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SES AUTRES TORTS ENVERS L' ORTHODOXIE LUTHÉRIENINE

points de vue, le dogme de la justification. Ainsi, par exemple, il avait dit que le renouvellement est une partie de notre justice devant Dieu, et, de même que Mélanchthon, qui en avait dit autant dans son Commentaire sur l'Epître aux Romains, il sembla faire entrer dans la justification, non plus la seule justice imputée, mais aussi la justice inhérente, ce que tout luthérien devait regarder comme une dangereuse erreur*. Les théologiens de Mansfeld prétendirent que certainement les papistes ne demanderaient rien de plus que de se voir accorder ce qu'enseignait Major, à savoir, que l'homme est justifié par la rémission des péchés et par le renouvellement, ou par l'imputation de la justice (de Jésus- Christ) et par le commencement de la nouvelle obéissance^. A cela se joignait celte autre assertion de Major, que la justice que nous avons ici-bas devant Dieu n'est qu'une justice commencée, imparftnte et cachée; assertion qui contredisait évidemment la doctrine de l'imputation, et devait même, au point de vue de cette doctrine, être considérée comme blasphématoire, puisque le reproche d'imperfection retombait ici directement sur la justice de Jésus-Christ luimême, qui, d'après la doctrine luthérienne, serait formellement notre justice \ On ne se choquait pas moins d'un autre passage des thèses de Major, où, se fondant sur l'Epître aux Romains, ch. x, f. 10, il soutenait que l'homme doit s'approprier les bienfaits de Jésus-Christ par la foi et par la confession *. Sur ce point, le Livre de Confutation de Wei-

* riacius écrit à Christian III, roi de Danemark :o Major sane in sua dispositione Epistolae ad Romanos manifesie Inlerimislicam senler)liam expressit. Ponit enim partem nostrae jusliliœ coram Deo noTilatem. Idem ferme dicit Piiilippus in suis Romanis anle annum editis fol. 78. o — (Voy. S chuhmacher ; Lettres aux rois de Danemark ; if, 278).

* Conffss. Mansfeld. Isiebiœ, 1565. f. 4 22.

• A cela ceux de Mansfeld répliquant : «Quomodo ergo justi sunius? Nura Ghrislus nobis imperfectara justiliam sanguine suo acquisivit, quam Paler credenlibus in Filium imputare solel? Num Chrislus datus pro nobis sub legem non plene obedienlia sua juslitiam oraneui absolvil, ned inchoatam nobisque perficiendam et absolvendam reliquil?» — (L. c. f. 122). Même dans la vie future, d'après eui, Dieu tiendra le fidèle pour juste, non pas à cause de son renouvellement et de sa sanctification con)mencée et imparfaite, mais uniquement à cause du vêlement de la justice de Jésus-Christ, dont il est revêtu (L, c. f. 123).

♦ • Quomodo invoctbunt euœ, in quem non crediderant ? Supra docuit, quo-

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mar s'expliquait ainsi : a Cette erreur est évidemment contraire au véritable usage et à la véritable propriété de la foi, et à l'imputation des mérites de Jésus-Christ, alors que la sainte Eglise chrétienne reconnaît constamment et tout d'une voix, d'après l'Ecriture et la Confession d'Augsbourg , que l'on ne peut s'approprier, s'appliquer et embrasser les mérites de Jésus-Christ que par la foi seule. » — « Que pourraitt-on imaginer de plus inepte et de plus pernicieux? En effet, que serait-ce si un mendiant à qui l'on ofTre un don précieux tendait les deux mains, et, qu'en outre, il tirât encore la langue, comme pour prendre également avec cette partie qui cependant n'est pas faite pour cet usage? Et voilà comment Major, bien plus effrontément encore, ajuste ensemble, comme choses semblables, la foi et la confession, pour saisir Jésus-Christ avec l'une et l'autre, bien qu'elles soient si immensément différentes *. » — Enfin, Major ayant dit que l'homme est sauvé par la foi, la charité et l'espérance, on condamna ces paroles comme vraies paroles de l'Antéchrist, Eck, Bellarmin et autres papistes ayant avancé la môme chose ^

Ces paroles de l'Apôtre, que l'homme doit croire de cœur pour être justifié, et qu'il confesse de bouche pour être sauvé , avaient été de tout temps fort gênantes pour les luthériens, dans leurs querelles avec les catholiques. Major et ses amis les invoquant souvent, et alléguant qu'il faut certainement compter au rang des bonnes œuvres cette confession qu'on distingue ici d'avec la foi en en faisant une condition du salut, les luthériens essayèrent de neutraliser ce passage, en soutenant qu'il faut traduire : « C'est avec la bouche que se fait la confession touchant le salut, ou la confession du salut ( confessio salutis ou de sainte), * Plus tard, les mélanchthoniens dirent, à propos de cet expédient : « Ils ont, de la sorte , perverti et corrompu sans vergogne le texte du chap. x de l'Epître aux Romains, con-

morto bénéficia Filii Dei nobis sunt applicanda, fide nempe et confessione, cum inquit : Corde crcditur ad justiliam, ore auleni iit confessio ad salutem. Nunc in liac gradatione coucionalur de cffeclibus et fiuclu fidei it ejus fonte seu origine » (L. c. f. 127).

' Livre de Confutaliou, L. c. fo!. G-. — ^ Voy. Schlû-^sclbour^, vif, 36.

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