‹ La réformeChapitre 4 sur 270 · LUTHER; SES I'UEMIÈRES IDEES · texte numérisé non relu

LUTHER; SES I'UEMIÈRES IDEES

RÉPONSE. Non : car ies plus saints même, tant qu'ils sont en cette vie, n'ont qu'un faible connnencement de cette obéissance; seulement ils commencent à vivre avec une sérieuse intention, non pas selon quehiues-uns des commandements de Dieu, mais selon tous.

LUTHER

On admet conmiunément que Luther, ayant lancé ses fameuses propositions contre le trafic des indulgences, ne fut amené que par le développement de la querelle allumée par ces propositions à se former une conviction essentiellement différente des doctrines de TÉglise. Mais c'est là une de ces nombreuses erreurs qui se sont enracinées sur le terrain historique de la Réforme. La vérité est plutôt que Luther, dès l'année 1515, s'était détaché de l'ancien système sur des points très-importants, sans toutefois pressentir encore le développement ultérieur de ses innovations et ies résultats qui devaient en naître plus tard. Lui-même déclara longtemps après, en 1540, qu'au moment où éclata le débat sur les indulgences, il était encore imbu et enivré de la doctrine du pape, et noyé dans cette doctrine; mais il a hâte de réduire cette assertion à sa véritable portée, en ajoutant qu'elle ne doit s'entendre que de l'obéissance à laquelle, selon ses idées d'alors, chacun était tenu envers le pape, et jusque dans les moindres choses. A voir de quelle manière il formulait ses vues dès 1515 à 1517, il n'est guère permis de douter que si le Souverain Pontife les eut déjà condamnées à cette époque, Luther ne se serait pas soumis davantage à la sentence de Rome qu'il ne le fit plus tard.

Dès l'année 1515, c'était pour Luther un fait incontestable que la doctrine sur le rapport de l'homme avec Dieu, telle que l'Église l'enseignait alors partout, était défigurée, dénaturée par de graves erreurs. Déjà même, il avait été attaqué pour ses idées hétérodoxes à ce sujet. Dans un sermon qu'il

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