‹ La réformeChapitre 187 sur 270 · SELO^^ LE SYSTÈME PROTESTANT · texte numérisé non relu

SELO^^ LE SYSTÈME PROTESTANT

doctrine de cet apôtre était inconciliable et en contradiction absolue avec celle de l'apôtre saint Jacques. Quand saint Paul enseigne que l'homme est justifié par la foi, et non par les œuvres de la loi, le système protestant alléguait que ces paroles excluaient de la justification tout ce qui est commandé ou voulu de Dieu, même la charité intérieure et l'obéissance. Les affections et les actes déterminés dans l'homme par la grâce devaient également être rangés parmi les œuvres de la loi, et quand l'Apôtre dit que la foi est imputée à justice à l'homme, cela ne signifierait point, selon Je système, que c'est la foi, œuvre elle-même de la loi et exclue de la justification, qui devant Dieu est comptée à l'homme comme sa justice et comme motif de sa justification, mais que c'est seulement ce que cette foi s'approprie, à savoir l'obéissance parfaite accomplie jadis en ce monde par Jésus-Christ, et que Dieu imputerait maintenant à l'homme, comme si elle était sa propre justice. La foi ne serait que l'instrument , la main du mendiant qui reçoit cette imputation offerte, et s'impute cette justice étrangère de Jésus-Christ comme sa propre justice, de sorte que l'acte sur lequel, du côté de l'homme, reposerait toute sa justification, serait la foi spéciale ou la certitude personnelle de la rémission des péchés et de l'imputation dont il est devenu participant.

Or, cette théorie supposée à saint Paul formait avec la doctrine contenue dans l'Epître de saint Jacques le contraste le plus tranché. Ce que saint Paul, d'après l'interprétation protestante , aurait inculqué avec une extrême sollicitude comme condition première de la religion chré^ tienne, ce qui devait constituer l'article fondamental de l'Eglise, cette exclusion des œuvres d'avec la justification, serait précisément ce que saint Jacques aurait pris à tâche de combattre ; car il est impossible de dire en termes plus clairs, plus énergiques et moins équivoques, que l'homme est justifié devant Dieu par ses œuvres.

Depuis le temps des Apôtres jusqu'à Luther, toute l'Église chrétienne avait trouvé, dans la doctrine des deux Anôtres. une concordance mierieure ec essenueiie, ec le système catholique touchant la justification était édifié précisément sur

Page 1