E5TRE LES OEUVRES DE LA LOI ET LES BONNES OEUVRES
loi, qu'il appelle une couple de fois seulement « œuvres » tout court, et les bonnes œuvres, et chaque fois le tour et la forme des phrases où il est question des bonnes œuvres exprime le contraste le plus tranché avec celles où il est parlé des œuvres de la loi *. De même que saint Paul dit que l'homme ne peut être justifié par les œuvres, de même il dit aussi que nous n'obtenons point le salut par les œuvres. Mais ce salut, que nous obtenons par Jésus-Christ (Eph. ch. ii, f. 8; — Il Timoth. ch. i, f. 9; — Tite, ch. m, f. 4), ne consiste pas seulement dans une rémission des péchés, mais aussi dans l'affranchissement delà servitude des vices, dans notre renouvellement à l'image de Dieu, qui comprend la vraie justice et la vraie sainteté, de sorte que le renouvellement ou la sanctification est plus spécialement comprise dans ce salut, dans cette délivrance par Jésus-Christ; et pourtant saint Paul, dans tous les passages ci-dessus cités, déclare que nous ne sommes point parvenus au salut à cause de nos œuvres ou par nos œuvres.
Il suffit du passage de l'Ép. aux Éphés., ch. ii, f. 10 , pour montrer combien il était loin de la pensée de saint Paul de comprendre parmi les œuvres qu'il exclut de la justification les bonnes œuvres, les œuvres du fidèle accomplies par la grâce. « Ce n'est point, dit-il, par nos œuvres que nous sommes sauvés. » Et pourquoi ? Le verset suivant en donne immédiatement la raison : « Car (^âp), nous sommes créés et préparés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres. » Voici donc les œuvres et les bonnes œuvres absolument opposées les unes aux autres : c'est précisément parce que nous sommes préparés pour de bonnes œuvres , pour des œuvres de la grâce divine, dont nous ne pouvons, il est
' II Cor. ch. IX, ^. 8. — Coloss. ch. i, f. 10. — II Thessal. ch. n, ^. 17. — I Timolh. ch. II, î^. 10; ch. v. f. 10, 25; ch. vi, j^. 18. — II Ti.v.olh. ch. ii, f. 21 ; ch. iir, jt. 17. — Tit. ch. i, j^. 16 ; ch. ii, ^. 7, U. — lïébr. ch. x, ^. 2/i ; ch. xiH, f. 21. — En considérant l'ensemble de tous ces divers textes, on ne saurait «lécoiuiailre quel soin saint Paul met à joindre toujours le mol t bon, » tt à distinguer toujours les t bonnns œuvres » des « œuvres » simplement, au lieu que s:iint Jacques omet toujours l'adjectif, et dit simplemetit « œuvres. • Evidemment saiul Paul s'était habitué à n'employer le niol « œuvres » que dans le sens déterminé et spécial d'« œuvres de la loi, t et trouva par conséquent nécessaire de désigner par répilhèle de « bonnes i les œuvres de l'Ejprif, afin qu'elles ne fussent point confondues avec celles de la loi.
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vrai, nous glorifier comme étant nôtres, que nous ne pouvons être sauvés par ces sortes d'œuvres que les Juifs accomplissent dans leur conformité extérieure à la loi et dont ils se targuent. C'est la même pensée que celle qu'exprime Jésus-Christ (saintMatth., ch. v); touchant la justice plus abondante des chrétiens; ou bien croit-on que l'Apôtre eût répondu affirmativement à la question de savoir si les fidèles sont sanctifiés par les œuvres de la loi ? Quiconque lira les Épîtres de saint Paul demeurera immédiatement convaincu que c'était, chez cet apôtre, une chose impossible, et qu'après avoir dit positivement que les œuvres de la loi ne justifient pas l'homme , il n'aurait pas hésité à déclarer avec la même netteté qu'elles ne le sanctifient point non plus. Saint Paul ne veut pas (Tit. ch. m , f. 7) que l'on attribue aux œuvres de justice que nous aurions faites ce qui, d'après sa déclaration formelle, appartient au renouvellement opéré en nous par le Saint-Esprit ; de sorte qu'il n'est pas permis de dire que le renouvellement ou la sanctification de l'homme viennent des œuvres de justice que nous avons faites. Enfin, il est bon de remarquer encore que l'Apôtre (Rom., ch. IV, f. 5 , et ch. m, f. 38) met de côté , comme généralement superflues , les œuvres qu'il exclut de la justification. Non-seulement l'homme est justifié sans œuvres ; mais celui-là môme est justifié qui n'a point du tout d'œuvres de cette sorte, ni ne s'en occupe nullement : il est justifié par une foi sans œuvres (xwpî.; sp-^cf^^). — Saint Paul a clairement exprimé la complète antithèse entre la justice qui vient de la loi et la justice de l'Éi^angiie. Dans l'Epitre auxPhil. (ch. m, f. 8 et 9) il dit que, pour l'amour de Jésus- Christ, il a tout donné, qu'il a tout regardé comme boue et ordures, afin qu'il fût trouvé en Jésus-Christ a n'ayant point ma justice, celle de la loi, mais la justice qui vient de la foi en Jésus-Christ, celle qui vient de Dieu par la foi. » Dans ce passage il appelle « ma justice » celle qui vient de la loi, c'est-à-dire celle qui peut s'acquérir par la loi avec des efforts simplement humains : il l'avait, en effet, réellement possédée et se l'était acquise par ses propres moyens; il avait observé avec exactitude tous les rites prescrits par la loi, et s'était abstenu des transgressions que la loi punit, Au jugement de