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SUR LA DOCTR. DE LA JUSTIF. DE S. AUGUSTL

» commencement je lisais Augustin; mais la porte s'étant ou- » verte dans saint Paul, de sorte que je sus ce que c'est que » la justice de la foi, c'en fut fait d'Augustin ^ »>

Méianchthon, au contraire, regardait de pareilles paroles comme des indiscrétions. Il ne se rebuta point de soutenir toujours, de la manière la plus formelle, que saint Augustin est un témoin aussi clair que décisif en faveur de la doctrine qu'il se glorifiait d'avoir développée et perfectionnée. En 1546 encore, il disait dans une préface aux œuvres latines de Luther : « Si saint Augustin avait à décider les querelles de » notre temps, il se déclarerait tout-à-fait pour nous, du moins » est -il expressément de notre opinion sur le pardon par » grâce, sur l'usage des sacrements, etc. 2. » Dans la Confession d'Augsbourg il avait cité saint Augustin, et notamment son livre De Spiritu et Littera, comme témoignage en faveur du dogme protestant de la justification, les théologiens catholiques ayant déjà plusieurs fois déclaré que cette doctrine était une invention entièrement nouvelle et tout-à-fait inconnue de l'ancienne chrétienté. Méianchthon prétendait qu'on ne devait point accorder cela, surtout dans un moment aussi décisif et dans un document destiné à produire sur l'Empereur et les princes encore catholiques une impression favorable à la doctrine luthérienne : en cette occasion, suivant lui, il fallait insister avec la plus entière confiance sur le témoignage de l'ancienne Eglise et surtout sur celui des plus considérés d'entre les Pères. 11 ne se fit donc aucun scrupule, même dans l'Apologie, de reprocher encore aux théologiens qu'ils niaient par un aveuglement volontaire, ou un mensonge soutenu sciemment, la conformité entre la doctrine de la justification de saint Augustin et celle des protestants '. « Toute cette affaire, » est-il dit dans la plus ancienne édition allemande de l'Apologie % « comme quoi un homme

* Ed. Walch. ix, 1054 ; — xxir, 2070.

' L. c. xir, 523. De même dans la vie de Luther : Tune et Aiigiislini libros légère cœpir, uhi et ii) Psitlmorum Enarratione et in libro de Spiritu et Liltera mullasperspicuas sentemiasreperit,quaî confirniahant liane de fide doclrinanut coiisotalionem, qua; in Ipsius pectoreaccensa erat. (MeluuchtliOJiis vila JiUtUeri, § 5, p. 10.)

» Livre de Concorde de Walcli., p. 100.

* V. Beitram : Dissert, iiiléraires, m, 70.

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