‹ La réformeChapitre 42 sur 270 · JUSTIFICATION SANS AUCUNE PREPARATION · texte numérisé non relu

JUSTIFICATION SANS AUCUNE PREPARATION

corruption : elle lui dit qu'il n'a ni ne vénère aucun Dieu, ou qu'il adore des dieux étrangers, ee qu'il rfrùt pas cru auparavant et sans la loi. Cela l'effraie et l'humilie, le décourage et le désespère ; il voudrait bien être secouru, mais ne sait à qui s'adresser dans sa détresse, de sorte qu'il commence à prendre Dieu en haine et à murmurer. — Cela, c'est la foudre de Dieu, dont il se sert pour précipiter les uns avec les autres et les pécheurs manifestes et les faux saints, leur donnant tort à tous, et les frappant tous de crainte et de désolation. C'est le marteau dont parle Jérémie : <f Ma parole est un marteau qui fracasse les rochers. » Ce n'est pas là une activa contritio, un repentir qu'on se fait soi-même ; mais une passiva contrttio , un vrai crève-cœur, une angoisse et un sentiment de la mort •. »

De là celte assertion, inévitable pour runité et l'enchaînement de tout le système, que \di justification divine de l'homme s'opère en lui-même, sans aucune préparation ni di^positien, tout ce qui précède et peut précéder la justification, à l'exception seulement de la foi, n'étant que péché. Ce fut là un des points principaux de la nouvelle doctrine, et l'abîme qui sépara le système de l'Église d'avec le nouveau système dogmatique protestant en devint d'autant plus profond. Ce qui précède la justification, disait-on, ne peut être que mauvais : car l'homme déjà justifié peut seul ressentir de bons mouvements; ce n'est qu'après sa justification, et lorsqu'il en a la conscience, qu'il peut faire du bien. Jusque là l'homme n'est qu'un mauvais arbre, qui ne peut par conséquent produire que de méchants fruits , c'est-à-dire commettre des péchés.

« En voilà assez pour cette fois, et considérons comme une chose décidée qu'il y a deux sortes de bonnes œuvres : quelques-unes avant, et quelques autres après la justification. Celles qui précèdent cette dernière, ne sont qu'apparentes, et ne servent de rien; mais celles qui la suivent, sont véritables et de bon aloi. Voyez-vous, c'est là la querelle entre Dieu et les saints orgueilleux ; c'est là que la nature lutte et se révolte contre le Saint-Esprit; c'est de cela que traite toute l'Ecriture. Dieu, dans l'Ecriture , décrète que toutes les œuvres avant la justification sont mauvaises et de nulle utilité : il veut que les hommes soient d'abord justifiés et amendés -. «

*■ Articles de Smalkalde, tilre : Loi et Pénitence. ~ » Et). Walrh. xii, 279.

Page 1