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CERTITUDE DE LA GRACE

faillira La doctrine que l'homme n'a pas besoin de cette certitude est, selon Luther, la plus pernicieuse de tout le système papiste, et tant qu'elle subsiste Jésus -Christ est complètement inutile-.

Dans cette certitude de l'état de grâce, Luther comprenait aussi la conliance que chacun devait avoir, que chacun de ses actes, chacune de ses paroles et de ses pensées sont agréables à Dieu à cause de Jésus-Christ. •» Le péché ne saurait nous effrayer, ni nous faire douter de notre état de grâce ; car Jésus-Christ, ce géant puissant, a ôté la loi, condamné le péché , anéanti la mort et tous les maux. Tant qu'il sera assis à la droite de Dieu, intercédant pour nous, nous ne saurions douter de la miséricorde de Dieu envers nous ^ »

Dans une foule de passages des plus acerbes, il signale en termes amers, comme une des plus pernicieuses erreurs de la papauté, cette incertitude où elle veut tenir l'homme touchant la grâce et le salut. « Tout le reste, dit-il, fût-il bon dans le papisme , que ce monstre horrible de Vlncertitude surpasserait pourtant toutes les monstruosités*. » Il va jusqu'à soutenir formellement que celui qui doute qu'il soit en état de grâce, doute nécessairement aussi des promesses divines, et, partant, de la vérité de l'histoire de Jésus-Christ, et se rend coupable, par conséquent, du plus abominable blasphème. Il ne restait donc absolument à un vrai Luthérien aucune autre chance de salut; en dépit du témoignage le plus positif de sa conscience, lui montrant qu'aucun signe de la grâce ne se manifeste en lui , il lui faut croire fermement qu'il est justifié et en possession du salut ^

1 Comm. in Gai. Francof. 4543, f. 322, elc.

^ L. c. f. 326. -- 3 L. c. f. 320 et seq.

* Comm. in Gai. éd. Irmischer, ii, 177 : In quo (papatu) si etiam omnia sulva essent, tanien istud monslrura incerlitudinis superat omnia raonstra.

s L. c. p. 175 : Mallis indicavi, cliiistianum hominem oportcre certissime slaluere, se esse in gratia Dei et habere clamorem Spiritus sancli in corde suo. Hoc ideo feci, ut omnino discamus repudiare pestilentissiniam opinionem lolius regni Papae, quod docuit liomiiiem incertum debere esse de gralia Dei crga se. Hac opinione stanle Chrislus plane niliil prodest. Nam qui de gratia Dei erga sednbitat, ilUim necesse est etiam dubitare de promissionibus divinis et per consequensde volunlate Dei, de Chrisli beneficiis, quod pro nobis natus, passus, morluus est, resurrexit, etc.

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