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III

34 l'opposition entre la loi et l'évangile,

tant, suivant lui, c'était la doctrine la plus importante de toute la religion chrétienne : car, si on ne l'admet pas, et surtout si l'on n'est pas convaincu que l'Évangile, dans sa véritable signification, n'est que la nouvelle de la rémission des péchés et de la justice de Jésus-Christ imputée auK hommes, tout ce que l'Évangile dit n'est plus qu'un code effrayant. Or, la loi, dit Luther, ne peut que faire naître chez l'homme la haine et la colère contre Dieu, le législateur *.

L'ouvrage classique de Luther, celui où il développa cette doctrine avec le plus de détail, et démontra son intime relation avec les autres éléments de son système, est le grand Commentaire su?' VEpUre aux Galates. Ce Commentaire parut à l'époque où l'esprit de l'auteur, arrivé à son entière maturité et à la plénitude de ses facultés, avait complètement déveveloppé et nettement conçu ses nouvelles doctrines (1535). N'ayant aucun adversaire particulier à combattre individuellement, le Commentaire sur l'Épître aux Galates ne roule pas ces flots bourbeux d'invectives et d'injurieuses personnalités dont la plupart des autres écrits du réformateur sont inondés. Ce fut peut-être, entre tous les écrits dogmatiques de l'époque de la Réforme, celui qu'on lut, qu'on dévora avec le plus d'avidité, et qui produisit le plus puissant effet ^.

^ Lulheri Comm. in Galat. Francof. 1543, f. 2G7, b. 268 ; De hoc Legis el Evangelii discrimine iiihil legitur in libris Monacliorum, Canonislarum, Scolasticorum, inio nequidem velerum Palrum; Augiislinus aliqiia ex parle illud discrinien tenait acindicavit. Hieronymus et alii ignorarunt. Summa mirumde illo fuit nniitis seeculis sileutium in omnibus scolis et lemplis, eaque ns adduxil conscieiilias in maximum discrimcn. — Revelato peccato et morte vellet Deum non esse (bomo). ItaqueLex sunmium odium Dei afferl.

* Le premier Commentaire sur TEpitre aux Galates, qui parut dès 1519, fut, après révision, réimprimé trois fois en 1523, une fois en 1524 et de même en 1525. Quant au grand Commentaire, il y en eut, de ^535 à 1546, par les soins ùeJustus Menius^ six éditions au moins, tant latines qu'allemandes, auxquelles il faut ajouter des traductions en français, en anglais, etc. Luther lui-même dit : Epistola ad Galatas est mea epùtola^ cui me despondi ; est mea Catharina de Bora, Le jugement que Menius porta sur le Commentaire, était alors celui de l'opinion publique en général : « Dans ce beau iivre, dit-il, sont traités presque tous les articles principaux de la doctrine chrétienne, surtout celui de la justification, à savoir qu'on est justifié par la foi seule, sans l'œuvre de la Loi ; Luther a établi cet article avec tant de force et d'abondante consolation , il a, en même temps, réfuté si victorieusement, par la parole de Dieu, les erreurs les plus graves et les plus impies des sophistes et des moines papistes, que dans le cœur et la conscience de tous les gens pieux, les mensonges et les blasphèmes abominables contre la vérité divine et éternelle doivent certainement se dissoudre et

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