LA FORMULE DE COINCORDE TRANCHE LA QUESÏIOT
à s'y faire, et n'entendent par l'obéissance et les mérites de Jésus-Christ que ses souffrances et sa mort*.
La Formule de Concorde déclara donc : « Que Jésus-Christ , comme Dieu et homme, dans son obéissance propre, entière et parfaite, est notre justice ; que toute son obéissance, qu'il accomplit jusqu'à la mort sur la croix, nous est imputée à justice, attendu qu'elle a satisfait à l'éternelle et immuable justice de Dieu, et qu'ainsi « la foi s'attache à la personne de « Jésus-Christ, qui a été soumise à la loi pour nous, qui a » porté nos péchés, qui, en allant vers le Père, a opéré pour » nous, pauvres pécheur^, depuis sa sainte naissance jusqu'à » sa mort, l'obéissance parfaite envers son Père céleste, et » couvre de cette obéissance toute la désobéissance qui est en » notre nature, avec ses pensées, ses paroles et ses œuvres, » de sorte que cette désobéissance ne nous est point imputée à « damnation, mais qu'elle nous estpardonnée par pure grâce » et uniquement pourl'amour de Jésus-Christ*. » — Cependant on ne désigna ni ne condamna plus spécialement la doctrine de Karg, sans doute parce qu'on pensait que c'était une affaire terminée et oubliée. Mais il n'en fut pas ainsi. Il est vrai que pendant les deux siècles qui suivirent, les idées de Karg ne se firent plus jour dans l'église luthérienne; mais elles furent accueillies par plusieurs théologiens de la Confession calviniste. Dans ce cas se trouvèrent non-seulement Piscator, dont on attacha particulièrement le nom à cette doctrine, mais aussi Ursinus, l'auteur du Catéchisme de Heidelberg. Ce dernier avait essentiellement contribué, par ce livre si répandu, à consolider la doctrine protestante de l'imputation de l'entière ou double obéissance de Jésus-Christ, et à la rendre familière au peuple; mais, vingt ans plus tard, les thèses de Karg étant tombées entre ses mains, il reconnut l'inconsistance de cette doctrine et vit à quel point elle manquait de fondement ^
' Jeta Concordiœ (Couserv. de Nurnberg), t. ii, f. lO/j, 105.
• Formule de Concorde, pag. 69G.
* C'est ce que Thomusius fait connaître par une lellre à Piscalor : — « Sancle libi affirmare possum, me niliil de hac conlroversia scivisse, uisi auno 83, cum