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LE LIBRE ARBITRE DAIVS LA FORM. DE CONC

la doclrine du livre de Bergen ; l'homme serait, disaient-iLs, dans la conversion comme une souche ou une bête fauve, et pourtant il posséderait une capncité; on alléguait une résistance continuelle de la volonté humaine contre la conversion, et pourtant on disait que l'homme ne peut être converti s'il méprise la parole et les sacrements. — Quant aux théologiens de la principauté d'Ânhalt, ils furent représentés au Colloque de Herzberg, en 1578, par Amling ; la dispute roula sur les trois apophthegmes des Pères et des scolastiques adoptés par Mélanchthon, et sur les trois causes de la conversion alléguées par ce dernier ; on se sépara mécontents les uns des autres.

Si maintenant nous résumons les points essentiels de la Formule de Concorde touchant le libre arbitre et la conversion, nous y trouverons ce qui suit. La doctrine de Luther relativement à la nécessité de toutes les actions humaines y est rejetée; mais on y soutient qu'il n'est pas resté dans la nature humaine un seul atome de facultés spirituelles : que l'homme est totalement mort au bien ; qu'à la vérité, son intelligence renferme encore une imperceptible et vague lueur de la connaissance de Dieu et de la loi, mais que, néanmoins, son aveuglement naturel est si profond qu'il est absolument incapable de concevoir, de comprendre l'Evangile et de le tenir pour vérité ; que, malgré tout son zèle et toute son application, il le tient pour sottises et fables , jusqu'à ce que le Saint-Esprit l'éclairé. Par conséquent, l'hdmme ne peut rien opérer ni coopérer pour sa conversion, et, en raison de sa résistance, il est pire qu'un bloc de pierre ou de bois. Avec les forces naturelles qui lui restent, l'homme ne peut donc pas même concevoir le désir d'accepter l'Evangile et d'y puiser des consolations; mais ce qui est en son pouvoir, c'est d'aller à l'église et d'entendre et de méditer, ou de ne point entendre la parole de Dieu.

On eût pu s'attendre, après cela , à ce que la Formule de Concorde enseignât aussi avec Luther et Calvin, la prédestination et la réprobation absolue, le particularisme de la grâce, et soutînt par conséquent que, l'homme ne pouvant absolument rien pour sa conversion, et celle-ci étant l'œuvre exclusive de Dieu, il faut aussi chercher en Dieu seul, et nullement

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