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ATTITUDE DÉTERMINÉE DES THÉOL. CATHOLIQUES

une foi agissante ou elïïcace dans la charité [efficacem fidem ^ id est operandam Jidem)^ mais cette confiance qui s'approprie la miséricorde divine, par conséquent, cette fiduciam qui consiste dans la certitude de la rémission personnelle des péchés et de l'état de grâce particulier *. Brenz ne put dissimuler son étonnement alors que, lui opposant une proposirion qu'il croyait des longtemps abandonnée, on soutint que les œuvres qui précèdent la justification sont une préparation à cette dernière. Lui et ses collègues s'étaient fiattés qu'en présence de la pppularité générale dont jouissait la doctrine protestante de la justification, ainsi que des concessions accordées par Gropper et Pflug, les théologiens catholiques n'oseraient même plus mettre en avant les principes fondamentaux de la doctrine de l'ancienne Eglise, et que tout au plus ils disputeraient sur quelques points accessoires. Cette attente fut totalement déçue : les théologiens catholiques, en particulier Malvenda, attaquèrent de suite avec résolution le nouveau système dans toute son étendue et son ensemble, et firent voir qu'ils n'étaient aucunement disposes à céder un pouce de terrain, mais qu'ils maintiendraient dans leur intégrité les principes de l'ancienne doctrine. Aussi, quoique Bucer eût relâché quelque chose de la rigidité des principes protestants, en convenant, par exeml)le, que les bonnes œuvres sont certainement nécessaires au salut, on n'en fut pas plus près de s'entendre. Si donc ces conférences eurent un résultat, ce fut que la doctrine de la conversion, de la justification, de la foi et des œuvres y fut traitée et débattue, de part et d'autre, dans une suite de séances qui se prolongea du 27 janvier jusqu'aux premiers jours de mars, avec plus d'étendue, de précision dogmatique et de netteté que dans aucun colloque antérieur; de sorte que, à défaut de conciliation ou de rapprochement, on arriva du moins à une conception claire et précise de l'un et de l'autre dogme. On put se convaincre enfin qu'il ne s'agissait nullement, comme on le prélendit encore lors du Colloque de 1541, de querelles de mots et de quelques malentendus

* Buceri dlsput. Ratisb. p. 50-51. — Évidemment Lulhor lui-mênie n'avait pji5 entendu ainsi le mol ejficax, comme le prouve le jngomr'nt par lequel il condamne cette expression.

BUCER : LA roi MÊME EXCLUE DE LA JUSTIFICAT. 313

faciles à expliquer, mais que c'étaient bien deux manières essentiellement et diamétralement opposées de concevoir le point capital du christianisme et le principe de tout sentiment religieux, qui se trouvaient en présence.

Jusqu'alors les catholiques n'avaient pu conceroir que la foi, qui pourtant est elle-même une bonne œuvre, dût seule être cfllcace dans la conversion et la justification de Ihomme et directement opposée à la charité, celle-ci devant être exclue de toute participation à la justification. Mais Bucer expliqua mieux cette fois le système protestant, en alléguant que la foi aussi, comme œuvre, était précisément comprise par saint Paul au nombre des œuvres exclues de la justification. En effet, Malvenda ayant fait observer que saint Paul avait à la vérité exclu de la justiOcation les œuvres de la loi ( mais non celles de la foi ), Bucer répliqua que toutes les œuvres commandées en général par la loi et voulues de Dieu sont œuvres de la loi, partant, la foi et la charité comme le reste ; que, par conséquent, la foi elle-même est exclue de la justitication i. Ainsi, en développant cette assertion que rhomme n'est justifié que par la foi, on en était arrivé à cette conséquence que la foi même n'a , à proprement parler, rien de commun avec la justification de l'homme , et que celui-ci n'est justifié, c'est-à-dire déclaré juste, innocent et héritier du salut, que par fobéissance de Jésus -Christ, accomplie pour lui et qui lui est imputée; la foi ne serait plus que l'instrument qui approprie, la main du mendiant qui s'ouvre pour recevoir l'aumône offerte. Ainsi s'expliquait également que Dieu n'impute pas à justice à I homme la foi elle-même, mais qu'il n'y a d'autre justice va'ahie devant lui que ce que l'homme s'applique par la foi, ce qu'il s'approprie et présente à Dieu comme étant sa propre œuvre, à savoir l'entière et parfaite justice de Jésus- Christ '. Ainsi encore, on répondait du même coup à cette obj.'ction de Malvenda que , si la foi justifie parce que c'est par elle que l'homme s'applique les mérites de Jésus- Christ, à plus forte raison doit-on être justifié par l'espérance et ia charité, par lesquelles fhomme s'attache et s'unit de

* Buccri Acta Ratisbon. 5. 1. 154S, p. 132. — » Buceri Acla, p. 71.

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