LE COLLOQUE DE RATISBOJNNE
» de l'enfer, en compagnie du Pape et de tous les siens. Cette » doctrine du Pape, qu'on doit douter de la rémission des » péchés, n'est pas du Pape, mais du diable en personne, et >• tout droit contraire à toutes les Écritures et aux promesses » de Dieu, et l'on pourrait en écrire long là-dessus. N'y eût- M il dans la papauté d'autre abomination, d'autre erreur que » celle-là seule, c'en serait pourtant assez pour que chacun » eût à fuir la papauté et à s'en garer comme du diable lui- » môme. — Eh ! que Dieu te punisse, blasphémateur I Veux- » tu que je ne croie pas* Dieu, qui me jure sa promesse, qui » est la vérité même et ne trompe personne ? Qui donc alors » croirai-je? Ah! oui; toi, peut-être, et ton père qui fut » de tout temps et qui sera toujours un père de mensonge » et un meurtrier *. » Bucer soutint que la certitude personnelle de la rémission des péchés et de l'état de grâce est dans chaque homme la mesure de l'amour de Dieu et du prochain, voire môme la première condition sans laquelle il ne peut môme y avoir commencement de charité j plus un homme croit avec certitude au fait de son propre salut, plus son amour envers Dieu et Jésus-Christ et sa haine contre le péché deviendront intenses 2. On posa, comme doctrine générale des protestants, que celui -là n'est pas chrétien qui ne croit pas avec une égale certitude que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, et que lui-même est actuellement en possession de la grâce et assuré du salut futur ^ Par forp^e d'explication, on ajoutait que cette certitude est déjà comprise dans la foi de l'homme opérée par Dieu ; que quiconque croit, porte aussi en soi, par cela même, le sentiment et la conscience certaine et infaillible de son état de grâce.
Les princes prolestants n'attendaient qu'une occasion de rompre le Colloque. Elle leur fut offerte par une décision de l'Empereur, qui nommait l'évêque Jules Ptlug président de la
» Major, Relation du Colloque de Ratisbonne. Wittenberg, 1546. E. 4 ; î".
* Buceri Acta, p. 493.
• Nostra vero es!: cotifessio, christianura homisiem non esse, qui non eadem Cdei certitudine credat, et Dominum Jesum esse Filium Dei, et se per euui esse percepturum vilam œleiiiam, et se nunquam in hac vita satis credere, sperare et amare. Puis encore : Vera ha^c ognoscimus, tara esse certo crede.idum nos per Chrislura liubilurcs vilam slernara, quavn esse Christum et Deum. (L. c. p. 463-495.)