EXPÉRIENCES DE MELANCHTHON
X) vouloir de Dieu , mais notre régénération au-dedans de » nous*. »
Dans les dissertations que Mélanchthon écrivit en conséquence des ouvertures faites du côté de la France en 1534, et où il voulait présenter les questions litigieuses sous la forme la plus conciliante et la plus modérée*, il disait que le rapprochement ne serait pas difficile à opérer, si l'on voulait seulement déclarer que la seule chose qui sauve, c'est de s'approprier la miséricorde divine à cause de Jésus-Christ, ce qui a lieu par la foi, c'est-à-dire par la confiance. Cette formule dut paraître aux deux partis soit inexacte, soit vague et insuffisante*.
En 1535 parut aussi son Manuel de théologie, les Lociy remanié et mitigé, à ce qu'il croyait, sur plusieurs points. Pendant quelque temps il s'imagina en effet avoir si bien coordonné et exposé dans cet écrit les principaux points de la doctrine de la justification, que son œuvre devait faire aussi bien la joie et la consolation des Luthériens que la désolation de ses adversaires. Il se félicita, dans une lettre, d'avoir si rudement attaqué les théologiens catholiques. Mais les tristes expériences qui lui arrivèrent de tous côtés touchant la manière dont la multitude concevait le système protestant, touchant l'enseignement des prédicateurs et l'état des nouvelles communautés, le ramenaient toujours au dogme lui-même, qui devait pourtant receler quelque vice, et troublaient sa joie et sa confiance dans les assertions de cetix qui se disaient efficacement consolés et rassurés par sa doctrine. Déjà, dans XEpitome renovatœ Ecclesiœ doctrinœ^ qu'il dédia en 1524 au landgrave de Hesse, il exprimait son chagrin à propos de la grande multitude de ceux qui prenaient parti pour Luther uniquement par lassitude des anciennes mœurs et coutumes et pour être libres ; de ceux qui espéraient, à l'aide de la nouvelle doctrine, mieux attirer le peuple et rendre leur position plus lucrative; de la foule de ceux qui se tiennent pour modèles de piété dès qu'ils ont vigoureusement déblatéré contre
1 Corp. Réf. n, 723 {à Camerarius).
' Misi in Galiiam, rogatus a fralre episcopi Parisiensis de praecipiiis conlroversiis, — quandam ir.iv.v.i^Wi — dit-il (Corp, Réf. ii, 785 : à Cavierarius). » Corp. Kef. ii, 750.