‹ La réformeChapitre 179 sur 270 · PAU LUTHER · texte numérisé non relu

PAU LUTHER

drait dans le sens de la Confession d'Augsbourg et de l'Apologie ; car, écrivait Cruciger à Bugenhagen, il y était resté des termes dont les adversaires de la doctrine protestante pourraient se servir plus tard dans un sens hostile ; d'ailleurs, disait-il, les théologiens évangéliques n'avaient eu en vue que de patienter, dans l'espoir que le parti contraire adopterait leur doctrine dans les autres articles , et qu'alors on compléterait ou corrigerait ce que celui-ci présentait de défectueux K Luther et l'Electeur de Saxe consentaient encore bien moins à approuver cette Formule, quoique le chancelier Burkard, dans une lettre à Brûck, eût exprimé son étonnement de ce que les catholiques eussent cédé cette fois des choses dont ils n'avaient jamais voulu se départir jusque là, Luther ne voyait dans les débats de la Diète que l'activité de Satan, qui « s'y est montré si venimeux et si méchant, que » jamais, depuis le commencement de notre Evangile, il n'a » été dirigé contre nous de livre plus pernicieux ( que l'écrit de Batisbonne)^. « Quant à cette expression de « justification par la foi vivante et efficace, » il la qualifiait de « misérable notule rapiécée. ^ Les adversaires, disait-il, ne veulent que retenir et insinuer clandestinement par la Formule leur superstition, comme quoi la foi justifierait par la charité, et on ne peut se fier aux théologiens catholiques et accepter l'article, que s'ils rétractent publiquement et expressément toute la doctrine qu'ils ont enseignée jusqu'à ce jour. Mélanchthon, de son côté, répondit alors à Luther que le terme de « foi efficace » lui avait déplu dans cet assemblage; quant à rélecteur de Saxe, l'improbation de Luther et la remarque qu'on se servait dans la Formule de termes dont les réformateurs n'avaient pas coutume de faire usage, furent des motifs suffisants pour le déterminer à refuser son assentiment.

* Corp Réf. iv, 368, 299, 305.

2 Corp. Réf. iv, 257. — De Wctte, v, 388. — La mauvaise humeur de Luther tomba parliculièremenl sur Bucer qu'il taxa, pour avoir approuvé l'écrit, d'hypocrile confondu actuellement par Dieu (De Welte, v, 38;J). Plus lard, à l'occasion de la discussion à laquelle donna lieu la bigamie du landgrave, il dit : liucerus j)cr sese talis fau ex actis Ratisbonemibus (L. c. 42G). — Une autre fois il dit à ses amis : In illo concilio, quo papalum perdere volebant, promove- Lant papatum. Bucerus magnum scandalum permovit suis scriplis iu Italia et Gallia (CoJ. luliu. Îi37, f. 84),

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