‹ La réformeChapitre 166 sur 270 · LUTHER A LA FIN DE SA VIE · texte numérisé non relu

LUTHER A LA FIN DE SA VIE

trop pâle ; il n'est pas, dit-il, capable d'écrire quelque chose qui réponde réellement à l'excès de sa colère contre le pape. Ensuite il témoigne so'n mécontentement à propos d'une caricature ordurière sur le pape, dont l'auteur, son ami Lucas Kranach, aurait dû, dit-il, peindre des figures plus dignes du pape, c'est-à-dire plus sataniques '. Pour ne rien négliger, il s'applique à répandre la fable de l'humiliation infligée, dans Venise, à l'empereur Frédéric par le pape Alexandre, et orne l'écrit qui la rapporte d'une préface 2, où il assure d'abord qu'il aime l'empereur Frédéric de tout son cœur; puis il continue : « Et il faudrait voir un homme si précieux foulé aux » pieds par cette sale panse, par cette bedaine pourrie, par » ce vilain garnement et ce misérable faquin d'Alexandre III, >» qui n'est pas digne seulement de lui délier les cordons de » ses souliers! * — Dans une autre préface qu'il fit à cette époque pour le Commentaire de Guy Dietrich sur Osée, il blâmait ceux qui disaient qu'il fallait se modérer dans la prédication (contre les papistes).

Son vieil ami Agricola étant venu à Wittenberg tout exprès pour l'amour de lui, il le renvoie avec une rancune irréconciliable, et refuse même de le voir. Le 17 janvier 1546, il se contente encore du salut exprimé par le Psaume : « Heureux celui qui ne s'assied pas au conseil des sacramentaires, qui ne marche point dans le sentier des Zwingliens, et n'est point assis dans la chaire de ceux de Zurich. » Le 16 février, il maudit les juristes comme des sycophantes, des sophistes * et une plaie du genre humain. Enfin, quand déjà ses membres se roidissaient sous les étreintes de la mort, quelles sont les dernières paroles, le dernier avertissement qu'il laisse à ceux qui l'entouraient? « Priez, leur dit-il, pour notre Seigneur Dieu et son Evangile, pour qu ils soient sauvés ; car le Concile de Trente et ce misérable pape ont contre lui une grande colère *. >♦

Ce fut ainsi qu'il mourut.

« L. c. pag. 753, V/iS, '^h'>.

' Le litif (le cette œuvre est : « Bonne foi du Pope, d'Adrien IV et d'Alexandre III envers rempcienr Frédéric Btirb- rous-^e. » 3 De Wcltc, V, 778, 78:», — Keil, Vie de Luther, m, 1^67.

Page 1