‹ La réformeChapitre 183 sur 270 · DISP. SUR LA CERTITUDE · texte numérisé non relu

DISP. SUR LA CERTITUDE

préférence à Jésus-Christ i. Quant à la doctrine de la double justice de l'homme, imputée et inhérente, l'une parfaite, accomplie par Jésus-Christ et imputée au fidèle comme sienne, l'autre intérieure , dépendante et née de la première ( ou plutôt du sentiment de la première ) , cette doctrine que Gropper et Contarini avaient déjà trouvée si plausible, Bucer la développa cette fois avec le plus grand soin et une certaine sagacité. Devant Dieu, disait-il, la justice imputée doit seule compter ; sur elle seule, sur la conscience de sa possession, l'homme s'appuiera et fondera sa confiance ; l'autre n'est qu'une justice naissante, une justice qui commence. Plusieurs fois cependant, pressé par les objections de ses adversaires, il s'exprima de manière à faire entendre que la justice inhérente serait également une justice réelle , comptant comme telle devant Dieu, mais qui, étant encore défectueuse et imparfaite, aurait besoin de la justice parfaite de Jésus-Christ comme complément ^.

Au lieu que les théologiens regardaient comme point décisif la question de savoir si la justice intérieure de l'homme, formée par la foi, l'espérance et la charité, est une justice qui compte réellement devant Dieu, Bucer voulait ramener toute la querelle à ces trois questions : Valeur des œuvres antérieures à la justification ; mérite des œuvres faites par l'homme justifié; certitude du salut. Les deux partis étaient d'accord sur ce point que l'homme est justifié par Dieu gratuitement, par pure grâce; mais dès qu'on arrivait aux développements de ce principe, la divergence se manifestait. Les théologiens protestants l'entendaient ainsi : Dieu, pour déclarer l'homme juste, ne regarde rien dans l'homme, si ce n'est uniquement la parfaite justice de Jésus-Christ, que l'homme s'impute comme sienne. Les théologiens catholiques, au contraire, l'expliquaient comme il suit : L'homme doit, à la vérité, se préparer, se disposer pour l'acte de la justification ;

» Actonim Colloq. Ratisbon, vcriss. narrai. Inçolst. 4546, f. 32.

2 Billi/c ayant dit : Quod auteni subditur, liane (inchoatam justiliam) non es-^e eam, qua justi sumus, plane non agnoscimiis, il répondit : Hoc quis ila Bimpliciler dixil? Etiam inchoata juslilia justi sumus, scilicet inchonle, non perfccie. Non, ut adiré possemus hœreditalera vilœ aeternaî, nisi succurrul perfecta juslilia Chrisli. (Buceri Acta, p. 438.)

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