‹ La réformeChapitre 228 sur 270 · EST A CELUI DE TORGAU · texte numérisé non relu

EST A CELUI DE TORGAU

opérer en quelque chose avant le commencement de sa conversion : car cette volonté-là est morte au bien ; mais il faut l'entendre de la volonté que le Saint-Esprit a déjà commencé à convertir et à renouveler par la parole.» Voici comment les théologiens de Prusse s'exprimaient touchant cette explication :

(( C'est là une subtilité, une interprétation raffinée, un rhabillage de quelques fausses doctrines empruntées des Pères, et prenant clairement la défense du pélagianisme et de la synergie. Nous ne voulons point que des sentences suspectes et dangereuses, comme celles-là, soient introduites dans la chrétienté, badigeonnées et canonisées à l'aide de couleurs subtiles, le tout pour le bon plaisir de quelques individus, mais au grand scandale et détriment d'un grand nombre de chrétiens. Le Prophète crie toujours : Malheur, malheur, malheur sur ceux qui approuvent le mal ! L'Eghse de Dieu n'est pas si insensée ; elle voit très-bien à quoi tendent ces interprétations de fausses doctrines, et à qui l'on veut être agréable par là. Nous devinons bien aussi quels sont ceux qui se verraient à regret forcés de renoncer à ces méchantes paroles et doctrines. Mais à Dieu et à sa vérité, il faut rendre, faire franchement l'hommage qui leur est dû; sans cela il n'est ni bonheur, ni bénédiction dans cette œuvre. Qu'on ôte donc de la Formule ce badigeon ; et on le peut sans péril, voire même avec profit et avantage pour la vérité, qui n'en demeurera que plus ferme. Faute de quoi un peu de levain peut aigrir beaucoup de pâte \ »

En raison de ces récriminations et d'autres analogues, les trois sentences furent en effet écartées du livre de Bergen. Là-dessus les théologiens de Poméranie représentèrent aux auteurs qu'en rejetant les trois apophlhegmes en question, ils contredisaient eux-mêmes leur œuvre entière, le Formulaire de Torgau. Les trois princes du Palatinat et de Hesse demandèrent aussi « qu'on ne rejetât point dans cet article les bonnes paroles de pieux et véridiques docteurs anciens et récents, telles que : Deumtrahere, sed volenlem ; item : VoUintatem in conversione non esse otiosam. » Mais Andreae et ses collègues répliquèrent : «« Basile et Chrysostome ont établi et employé ces sentences en pélagiens et papistes, et nous pouvons accepter là-dessus pour juge le premier venu. En somme, la doctrine du libre arbitre est posée dans la

* Ex manuscriptOj, chez Trier, p. 177.

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Formulede Concorde de la manière que nous savons être la volonté, la parole et l'intention de Dieu, ainsi que la profession de foi de notre église, comme l'attestent les livres du docteur Luther; et nous ne devons ni ne pouvons nous écarter de cette vraie doctrine ^ >» A l'assemblée de Smalkalde, l'Électeur palatin fit encore une fois représenter par ses théologiens, que, « dans l'article du libre arbitre, quelques expressions étaient interprétées assez durement et d'une manière beaucoup plus inclémente que dans le premier Formulaire rédigé à Torgau, et que d'autres étaient même entièrement désapprouvées; qu'il se faisait par conséquent un scrupule d'agréer simpliciter cet article, et qu'il demandait qu'on supprimât le mot « synergistes, »> qu'on rétablît, touchant les dicta veterum et recentiorum doctorum^ cette candidam interpretalionem, qu'on lisait dans le Formulaire de Torgau, ou bien qu'on ne mentionnât point du tout ces dicta et qu'on n'en parlât en aucune manière 2. Cependant toutes ces tentatives, toutes ces sollicitations furent vaines.

D'un autre côté, les théologiens de Helmstedt se plaignaient à leur tour. Si, disaient-ils, on avait cité Chrysostome, Basile et les scolasliques, ce n'avait été que pour complaire à Mélaijchthon et à ses disciples, les synergistes; si on avait mis en avant les noms des Pères, ce n'avait été que pour pouvoir taire celui de Mélanchlhon, d'autant qu'il y avait dans le texte latin que ces apophthegmes avaient été introduits originaliter a primis auctoribus, afin dqconfirmer le libre arbitre dans la conversion, ce qui déchargeait du tort Mélanchthon et les synergistes, et en chargeait les anciens. — Les auteurs de la Formule de Concorde répliquèrent, lors de l'assemblée de Quedlinbourg, qu'assurément Mélanchthon n'était pas moins synergiste que Basile et Chrysostome , {ju'on avait bien entendu appliquer également à lui ce qu'on (lisait de ceux-là, et que c'était par allusion à lui que, dans VEpitome, on avait parié « d'anciens et de nouveaux docteurs (le l'Église; » que, du reste, on expliquerait ce point d'une manière encore plus claire et plus circonstanciée dans l'Apologie de la Formule de Concorde ^

1 Hulteri Concord. conc. p. 612, 632. — * Voy. Struve, Hist. ecclés. du Palalinal, p. 323. — 3 Baltlwsar. Hist. du livre de Torgau, v, 45.

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