DIFFÉRENCES ENTRE LE LIVRE DE TORGAU
« Dans le véritable statut controversîœ , la question est si l'homme, ou la volonté de 1 homme, alors que la parole de Dieu lui est prêchée, qu'il l'entend, la lit, la médite et, par conséquent, est guéri par le Saint-Esprit, est dans sa conversion à Dieu tel qu'une bûche ou une pierre, et s'il peut être converti tant qu'il résiste d'une manière hostile, ou bien s'il doit et peut suivre, une fois qu'il a l'assistance divine, et que Dieu, lui tendant la main, le précède avec sa grâce. Nous concluons donc, et nous soutenons contre le livre de Bergen, que l'homme ne saurait être converti à Dieu tant qu'il ne remet pas sa volonté à la volonté de Dieu, tant qu'il ne reçoit pas^ avec une vraie pénitence la grâce offerte, tant qu'il fait résistance. Sans parler des expressions choquantes qui se rencontrent dans cet article, nous dirons seulement que nos oreilles ne peuvent se faire à entendre dire, f. 35, que l'homme, dans la conversion, est une souche, une pierrre, une statue de sel, à l'instar de la femme de Loth, une brute sauvage et sans frein, et même bien pire. ■ — Et nous ne saurions trop exprimer notre étonnement de voir, dans la Formule corrigée de Bergen, les mots « dans la pénitence et la conversion chrétienne » effacés partout, comme si Ihomme pécheur pouvait recevoir le pardon des péchés, être justifié ou recevoir par la foi la justice imputée et l'héritage de la vie éternelle au nom de Jésus-Christ, sans avoir la pénitence et la conversion chrétienne i. »
Dans le livre de Torgau, il était attribué à Thomme une faculté de résistance contre le Saint-Esprit voulant agir en lui, « L'esprit de l'homme, était-il dit, ne peut contribuer à alhimer la première étincelle de la foi ; mais il peut bien, ce commencement une fois fait, comprendre et méditer, par la grâce et avec le secours du Saint-Esprit, les pensées pieuses, les bons conseils, les doctrines salutaires, et coopéfer de la sorte. » Il est vrai que, par rapport à la volonté, le changement, la mortification du vieil homme et la création de l'homme nouveau sont exclusivement attribués à la grâce ; mais pourtant on y maintient encore une coopération de l'homme dans la conversion. « Dieu, avec sa force et son action divines, seconde l'homme, de sorte qu'il veuille et puisse désormais de plein gré croire en Dieu, le craindre, l'aimer, l'invoquer et le servir '. •> Dans le livre de Bergen, tout cela est ou omis ou changé. « L'homme, y est-il dit, ne peut absolument
* Jeta Concordiœ, t. il, f. 68, etc.
' Balthasar. Hist. du Livre de Torgau, iv, 39.