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ET LE LIVRE DE BERGEN

rien pour sa conversion; il est en ce cas pire qu'une pierre et un bloc de bois, car il résiste à la parole et à la volonté de Dieu, jusqu'à ce que Dieu le réveille de la mort des péchés, l'illumine et le renouvelle*. » — « Avant sa conversion, on ne peut attribuer à l'homme aucun modus agendi^ ou aucune manière d'opérer quoi que ce soit de bien en fait de choses spirituelles. »

Sans rejeter ouvertement la comparaison de l'homme pendant sa conversion avec un bloc ou une bûche, comparaison si fréquemment employée par Luther et si répandue depuis dans l'Allemagne protestante, le livre de Torgau s'était néanmoins appliqué à la représenter comme inexacte sous plus d'un rapport, et à faire ressortir la différence entre la manière d'être de l'homme et celle d'une bûche. Beaucoup de luthériens en prirent ombrage; on insista pour que cette comparaison avec une bûche fût interprétée de manière à ne pas faire tomber sur Luther un blàmc indirect 2. D'autre part, en conservant dans la Formule de Concorde les expressions de Luther, on s'attira les reproches des mélanchthoniens, comme cela se voit par les discussions avec les théologiens d'Anhalt et de Nuremberg ^. Les trois princes qui déclarèrent par écrit que la Formule de Concorde n'avait pas leur approbation, à savoir, l'Électeur palatin, le comte palatin Richard et le landgrave Guillaume de Uesse, disaient « qu'ils entendaient qu'on changeât quelques expressions insolites et dangereuses, notamment les suivantes : « L'homme est incapable des choses » spirituelles, tout comme une souche ou une bûche; item : )> L'homme est demeuré ennemi de Dieu, jusqu'à ce qu'il soit )' converti par le Saint-Esprit, à l'aide de la parole de grâce. »

Le livre de Torgau disait qu'avant la conversion de 1 homme, son intelligence, son cœur et sa volonté ne peuvent, quant aux choses spirituelles, ni bien comprendre et vouloir,

' Form. Concord. pag. 673.

* Quia in loco de libero arbiirio fit mentio sinvliludinis de trunco , eam tati modo pramunieiidam c^se curmin du aliqua declavdtione , ne exislimare quis ■pos^ci, quasi Lutherus oblique notetur, qui ea crebro est usas. (Lf^ltre de Poucheiiius à Gœdeniani) ; chez Beriram: Documents pour Phist. ecclés. de Lunebourg;, p. 301).

3 Uospiiiiani Concord. discors. f. 88 et 140 ; Hutteri Concord. concors. p. 510 et 730,

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