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PROTESTATIONS CONTRE CETTE FORMULE

foi, demeure sauf et entier. Ce point fut un de ceux qui attirèrent à la Formule de Concorde d'énergiques protestations de la part des mélanchthoniens , encore nombreux. Ainsi, les prédicateurs de Nuremberg, ayant rédigé un mémoire pour faire connaître les motifs qui les portaient à récuser la Formule, demandèrent, entre autres, si ce que Jésus-Christ avait précisément indiqué comme objet de sa mission, d'appeler les pécheurs à la pénitence, ne faisait pas partie de l'Evangile ? Cet article du nouveau livre symbolique ne fut pas attaqué avec moins de force par les théologiens d'Anhalt *, et il fut également rangé parmi les motifs dont s'appuyait le synode des prédicateurs de Poméranie, pour rejeter la nouvelle Formule 2. Les prédicateurs de Magdebourg protestèrent également ; l'Evangile , disaient-ils , enseigne précisément ce qui n'est qu'une pénitence salutaire, et comment on doit faire pénitence '. Mais, sur ce point aussi, le Formulaire de Concorde avait pour soi la déduction logique du principe de la doctrine protestante, et la victoire ne pouvait être douteuse.

QUERELLE OSIANDRISTE,

Les querelles dont nous abordons maintenant l'histoire, celles des osiandriens, des synergistes, des majoristes, de Karg, font voir, d'une part, que plusieurs d'entre les ré-

^ Beaucoup de fidèles disciples, disent-iis, même de ceux qui ont lu le livre de Torgau, se suuvienUro7it de ces paroles pathétiques de messire Philippe : Jam lepreheiulunl me, quod dixeriin, Esangelium esse pi itilicaiioiiem pœiiiienliaî. Scio me sic scripsisse, et habui tausam cur tum sic scriberem, occupai!tibus lempia his clanionbus : a A la potence, la loi.' la bouillie est trop salée.' » (Ex manuscripto, dam l'histoire du Formulaire de Concorde, de Trier, p. ^16.)

« Documents pour servir à l'Histoire Ecciés. de Poméranie, réunis par Baltbasar, i, 384.

» Ex nianuscripto, chez Trier^ p. 435.

374 OSIAINDRISME :

formateurs et les théologiens de la nouvelle école se sentirent poussés, soit par l'efTet des lectures bibliques, soit par celui des expériences pratiques, à donner au dogme capital de la justification une forme qui répugnât moins au sentiment religieux et moral du chrétien. Et, d'un autre côté, elles nous montrent comment le dogme protestant demeure viclorieux de toutes ces tentatives, soit par son développement logique, soit à cause de ce besoin de certitude et de consolation faciles une fois éveillé chez le peuple et érigé en critérium dogmatique, et comment il prend, au milieu de ces luttes, sa forme complète et détinilive.

Une des premières tentatives qui pussent être faites, et qui le fut réellement, consistait en ce que, tout en conservant l'idée de l'imputation , on choisissait pour point de départ une idée nouvelle touchant la justice accordée à l'homme par cet acte, ce qui donnait une autre forme et une autre tendance à tout l'ensemble des dogmes qui font partie de la justification ou s'y rattachent. Il s'agissait, touchant la justice, de combattre cette idée protestante qui veut que l'obéissance passive et l'obéissance active de Jésus-Christ soient imputées à l'homme, la seconde comme un accomplissement des lois morales opéré à sa place, et qu'en cela consiste toute sa justice devant Dieu. Il s'agissait, en outre, de combler cette lacune que le système protestant laisse entre la justification et la sanctification, entre ce qui doit se passer et n'être qu'en dehors de l'homme et ce qui s'accomplit en lui, et de substituer à cette relation arbitrairement admise entre l'imputation et les bonnes œuvres ou le renouvellement et la sanctification, comme entre la cause et l'effet nécessaire, une relation intérieure et essentielle entre la justice imputée à l'homme et celle qui doit être opérée en lui. Voilà quelle était la pensée fondamentale de Vosiandrisme.

Dès son début de sa carrière de réformateur, en 1524, Osiander s'était déjà formé sa théorie de la justification, du moins dans ses points principaux. En 1525, il déclarait déjà que la justice qui compte devant Dieu est Dieu lui-même ou son Verbe révélé. Jésus-Christ, c'est ce Verbe qu'on embrasse par la foi; et, de la sorte, Jésus- Christ, comme

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