‹ La réformeChapitre 25 sur 270 · DE LA FOI JUSTIFIANTE · texte numérisé non relu

DE LA FOI JUSTIFIANTE

Luther donne comme essence de la vraie foi justifiante la ferme confiance, et cette confiance il la fait naître de l'imputation des mérites de Jésus-Christ. « La vraie science, c'est de savoir et d'être persuadé que Dieu et le Christ sont to7i Dieu et ton Christ*. »> Cette foi et cette confiance dans le Christ mort pour Vamour de nousy le Saint-Esprit seul doit la donner : car nul cœur d'homme ne suffirait à la concevoir de soi-même ^. « La foi, c'est cette assurance, cette confiance qui se fie, non pas à ses propres mérites, à ses propres œuvres, mais en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, en sa puissance et sa force 3. »

Luther demande encore que la foi soit pure, c'est-à-dire, sans mélange de doute et pleine de la certitude que Jésus- Christ a aboli non-seulement toute loi humaine, mais même la Loi divine *.

Dans son Commentaire sur le prophète ïsaie (chap. 52), il décrit avec plus de détail et de précision la nature de la foi justifiante. « La vraie foi ne connaît ni péché, ni mérites. Elle dit : Je puis avoir l'ait du bien ou du mal , cela ne me regarde pas : voici le Christ qui a souffert pour moi. (^ar voilà précisément le propre de la religion chrétienne, que l'homme y est justifié, non parce qu'il fait des œuvres, mais parce qu'il s'assimile les œuvres qui sont hors de lui, à savoir la passion de Jésus-Christ. Le croyant est transporté en quelque sorte dans un monde nouveau, et ne doit connaître ni péchés, ni mérites. Mais s'il se sent chargé de péchés, il faut qu'il les envisage, non pas comme ils sont dans sa personne, mais comme ils sont en celui que Dieu en a chargé; c'est- à dire, il ne faut pas qu'il les voie dans sa conscience, mais

* Ed. dléna, 1588, in, 372. ~ 2 Éd. d'Iéna, 1578, vi, 68. — 3 Éd. WalcU XII, 710. — * Éd. d'iéiia, 1585, 11, 480.

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