RÉPLIQUES DE CEUX DE VVITTEJNBERG
Les théologiens de Thuringe , ayant fait valoir que la plupart des églises luthériennes s'étaient déjà déclarées, soit dans des professions de foi et des documents ad koc^ soit à l'occasion de la doctrine de Major et des points qui s'y rattachaient , ceux de Meissen ne purent rien trouver de bon à répondre à cet argument. On leur représenta que les églises de la Basse-Saxe, le synode de Lunebourg (1561), les églises de Brunswick, de Magdebourg , de Rostock , de Wismar, de la Prusse, du pays de Mansfeld, de la Thuringe, du Haut-Palatinat, de Nordhauscn et de Ralisbontie '< avaient déjà, dans de nombreuses et vaillantes exhortations et réfutations, condamné avec un excellent accord l'erreur de Major, tandis que celui-ci et ses compagnons n'ont pas en leur faveur un seul jugement, une seule censure d'une église purei. » En outre, il y avait une circonstance grave et importante aux yeux de tous les vrais luthériens : c'est que Luther lui-même avait prédit cette altération de sa doctrine telle que l'avaient essayée Major et ceux de Wittenberg. Les théologiens du duc citaient toute une série de passages où le Réformateur exprime cette pensée , et entre autres celui-ci : « Quand quelques-uns de ceux par qui Dieu conserve l'Evangile seront ôtés de ce monde, nous verrons comme les faux docteurs nous envahiront, et quel déluge d'œuvres fera irruption parmi nous ^ »
Ici, comme dans toutes les controverses qui eurent lieu à cette époque, l'avantage définitif et la faveur populaire demeurèrent au parti qui soutenait la doctrine la plus commode et la plus rassurante ; il ne fut pas difficile aux Thuringiens de prouver que c'était la leur. Du reste, cette attitude incertaine et mal assurée, cette disposition au découragement, cette alTirmative timide qui s'effraie et recule devant les conséquences d'un principe admis, tous ces symptômes qui caractérisent l'homme énervé par la conscience de son impopularité et par le sentiment d'une contradiction impossible à dissimuler, se manifestèrent durant les conférences dans les déclarations des théologiens de l'électeur. Ils voulaient absolument maintenir le sola de Luther ; ils
' L. c. fol. 150. — ' L. c. f. 187,