‹ La réformeChapitre 184 sur 270 · DE LA JUSTIFICATION PERSONI^ELLE · texte numérisé non relu

DE LA JUSTIFICATION PERSONI^ELLE

mais rien, dans les actes et les états opérés auparavant avec le secours de la grâce divine, ne peut mériter cette grâce, par laquelle lui est accordée la rémission des péchés et implanté un principe de justice intérieure *. Bucer, de son côté, soutenait que le mot (jratuilement ^ qui exclut de la justification le mérite, exclut également toute préparation à cet acte 2.

Mais un point où les principes et les allégations des deux partis se montraient surtout absolus et inconciliables, c'était celui de la certitude que chacun doit avoir tout d'abord touchant son état personnel de grâce et de justice. Voici comment s^expliquaient les théologiens catholiques : Ils ne pouvaient admettre comme certitude de la foi cette présomption , cette probabilité que l'individu peut concevoir touchant la justice et le pardon des péchés à lui accordés; ils distinguaient, au contraire, entre la certitude absolue de la foi et une certitude d'espérance, conditionnelle de sa nature ; non qu'ils crussent permis de concevoir jamais le moindre doute sur la véracité des promesses de Dieu luimême, dans lesquelles, bien loin de là, on doit avoir la plus ferme confiance , mais parce que chacun, en ce qui concerne l'application individuelle de ces promesses à sa personne, ne peut avoir qu'une certitude fondée sur sa propre disposition, sur la sincérité et la persévérance de son repentir et de sa résignation à la volonté divine, une certitude dont cette connaissance de soi est une condition. Malvenda fit observer qu'on pouvait très-bien avoir une ferme foi sans avoir une vraie repentance, et que tel homme, qui croit fermement que ses péchés lui sont pardonnes, n'a pas pour cela sur-le-champ le vrai repentir qui compte devant Dieu. Les théologiens protestants déclarèrent,'comme avaient toujours fait Luther et Mélanchthon, que c'était vouloir maintenir l'homme dans un état perpétuel de doute touchant la justification. « On ne veut pas, dit Major à ce sujet, que tu » saches si Dieu te fait grâce ou non ; c'est-à-dire, on veut » que, dans ce doute, tu ailles droit au diable et au gouffre

- s omnino nullis (merilis), crgo nulîa opéra prapcedeDlia ad justificalionera prapparanl. 1. c. p 128.

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