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TERGIVERSATIONS ET SUBTERFUGES DE ZATNCHÏ

^ en tant de que j je la trouve pieuse. » Lui-même déclara plus tard qu'il avait entendu ne signer que sous la condition et la réserve qu'il n'approuvait pas ce qui ne lui plaisait point 1.

Relativement à la question principale du débat, la formule de conciliation disait : « Ceux qui obéissent à leurs désirs ( et, comme il est dit dans la thèse précédente, se plongent dans les péchés et les vices contre leur conscience), ceux-là expulsent la foi, qui est la confiance en la miséricorde divine promise en et par Jésus-Christ; ils perdent le Saint- Esprit et demeurent sous la tyrannie du péché jusqu'à ce qu'ils fassent pénitence, et soient relevés de nouveau par l'Esprit de Jésus-Christ. » Plus tard, Zanchi se mit l'esprit à la torture, pour prouver qu'il pouvait signer celte proposition sans rien céder de sa doctrine. D'abord, il essaya de mettre sa doctrine à couvert en disant qu'il avait entendu appliquer ces paroles aux réprouvés, qui, il est vrai, ont fréquemment une foi ti ès-semblable à celle des élus , mais néanmoins fausse et apparente, une foi qui disparaît toutà-coup quand ils tombent dans un péché grave, de sorte que leur chute les détrompe à cet égard, et leur fait voir que ce qu'ils avaient pris pour la foi n'était qu'une apparence vaine et trompeuse. Mais cette échappatoire lui fut fermée par une précaution des arbitres qui, pour mieux déterminer quelle est la foi perdue, ajoutèrent les qualificatifs vy^aie et vivante ( fidem quœ est fidiœia viva et vera^ qmittiint ). Là-dessus Zanchi convint que cela ne pouvait s'appliquer qu'aux élus; mais il accordait, disait-il, que chez les élus aussi la confiance , en tant qu'acte {actualis fidiieia), se perd lors« qu'ils commettent de leur libre consentement un péché grave, c'est-à-dire que cette confiance n'est pas entièrement

» « Quis in hac mea subscriplione non vidcal expressam conditioneni ? nempe ; falenus me illani doctrinal formam récépissé, quatenus eliam piam esse illam, non niei advcrsarii, sed ego ipse agnovi alque agnosco. Dcinde eliamsi non fuisset exprcssa, omnino lamen esset et iiecessario subinlelligenda. Impius enim csl, qui aliquid ut pium recipil, quod lanien piuni esse non novit : » Et aussitôt après : « Ergo ne quispiani putaret, me Auguslana? Confessioni ctilli doctrinx* forraulae juxla liorum hominum papalem inielligentiam subscvipsisse, de iuduslria non simpliciler, sed condilionaliler suLscripsi in eani, quani supra reluU formam. » (Ep. ad Landgravium in Miscel). Keap. Palat. p. 34.)

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anéantie en eux, mais tellement ébranlée, que souvent elle semble être éteinte, et que la foi habituelle qui demeure en eux n'est rallumée et ne devient un nouvel acte de foi que par l'audition de la parole, ou par l'usage des sacrements, ou par quelque moyen analogue ^

Zanchi comparait encore la foi qui demeure dans le pérheur à un feu qu'un linge mouillé étendu dessus empêche pendant quelque temps de jeter des flammes, mais qui n'en couve pas moins sous ce voile, et ne tarde pas à éclater avec une vive splendeur. Il y a certainement, disait-il encore, une sorte de péché dont le fidèle ne se rend point coupable ; c'est celui qui se commet avec une malice entière et préméditée, le péché dominant et permanent, le péché du démon *. Celui qui ne tombe pas dans ce péché diabolique, permanent, et ne meurt pas dans une impénitence obstinée, celui-là, au milieu de ses vices, conserve la foi, ne fût-ce que comme une faible étincelle \

^ Supplir, nd sénat. Arg:ent. dans les Miscell. tbeol. Neap. PalaU p, 70. — Dans une liUre à F/ançois P}lliius «lapella, Zanclii use d'un autre subterfuge (Zanchii cp\).) : « In articulo de perstverantia sanctorum id feci. Neque nieain .stnltniiiim pugnare cuui articulo, qui inler arliculos tonipositionis lt..betur, uianife.-tuiu est; est eiiim arliculus conditionalis; qui obediuiit, h. e- si qui obediunt, concupisceniiis peccali, anîiUuiil ridem. Al nego eleclus, sanctos renatosque Spirilu Chrisii, propiie obedire concupiscentiis peccali; cum obedire alicui sil non tantuin jussa aiitujns capessere, sed eo elian» niodo, quo jubeiur, illa perficere. Electi autem nunquam peccant eo modo, quo peccatum, per pro- SGpopœiam, jubel, h. e. deslinala inalitia, ut Lutherus ait, seu, ut ail Bucerus, ex anime lotaque volunlal«', seu, ut loquilur Philippus, ex cpicureo conlemptu; aut itide, quod rejiciani verbum ex coi de, sed semper ignorautia et ex infirmitate. Obedire eliam est sine uila repugnanlia junsu perficere; et juxla apostoluni illi tantum obediunl, in quibus régnât peccutum, non régnât autem in sanctis electis.

2 Miscell. t. I : De pet'sever. Sanctonim. C. 3. qu, 3.

^ Calvin et de Bèze parlent également de cette faible étincelle de foi qui demeure dans l'élu pécheur, mais qui est toujours un gage de la justice permanente de ce fidèle devant Dieu : Le premier dit : « Quanlumvis exi^ua sit ac debilis in electis fuies, tamen Spirilus Dei certa illis arrha est acsigiilum suae adoptionis. n (Instit. L. 3, c. 2, n. 12.)

De Bèze s'explique encore plus ouverlement dans sa Confessio christiana> fulci et ejusdeni coUatio cumpapisticis erroribus. [C. 4, art. 8.)

Après avoir d'abord établi en principe que chaque (idèle doit avoir la certitude infaillible de son salul, il ajoute : — « Neque enim ad hoc, ut Christi parlicifes liamus, requiiitur perfecta lides, sed fides vera dunlaxat. Veia autem lides esse non desinil, quœ admodum est infirma et debilis, adeo ntpcenitus interdnui sil -cpulla. Uaque vtl sola Udci sciiiUlla, ne pioinde eliam vt l minimum fidei in

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