « Vie de BuUingcr, t par Iless. i, /jO/j, etc.

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