‹ La réformeChapitre 212 sur 270 · DE WURTEMBERG · texte numérisé non relu

DE WURTEMBERG

Brenz, qui en était l'auteur, le fut ensuite par neuf autres théologiens de Souabe. On s'efforçait d'y démontrer que toute cette querelle n'était qu'une bataille grammaticale, une logomachie; qu'il ne fallait pas entendre la doctrine d'Osiander en ce sens que les hommes devinssent des dieux naturels; qu'ils sont seulement renouvelés par la justice divine, mais que néanmoins, dans les tentations, ils ne doivent pas se rassurer sur la justice divine qui habite en eux, mais uniquement sur les mérites de Jésus-Christ. Là-dessus Brenz énumère six propositions, oij, à ce qu'il lui semble, les deux partis sont d'accord. Mais on reconnaît qu'il s'était fait un système particulier qui ne correspondait exactement ni à celui de Wittenberg, ni à celui d'Osiander, en supposant une justice composée de l'obéissance imputée de Jésus-Christ et du renouvellement intérieur ou justice inhérente, de sorte que l'homme n'obtiendrait la rémission des péchés que par imputation des mérites et des souffrances de Jésus-Christ, mais ne serait rendu réellement pieux et juste que par la Trinité qui habite en lui. Mais il élude la question principale, à savoir, quelle est la justice positive qui compte devant Dieu : si l'homme n'est déclaré juste par Dieu à cause de la justice divine qui lui est imputée, comme le soutenait Osiandcr; ou bien, si c'est à cause de la justice propre opérée en lui par la justice divine, ce qui aurait été conforme au système catholique. Ou Brenz ne s'était pas formé une idée suffisamment nette de celte partie de la question, ou, craignant d'ameuter la tourbe des théologiens protestants, il dissimulait sa véritable opinion. Quoi qu'il en soit, il se distingua des autres adversaires d'Osiander, tels que Flacius, Gallus, etc., en ne reconnaissant point ou en rejetant, comme cause formelle de la justification de l'homme, l'imputation de l'obéissance active de Jésus- Christ. Dès-lors les luthériens le rangèrent , avec raison à leur point de vue, parmi les hérétiques qui faussaient ou ternissaient l'article capital et fondamental de leur église.

Une amertume particulière caractérisa la controverse avec Mélanchthon, où Osiander fut engagé à propos de sa doctrine. C'était Mélanchthon que le réformateur de Nuremberg regardait comme son principal adversaire, parce que le pre-

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