‹ La réformeChapitre 248 sur 270 · DÉCISION · texte numérisé non relu

DÉCISION

rent par demander qu'on ne condamnât pas du moins d'une manière absolue la thèse de Major touchant la nécessité des œuvres*. Andreae lui-même rapporte qu'un jour, pendant un repas, Mencel lui ayant dit : « Cher sire docteur, vous ne sauriez vous imaginer quelles calamités ces deux mots, ad salutem, ont causées dans les églises de ce pays-ci, » il lui répondit : « Cher sire surintendant, le docteur Major n'a pas inventé en lui-même ces deux mots; mais c'est saint Paul qui les a écrits le premier, alors qu'il a dit dans son Epître aux Romains : «On confesse de bouche pour le salut.» Or, s'il faut, selon la règle de la foi, interpréter ces paroles de l'Apôtre en ce sens qu'elles ne signifient point qu'on puisse gagner le salut par la confession, pourquoi n'en faites-vous pas autant pour cet honnête homme, le docteur Major, qui s'explique fort bien, et consent, pour l'amour de la paix, à ne plus se servir de pareilles expressions^? » Un autre collaborateur de la Formule de Concorde, Korner, appelait Major un docleur de saine doctrine 3. Quant à l'opinion de Chylraeus, on peut la déduire de la lettre que la faculté de théologie de Rostock adressa en 1578 à Andreae et à ses collègues, et oii on lit : « Vous savez que dans l'Apologie de la Confession d'Augsbourg il est dit expressément « que toute la vie nouvelle sauve, ce qui certainement en dit plus que ces paroles : «Les bonnes œuvres sont nécessaires pour le salut \ » — Toutefois, en dépit de ces divergences d'opinions privées, la Formule de Concorde demeura fidèle à ses principes dans cette question comme dans le reste. La logique de la doctrine luthérienne, poursuivie dans ses conséquences rigoureuses, prévalut sur tous les scrupules, sur toutes les considérations : « Nous rejetons et nous condamnons, y est-il dit, cette » manière de s'exprimer, alors qu'on enseigne ou qu'on écrit » que les bonnes œuvres sont nécessaires pour être sauvé; » item, que personne n'a jamais été sauvé sans bonnes œu- » vres; item y qu'il est impossible d'être sauvé sans bonnes » œuvres. >> Les motifs énumérés à la suite de cette condam-

» L. c. 4737, pag. 20.

* Andreaî : Bericht von christlicher Einigkeit der Theologen Aug b. Confession. H. 2.

» Voy. Schûtz : Vita ChytrœA. ir, 436. — * L. c. ii, 476.

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