‹ La réformeChapitre 162 sur 270 · ET DU ROI HE^RI \^I · texte numérisé non relu

ET DU ROI HE^RI \^I

duc n'était pas seulement possédé du diable spirituellement, mais aussi corporellement ; que l'imminence de sa perte le rendait tellement furieux et insensé qu'il n'y avait plus de repentir à en espérer, et qu'on ne devait plus prier pour lui, mais contre lui *. — Mais ce moyen ( àQ prier à mort) ne devait pas seulement être tenté contre le duc George, qui était catholique, mais aussi contre le duc Maurice de Saxe, qui était protestant, l'attitude de celui-ci, vis-à-vis de la ligue de Smalkalde, ayant déplu à Luther. « Je suis, dit-il, un prophète ; il faut que le duc Maurice périsse ; il faut que le duc Henri suive le duc George, pour que le pays revienne à nos princes. Cette année il faut que nous priions à mort le duc Maurice , que nous le tuions de nos prières ; car il deviendra un méchant homme 2. »

La mort même des deux princes Albert de Mayence et George de Saxe ne put adoucir le ressentiment ni modérer le langage de Luther. Lui, qui en 1533 avait déclaré que « médire des morts, surtout en les nommant , est un vice abominable, dont même les païens eussent rougi j que les goules et les âmes corrompues peuvent seules satisfaire leur haine sur les morts eux-mêmes s, » il ne craignit pas d'affirmer publiquement « que l'électeur était mort dans rimpénitence et le péché, et devait être damné dans l'éternité ; qu'il eût aimé à voir le cardinal de Mayence sauvé ; mais qu'il n'avait pu s'en faire écouter, et que, par conséquent, il était allé où Dieu puisse préserver tous les hommes d'aller *. » — « Ce cardinal maudit, disait-il dans un sermon à Halle, a séduit beaucoup d'âmes, et on le lui apprend maintenant en enfer ; il savait très-bien ce qu'il en était, mais il ne s'appliquait qu'à tromper et à égarer les gens, ce que le diable lui paie à cette heure dans l'enfer ^ » —

in quo respondit ad Ducis Georgii Apologiam. Quid dicam ? Neque milior est liic, quam alibi, et nieo judicio in scriplo non satis est gravitatis. Poterat tola tausa civilius defendi. Vakîe igitiir pcrUirbali sumus nos omnes, quolqiiol legimus. — Taies libii amantur, babentur in mauibus, legunlur, et praedicantur a slullis. (G. R. i, 4023.)

* Ed. Walch. xix, 2277.

- Noté par un de ses commensaux ; Cod. Manh. 355. Coll. Camerar, r (Nfscr. Bibl. ^louac.) f. 1^8, a.

8 Ed. Walch. xix, 2330. — * L. c, xvii, 175/i, 176G, — 5^,0. m, 1510, etc. HI. 17

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