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PREMIER MÉMOIRE DE WURTEMBERG

dernier à Kœnigsberg devenait de jour en jour plus pénible et moins tenable. « Il me faut, écrivait-il au prince, penser tous les jours à ce que je prêcherai et enseignerai, et comment je répondrai aux rêveries de chacun en particulier, et réfiéchir à toute heure sur tant de choses, que je crains pour ma tête et ma mémoire , lesquelles perdues , je ne servirais plus de grand'chose à personne. » — « On veut que, comme une malheureuse bête fauve, je voie tous les chiens japper et aboyer contre moi, me mordre et me déchirer *. »

Sur ces entrefaites arrivaient successivement les consultations des théologiens étrangers, que le duc avait provoquées par une circulaire du mois d'octobre i551, adressée à tous les princes, États et villes du parti protestant. La première qu'on reçut fut celle de Wurtemberg, rédigée par Brenz, qui, à la grande joie du duc Albert, s'expliquait sur le point principal dans le sens d'Osiander. L'article pivotai de la doctrine osiandriste, « que Jésus-Christ, vraiment homme et Dieu, est, se- >» Ion sa nature divine, notre vraie et éternelle justice, et que » de même Dieu seul est notre droit, notre lumière, notre » vie, notre sagesse et notre salut, » cet article est formellement approuvé dans le factum de Brenz, qui soutenait expressément que la justice essentielle de Dieu, qui est Dieu même, doit être en nous 2. Si, était-il dit dans ce mémoire, les adversaires d'Osiander l'accusaient d'erreur, parce qu'ils croyaient (par méprise) qu'il niait qu'on ne pût se mettre en possession et jouir de Féternelle justice divine de Jésus-Christ que par la foi dans son incarnation et dans ses souffrance'^, c'était une querelle facile à arranger. Mais plus loin Brenz, pour contenter également, s'il était possible, la masse de ceux qui étaient attachés à la doctrine ordinaire de l'imputation, alléguait qu'on peut également appeler notre justice l'obéissance que Jésus-Christ accomplit comme homme, et dont Dieu nous gratifia en nous donnant son Fils tout entier; puis encore le pardon des péchés ; puis enfin le sang et les souffrances de Jésus-Christ. Cependant Brenz semble avoir fait toujours cette réserve, que l'obéissance, le sang et les souffrances de Jesus-Ghrist ne peuvent être appelés notre justice

» Auctar. de Lehnerdt, p. 95, 94.

* Voy. Lettre circulaire d'Albert. Kœnigsberg, 1553. g. b.

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